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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 12:26

Le conseil municipal était dense jeudi dernier, et je reviendrai sur plusieurs interventions.

Mais ce qui a frappé les esprits, c’est qu’un peu plus d’un an après les élections municipales, la majorité de Nicole Gouéta a publiquement volé en éclat et les coups, verbaux heureusement,ont jailli au sein de la droite. Il ne faut pas se leurrer. Les brèches seront colmatées, les rangs ressoudés… jusqu’à la prochaine fois.

On savait depuis la diminution de la subvention au Centre Municipal de Santé qu’il y avait de l’eau dans le gaz entre certains élus tant sur le fond de ce dossier que sur la méthode autoritaire de la Maire.

Ce qui s’est passé au conseil municipal est proprement ahurissant. Il est normal, voire courant qu’il y ait des désaccords, des tensions au sein d’une équipe, des pertes de confiance, et ce n’est pas spécifique à la politique. Il arrive que ces désaccords s’expriment publiquement lors de débats ou votes du conseil, ou encore sous d'autres formes, même si ce n’est pas souhaitable. Mais ce qu’ont décrit M. Regragui et A. Bourdu dépasse l’entendement.

Il a été question dans leurs interventions, qu’ils ont eu le courage mais aussi la plus grande peine à mener au bout, d’espionnage de conversations et de vols de correspondances privées par une autre élue – pour l’instant pas le moins du monde inquiétée par qui que ce soit- qui ont conduit ces deux élus de droite à saisir la justice.

Nous avons appris au passage que N. Gouéta a fait signer une lettre de démission en blanc à chacun de ses colistiers du 1er tour des élections municipales, ce qui assez rarissime.

Je ne partage pas les orientations politiques de ces deux élus même s’il m’arrive d'apprécier certaines de leurs convictions. Mais comme individus, comme représentants du suffrage universel, ils méritent à priori toute considération. Ils l’ont de ma part et je regrette que celle-ci ne soit pas partagée publiquement par leurs amis de leur bord, en particulier les élus issus de la liste de la Relève de L. Trupin. D’ailleurs, on a pu voir plusieurs élus de la majorité, d’origines politiques diverses, gênés par l’explosion de cette tension, se tortiller sur leur siège, mal à l’aise, peut-être honteux de ne pas soutenir publiquement leurs deux collègues.

Par contre, ce qu'il faut relever, c’est un peu la limite de leur exercice, Ce qui est en cause n’est pas la conviction idéologique de ces deux élus qu’ils continuent néanmoins à partager avec N. Gouéta malgré quelques nuances, mais bien des questions d’éthique, de morale politiques et de valeurs démocratiques.

Je suis étonné, alors que je critique depuis longtemps le manque d’éthique de N. Gouéta et de quelques uns de ses proches, alors que l’ensemble de l’opposition constate, conseil après conseil, l’installation d’un climat de pressions auprès des agents de la ville depuis plusieurs mois, voire un climat de peur dans nombre de services ; je suis étonné qu’on découvre aussi tardivement « le management de la terreur ».

Mais après tout il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Ce qui est inquiétant dans cette affaire, ce sont moins les bisbilles au sein de la majorité de droite, que la tromperie faite aux électeurs et aux Colombiens.

En se regroupant dans un même groupe, ces gens, sous la houlette de N. Gouéta, ont voulu faire croire qu’ils étaient unis. Cette union était de façade, et n’est plus que factice.

Il me semble, pour que les choses soient plus claires, que les différentes sensibilités de la droite représentées au conseil municipal, ont intérêt à retrouver désormais leur propre expression en créant des groupes politiques spécifiques, comme cela est courant dans la plupart des collectivités. Le groupe unique, le parti unique, c’est un autre monde, c’est une autre vision de la société.

Mais pour cela, il faut avoir un peu de cran. Surtout après ce qui vient de se passer. Ou ne pas en avoir, à cause de ce qui vient de se passer.

Ci-dessous, l’intervention de Anne Bourdu au conseil municipal :

Madame le Maire, Chers Collègues, Mesdames et Messieurs,

Nous partageons tous ici un intérêt pour la démocratie dont le vote a intervenir est un enjeu important ce soir.

Je pense qu il est important que chacun mesure les enjeux de ce retrait de délégation [retrait de délégation d’un conseiller municipal de la majorité : Mohamed Regragui pour « perte de confiance »]

J’ai été convoquée par Mme le Maire, de la même manière que Mohamed Regragui, pour me justifier du contenu de propos privés échangés entre nous et sur le base desquelles Mme le Maire nous a reproché de « fréquenter des socialistes ».

Nous avons demandé à Mme le Maire à plusieurs reprises de produire les documents concernés, ce qu’elle n’a jamais fait, et de nous répondre quant aux suites qu’elle souhaitait donner à ce qui s’est avéré être une violation de correspondance privée. Mohamed Regragui et moi avons saisi le Parquet de ces faits.

Ayant refusé de nous taire et d’accepter cette situation, Mme le Maire a retiré sa délégation à Mohamed Regragui et l’une de mes délégations.

Ainsi, deux élus se sont vus retirer leurs délégations parce qu’en tant qu’élus ils ont demandé au Maire de faire toute la lumière sur la commission d’une infraction pénale présumée et, qu’en tant que victimes de cette infraction consistant en la violation de leur vie privée et de leur correspondance privée, ils n’ont pas accepté l’omerta.

Nous savons désormais qu’au-delà du respect de la loi, au-delà du respect de l éthique, il y a le fait du prince qu’on ne discute pas.

Telle n’est pas ma conception de la démocratie, tel n est pas mon engagement politique, telles ne sont pas mes valeurs.

Ma vie privée est sacrée et je ne laisserai personne la violer sans faire valoir mes droits même si l’auteur de cette violation est une élue de la majorité et que Mme le Maire ne souhaite pas donner suite.

Le management de terreur qui caractérise le fonctionnement de cette majorité dont les colistiers du 1er tour de Mme Goueta ont tous signé une démission en blanc ne laisse froide. Et triste pour le fonctionnement de cette municipalité qui a tant a faire pour cette ville.

Je n’ai pas peur.

Est ce que j ai peur de perdre mes délégations? Avec les propos que je viens de tenir je devrais. Mais la transparence et le respect des droits valent bien plus qu’une fonction et une indemnité.

Alors je vous rends ces délégations Mme le Maire, les délégations d’une élue qui a pris beaucoup de plaisir a travailler avec ses équipes d’agents passionnes et soucieux des intérêts de leur ville comme j’aimerais que tous les politiques le soient. Un de mes collègues ici présent qui a la confiance de Mme le Maire m’a dit : « Tu es bien naïve si tu penses que la morale politique relève de la morale ». Je vous invite à faire le choix de ce que d'aucuns peuvent considérer comme de la naïveté et que je considère être un attachement intangible à des valeurs que tous les élus devraient partager et dont ils devraient se justifier pour mériter la confiance de leurs électeurs.

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Published by patrick - dans colombes
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