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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 21:00

A travers l’agriculture urbaine, l’économie circulaire et en abordant autrement les questions alimentaires, le Projet R-Urban, propose des alternatives à la fois sociales, économiques et environnementales. Ce projet expérimental est porté par l’association AAA et cofinancé par la Ville de Colombes, le Conseil Départemental, l’Europe. Je l’avais évoqué dès 2012.

Le lieu choisi pour la mise en œuvre du projet est une friche situé au début de la rue Jules Michelet dans le quartier des Fossés-Jean.

Ce site est désaffecté depuis de nombreuses années et ne connaitra pas d’usage définitif jusqu’à l’arrivée du tramway T1 dans une petite dizaine d’années. Cette localisation revêt un caractère provisoire et le projet peut se développer sur d'autres sites délaissés de la commune – et il en existe plusieurs – largement connus et identifiés- sur la ville.

La municipalité a décidé de mettre fin à cette expérience innovante, reconnue dans de nombreux milieux associatifs et institutionnels, voire même de plusieurs élus de l’actuelle majorité municipale, sans concertation, sans dialogue véritable avec les associations qui ont investi le site depuis 3 ans. Le prétexte est celui de la nécessité de créer un parking provisoire dans le cadre des travaux du Patio dans l’opération de l’ANRU.

Si le démarrage des travaux du Patio oblige évidemment à trouver des solutions provisoires pour les propriétaires de voitures y garant leur véhicule, il n’en demeure pas moins que le choix de la municipalité n’est pas un bon choix et que deux objections majeures s’opposent à sa décision, l’une concernant le stationnement, l’autre les jardins :

  • Tout d’abord, concernant le stationnement, il existe dans le quartier des places de parking inoccupées appartenant à CHP. Pourquoi n’a-t-on pas réfléchi, et proposé d’utiliser ces places pendant la durée du chantier ? La municipalité n’a pas exploré cette piste et cela est regrettable : mais peut-être que l’objectif premier était de chasser l’AgroCité…
  • Ensuite, concernant les jardins potagers, beaucoup savent qu’il existe d’autres terrains en friche à Colombes – certes dans d’autres quartiers- mais la municipalité pourrait être facilitatrice d’une relocalisation de l’AgroCité le temps de trouver une solution pérenne et définitive.

Alors, je rappelle en quoi consiste le projet :

Trois principaux axes orientent le programme :
AgroCité : c’est une unité d’agriculture, urbaine, civique, qui consiste en une micro-ferme expérimentale, des jardins collectifs, des espaces pédagogiques et culturels et des dispositifs de production énergétique, de compostage et de collecte d’eau pluviale, prise en charge par plusieurs associations colombiennes.


RecycLab : c’est une unité de recyclage et d’éco-construction constituée autour d’une série d’équipements permettant le recyclage de déchets urbains et leur transformation en sous-ensembles pour l’éco-construction, située boulevard d’Achères.

ECoHab : c’est une unité résidentielle, coopérative et écologique constituée par un nombre de logements expérimentaux et d’espaces collectifs en partie auto-construits. Cette partie du projet n’a pu pour l’instant se concrétiser.

Les trois unités doivent fonctionner à travers des circuits courts et inter-unités et seront reliées progressivement avec d’autres équipements urbains, contribuant à augmenter la capacité d’adaptation (autosuffisance, production et recyclage à échelle locale, inercommunale, …).

Le projet répond à des enjeux multiples : répondre au besoin d’expérimentation et de production de nombreux acteurs de l'agriculture urbaine, œuvrer à la revalorisation des déchets ou encore développer le secteur de l'économie sociale et solidaire. Il s’agit de créer un agrégateur d'initiatives en faveur de la transition écologique en milieu urbain. Le projet R-Urban est également caractérisé par la valorisation de la diversité : diversité des origines, des connaissances, des compétences, des cultures, des pratiques, …

Plus largement, dans le contexte de lutte contre le changement climatique et de préservation des ressources, R-Urban favorise la réflexion autour de la ville résiliente, la ville qui s’adapte. Avec ce projet, fondé sur la participation des habitants, il s’agit de réintroduire collectivement la nature et l’agriculture en ville.

N. Gouéta s’était étonnamment servi de ce projet dans sa propagande électorale lors des deux derniers scrutins sans même lui manifester ni soutien, ni intérêt.

En fait, pour N. Goueta, l’écologie reste un slogan, une décoration urbaine, comme un pot de fleur sur sa fenêtre, mais n’est en rien un projet politique. C’est dommage. Je connais des maires de droite qui ont compris la différence.

Alors faisons-là changer d’avis. Faisons en sorte que l’AgroCité reste à Colombes.

Par ailleurs, la pétition pour préserver l'AgroCité à Colombes

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Published by patrick - dans tribune
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