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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 19:16

L'année 2015 commence de manière particulièrement dramatique.

Les attentats qui ont endeuillé la France ont mis à jour la menace que constitue à l’échelle internationale un projet d'essence totalitaire. Mais la réaction du peuple français, traduite par la mobilisation de quatre millions de personnes dans la rue, démontre que nos concitoyens répondent présents dès qu'il s'agit de défendre la démocratie, la République et les libertés publiques, de combattre le racisme et l'antisémitisme.

Le 11 janvier, la France entière fut le théâtre d’un sursaut démocratique et citoyen sans équivalent depuis la Libération. Ce rassemblement à la fois spontané et souhaité par le Président de la République et le Premier ministre a ouvert une nouvelle période pour notre pays. Période d’espoir car des murs sont tombés et notre société que certains disaient avachie, a montré, face à la violence barbare, que sa capacité de mobilisation et sa volonté d’unité autour des valeurs républicaines étaient intactes.

Une autre menace pèse sur le pays. La progression continue d'un parti politique antirépublicain lors des élections. Heureusement bloquée, de peu, dans le Doubs, elle nous impose d'y faire barrage dans les urnes par le rassemblement de tous les démocrates, mais surtout d'assécher le terreau sur lequel prospèrent les idéologies de peur et de repli ainsi que les solutions simplistes, inefficaces et dangereuses. Le Front national, par la politique de repli nationaliste et populiste, est une entrave non seulement à la République mais également à l’avenir de notre monde face aux enjeux environnementaux. Nous restons persuadés que la transition écologique est la meilleure réponse à ce repli mortifère. Pour que la transition écologique soit au cœur de l’action publique, la lutte contre le repli national-populisme est une urgence incontournable.

Avec l’épuisement du productivisme, la montée des risques liés à la surexploitation des ressources naturelles et des écosystèmes, notre société est à la recherche d’un nouveau modèle pour assurer sa prospérité sur des bases profondément renouvelées. La société invente chaque jour de nouvelles pratiques avec des entreprises, des associations, des organismes de financement qui intègrent le développement durable. Elle est en avance sur les pouvoirs publics. Il est temps, pour ces derniers, de la soutenir en changeant des règles mise en place dans d’autres temps. La seconde moitié du quinquennat peut, si l’action décline effectivement les ambitions exprimées, permettre d’ouvrir le passage vers ce nouveau modèle de société. 2015 sera une année charnière pour réconcilier l’homme et la nature, avec les lois sur la transition énergétique, la biodiversité, et la COP21 (la conférence Paris Climat 2015). C'est aussi une véritable opportunité pour soutenir toutes les activités liées à la transition écologique, porteuses d'emplois, ainsi que toute avancée concernant la qualité de l'air et de l'eau, l'exposition aux ondes électromagnétiques ou encore les effets des perturbateurs endocriniens… autant d’enjeux de santé publique largement partagés par nos concitoyens. Les dispositions de la feuille de route issue de la troisième conférence environnementale marquent des avancées et les mesures antipollution déjà prises, que nous saluons, viennent déjà les concrétiser. Nous attendons désormais que se poursuive et s'élargisse l’action en faveur d’une fiscalité écologique qui puisse parfaire la cohérence de la loi autour de la transition écologique.

Devant ces échéances, il n’est pas question de jouer la politique du pire en déclarant cyniquement l’échec avant même d’avoir pris notre part à l’ouvrage commun et de renoncer face aux difficultés et à la complexité liée à l’interdépendance internationale et planétaire. Nous sommes lucides, rien ne sera facile et rien ne sera donné. Le vieux monde, qui a produit les dérèglements globaux d’aujourd’hui, est toujours là. Il est toujours vivace, et ceux qui ont prospéré dans l’ordre d’hier disposent de forces suffisantes pour contrecarrer l’émergence du nouveau monde qui lui-même se cherche encore et ne s’impose pas à tous comme une évidence.

Nous sommes de ceux qui veulent exercer pleinement leur responsabilité et prendre toute leur part à la construction des compromis qui, seuls, permettront les inflexions de trajectoire, les ruptures qui changeront nos modes de production et de consommation. En effet, il n’est pas de « Grand soir » de la transition écologique. Celle-ci, pour réussir, suppose une combinaison entre les projets et réalisations de nombreux acteurs de la société et les impulsions politiques, qui, si elles tardent à venir, sont nécessaires pour libérer les énergies de celles et ceux qui, déjà, fabriquent le monde de demain.

C’est pour cela que nous appelons pour les mois à venir à un pacte de responsabilité reposant sur trois piliers : l’économie verte, l’Europe et la démocratie.

Premier pilier : l’économie verte. Notre priorité est la lutte pour l’emploi. Outre ses bénéfices attendus sur la balance des paiements du pays, et sur l’allégement des contraintes pesant sur le budget des ménages, ou sur les charges de certaines entreprises, la transition énergétique constitue aujourd’hui un levier essentiel de création d’activités et d’emplois. La loi de transition énergétique – dont tous les grands objectifs et moyens doivent être préservés – apportera l’impulsion nécessaire pour entrer dans le nouveau modèle. Un modèle qui s’appuiera sur les ruptures technologiques liées à l’internet et à l’énergie et où seront privilégiés les réseaux informatifs et énergétiques « légers et sobres » dont la supériorité économique, sociale et environnementale, comme en termes d’aménagement du territoire devraient s’imposer face aux infrastructures plus traditionnelles transportant du « lourd». La puissance publique pourra, au-delà du vote de la loi, être mobilisée : le Gouvernement, avec les nouvelles compétences confiées aux collectivités territoriales, et notamment aux régions, devra renforcer son soutien à leur action à venir. Il s’agit en effet de « faire système » pour engager la France, avant 2017, sur la bonne trajectoire.

Il sera nécessaire que le soutien aux entreprises soit conditionné à des critères environnementaux et sociaux. Ce soutien privilégiera les secteurs porteurs d’avenir dans l’économie verte, et les reconversions à opérer. Un redéploiement des subventions massives à l’économie carbonée d’hier sera engagé, avec le secours d’une fiscalité appropriée.

La préservation de la nature, et de la capacité des écosystèmes à se régénérer, condition expresse pour qu’ils continuent à satisfaire aux besoins d’une société à la fois sobre et efficiente, devront être des critères déterminants non seulement du soutien aux entreprises mais globalement aux projets d’infrastructures. Il est indispensable de revisiter notre système de protection sociale en définissant les nouvelles solidarités caractéristiques des temps nouveaux. Au-delà de la fin de ce quinquennat, il y a là matière à dessiner un cap pour le 21e siècle.

Second pilier : une Europe solidaire. L’élection qui vient de se dérouler en Grèce et le succès de Syriza ouvrent une voie et une brèche dans le mur de cette austérité aveugle et mortifère qui a, trop longtemps, été la « seule » réponse de la troïka. Sans oublier les spécificités de la situation et de la société grecque, et alors que la BCE avec son nouveau programme de Quantitative Easing affirme un nouveau cours monétaire en Europe, il est possible de redessiner une politique européenne porteuse d’espoir. Ce qui n’a pas été possible en 2012 peut l’être aujourd’hui. Le Gouvernement français peut être un moteur pour cette nouvelle voie, déjà amorcée pour les budgets 2014 et 2015 avec la pause dans la réduction des déficits. Les élections européennes de mai 2014, sur fond de montée de l’euroscepticisme et du populisme, n’ont pas été le moment du dépassement du jeu des conservatismes européens. Une dynamique nouvelle peut toutefois s’esquisser du côté des gouvernements les plus concernés par l’inflexion à donner pour laisser derrière nous les politiques d’austérité, qui, en Europe du Sud, ont causé bien plus de dommages qu’elles n’ont permis de construire des sorties de crise. Une combinaison nouvelle entre ces gouvernements et un Parlement européen qui peine à se trouver permettrait de redonner à l’Union européenne le souffle dont elle manque et qui sera nécessaire pour répondre à la montée des égoïsmes nationaux.

En Ukraine, face aux coups de force de Poutine, l’UE doit continuer d’agir pour la paix et le respect du droit international.

La conférence climat, que le Gouvernement français ne pourra réussir sans une mobilisation européenne peut être le levier sur lequel s’appuyer pour entraîner l’Europe vers une « nouvelle frontière ». La relance de la taxe sur les transactions financières, si ardemment nécessaire, doit être un élément du retour de l’Europe sur le front des solidarités nouvelles.

Troisième pilier : la rénovation de la démocratie et le retour de la République

La mutation de la société passe par un humanisme retrouvé. Mettre l’humain au centre en l’armant des valeurs fondatrices de la République répond à une attente forte des Français : l’aspiration à la liberté, à l’invention ! Les Français étouffent et attendent que les fenêtres s’ouvrent, que souffle un vent de liberté pour que chacun puisse faire valoir ses potentiels et renouer avec l’espoir. L’attente d’égalité pour les droits comme pour les devoirs reviennent également en force et correspondent à un profond besoin de respect mutuel. La fraternité doit conduire chaque citoyen à retrouver au fond de lui la bienveillance qui doit guider notre action en direction des plus vulnérables.

Permettre la respiration démocratique attendue passe par le changement de mode de scrutin. Depuis trente ans les citoyennes et les citoyens de notre pays tentent de desserrer le carcan terriblement réducteur du scrutin uninominal majoritaire à deux tours qui prévaut en particulier pour les élections législatives. Ce carcan provoque une réaction « anti système » qui profite aujourd’hui au Front National. Adopter la proportionnelle pour les élections législatives sera un des éléments du succès de ce quinquennat. Cela conduira à une plus juste représentation des Françaises et des Français, dans une plus large variétéde sensibilités. Certes elle fera entrer des parlementaires Front National à l’Assemblée nationale. Mais ce n’est pas en refusant d’utiliser le thermomètre qu’on réduit la fièvre. Ce parti anti républicain prospère dans la situation actuelle. La proportionnelle permettrait de le confronter à l’impasse que constitue son projet mortifère. L’adoption de la proportionnelle pour les élections législatives de 2017, en favorisant le dépassement des faux clivages et la réinvention de l’exercice du pouvoir, conduira à une profonde modification du jeu politique et institutionnel.

Mais rénover la démocratie, avancer vers une nouvelle République, suppose une action volontariste dans les territoires en souffrance, urbains comme ruraux, qui donne la priorité absolue à l’éducation et à l’emploi.

Les vagues successives d’immigration, la jeunesse et la force de la natalité de notre pays amènent à une situation nouvelle qu’il n’est plus possible d’ignorer. Notre nation politique, nos communes de banlieues, nos métropoles et mégalopoles sont cosmopolites. Tout entière la France est traversée par la société monde et la multi culturalité.

Ce cosmopolitisme est évidemment d’abord un fait urbain mais comment ignorer que 77% de la population de notre pays vit dans les villes ? Comment ignorer la force mondiale qui vient percuter les idées un peu rigides d’un pacte national issu de la fin de la seconde guerre? C’est un défi majeur pour la république et la laïcité. Comment ne pas vouloir prolonger démocratiquement la « communion républicaine » vécue le 11 janvier pour débattre et se réapproprier les valeurs universelles et la laïcité afin de travailler à la reconnaissance de chacune et de chacun dans sa liberté ?

Le Président de la République parle de ségrégation, le Premier ministre d’apartheid, social, territorial, ethnique. L’un comme l’autre ont lancé le débat de la reconnaissance civique, sociale et citoyenne de tous les Français dans leur diversité. Ils ont par des termes forts -voire excessifs- pointé les grandes questions qui remettent à l’ordre du jour la marche de toute la société pour l’égalité. L' utilisation du 49.3 a montré la nécessité d'œuvrer à la rénovation démocratique de notre république, d’élargir l’assise du gouvernement, et d'établir un climat de dialogue entre celui ci et sa majorité.

Nous avons parfaitement en mémoire les paroles de François Hollande, dans les instants qui ont suivi l’annonce de sa victoire en mai 2012, qui déclarait, depuis Tulle que la transition écologique serait l’un des enjeux de ce quinquennat.

Le Président de la République, comme il l’a laissé entendre au cours de sa conférence de presse du 5 février, peut inscrire la deuxième partie de son mandat à la hauteur des risques immenses encourus par notre pays en liant économie, Europe, démocratie et écologie.

Pour les écologistes, l’exercice des responsabilités gouvernementales, s’il a connu une éclipse, est une obligation, pour prendre pleinement part à l’engagement dans la transition écologique. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous proposons ce pacte de responsabilité écologique aux partenaires de la majorité parlementaire et gouvernementale, ainsi qu’à toutes les composantes progressistes et de la gauche et des écologistes.

Les 200 premiers' signataires

Loïc Agnès, Christophe Ahuir, Leïla Aïchi, Jacob Akumbum, Eric Alauzet, Malek Allouche, Mireille Alphonse, Anne d’Ambra, Patricia Andriot, Jacques Arthuys, Chu Ba Thuc, Daniel Badiata Kanza, Djibril Bakhayokho, Denis Baupin, Lionel Bécus, Zahia Béchar, Ilias Belfadil, Mohamed Belfadil, Zoubida Belfadil, Eric Bélistan, Catherine Belkhodja, Nicole Bellance, Mounira Ben Abdelkader, Frédéric Benhaim, Vincent Berthiot, Franck Besson, Laurence Bonzani, Nadine Boston, Laéna Bouafy, Mohamed Bougafer, Farida Bouglouf, Bernard Bourdeix, Ahmed Bouzid, Marie Bové, François Bredon, Marie-Pierre Bresson, Thierry Brocheriou, Benoit Brosse, Charlotte Brosse, Andrée Buchmann, Florence Burvingt, Maggie Cazal, Patrick Chaimovitch, Bernard Chappellier, Christine Chêne, Ali Chérane, Nadia Chérane, Rabah Chérane, Nadia Chouikhi, Dominique Cloarec, Nathalie Coutenet, Yann Cruse, Hoang Cuong Vo, Lucie Cziffra, Nicolas Dang, Caroline Deforge, Gaëlle Delamarre, Gabriel Delicourt, Denis Delrieu, Jean-Marc Denjean, Christian Dépret, Gilbert Derus, Jean Desessard, Amandine Dessolier, Idris Djouadi, Adriane Dubois Decuzzi, Michel Dubouillé, Catherine Dubuisson, Pierre Durant, Arnaud Dussud, Hasnaa Erraïss, Nassima Erraïss, Fayçal Fadmi, Guillaume Fillon, Patrick Franjou, Rose de la Fuente, Fernando Gaete, Stéphane Gatignon, Brice Gerstemberg, Alain Ginouvier, Béatrice Goidin, Alain Golea, Isabelle Gouté, Patricia Grain, Julie Gratz, Isabelle Guerrib, Sofyan Guerrib, Jean-Pierre Guilbert, Dominique Guizien, Marjorie Hagobian, Saadika Harchi, Fauzia Hassen Ali, Stéphane Imbert, Rosy Inaudi, Hassan Iraqui, Aïcha Jabrane, Françoise Jaumain, Raymond Joannesse, Stéphane Joly, Christine Juste, Dehbia Kara, Jean-Luc Karsenty, Samia Kasmi, Gwenael Kervadjian, Hakima Khodi, Julien Khouth, Claude Koesler, Jean-Jacques Kogan, Cathia Kryzek, Monique Kryzek, Johanna Kuningas, Valérie Labarre, François-Michel Lambert, Thi Thu Lan Pham, Nathalie Laville, Serge Le Boulec, Gaëlle Le Jeune, Laure Lechatellier, Alain Leclerc, Guilaine Lecurieux, Thierry Lehnebach,Dominique Leveque, Hélène Levet, Barbara Lignereux, Eric Loiselet, Francine Losbar, Honoré Mahouono, Frédéric Maintenant, Ahmed Mamache, Rodny Marignan, Renaud Martin, Edouarne Maurice-Bellay, Janine Maurice-Bellay, Stéphanie Mayeux, Joël Mazalaigue, Mouloud Medjaldi, Alice Meiringer,Hanane Menasri, Halima Menhoudj, Mourad Menhoudj, Ali Meziane, Habib Mir, Zine-Eddine Mjati, Zohra Mokrani, Joceline Noleau, Jessy-Flore Nono, Aïda Noverraz, Joël Noyon, Danon Lutchmee Odayen, Jean-Marc Pasquet, Grégory Pauleau, Peter Paulich, Gérard Pavageau, Liliane Pays, Hervé Perard,Carla Peirera, Nina Pereira, Jose Pereira, Albert Peirano, Cuong Pham Phu, Jean-Vincent Placé, Lysette Pravixay, René Pravixay, Hakim Rachedi, Michèle Poncet-Ramade, Sylvie Régent, Sandra Renda, Xavier Ripoll, Serge Rivet, Christophe Rossignol, Pierrette Rossignol, Paulin Roy, François-Xavier Royer, François de Rugy, Nadir Saifi, Marc Saracino, Guy Sellam, Jacques Serna Charpentier, Georges Servier, Eric Sirben, Nathalie Sirben, Christiane Sudnikowicz, Paul Szabo, Anne Tétaud, Céline Tournerie, Gary Toussant, Hélène Tran Quan, Rosandre Valleray, Patrick Vella, Julien Vick, Liliane Vignes, Guillaume Vuilletet, Fabrice Wowak, Thanh Xuan Le, André Yang, Michel Yvernat, Djamila Zidani …

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Published by patrick - dans ecologie
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