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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 19:15

J'avais prévu d'intervenir au conseil municipal du 19 novembre à la suite des attentats du 13 novembre dernier. Il a été décidé que seule N. Gouéta, prendrait la parole au nom du conseil municipal. J'ai en conséquence transformé mon intervention qui est ainsi devenue la tribune exhaustive du mois de décembre portée par EELV, puisque je n'ai le droit qu'à quelques lignes dans le journal municipal.

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Notre pays avait déjà été frappé par les tueries de mars 2012 à Toulouse et à Montauban avec 7 victimes, puis les attentats du mois de janvier de cette année provoquant la mort de 17 personnes. Toutes sont mortes simplement parce qu’elles étaient Charlie Hebdo, parce qu’elles étaient juives, policières ou militaires. Parce qu’elles faisaient France.

Nous savons désormais qu’il s’agissait de la même volonté destructrice que celle qui s’est abattue ce vendredi 13 novembre.

Ce soir-là, la terreur a frappé au cœur de Paris et dans sa banlieue.

Elle ciblait la liberté, la tolérance, la jeunesse, la culture, le sport. Elle a tué et blessé de façon indifférenciée des dizaines de femmes et d'hommes, issus de près de 20 nationalités distinctes, aux couleurs de peau diverses, aux religions différentes ou sans religion, aux statuts sociaux et aux parcours professionnels variés : simplement parce qu'ils étaient là, simplement parce qu'ils vivaient leur vie, leurs joies et leur peines, leurs amitiés, leurs amours, leurs passions, leurs métiers dans un moment de partage à la fois de leurs soucis et de leur insouciance.

Aucun discours, aucun mot ne parviendront, dans un premier temps, à dire notre immense émotion, notre infini chagrin, pour toutes les victimes, leurs familles, leurs proches, leurs amis. Nous songeons aussi à ces blessés qui se battent pour leur survie. Nous songeons à toutes celles et ceux qui ont été traumatisés par ces heures effroyables. Qu’ils soient assurés de notre solidarité indéfectible.

Parce que nous sommes à Colombes, je voudrais avoir une pensée particulière pour Estelle Rouat, jeune professeure d’anglais qui débutait sa carrière d’enseignante au collège Gay-Lussac et est tombée sous les balles assassines, dire ma sympathie à sa famille, ses élèves et leurs parents, à l’ensemble de la communauté éducative.

Que soient remerciés ici toutes celles et ceux soignants, aidants, médecins, personnels de secours, pompiers, qui se sont mobilisés pour de prompts secours, dans des conditions épouvantables, et tous les citoyens qui ont agi spontanément et ont fait preuve de solidarité sans se poser d’autres questions que celle de l’entraide. .

Je veux aussi exprimer mes remerciements envers les forces de l'ordre et les militaires qui ont dû intervenir dans des conditions particulièrement difficiles, techniquement et humainement.

Les pouvoirs publics, chacun à leur place et dans leur rôle, ont dû prendre des décisions rapides et efficaces. Ils ont été à la hauteur de la situation. Totalement.

Permettez-moi de citer un extrait d’une tribune de Magyd Cherfi, du groupe Zebda, publiée dans la presse il y a quelques jours : « Il y a des jours comme ça où on est de droite, de gauche, de tous les bords tant qu’ils respectent le droit de pas être d’accord. On envie ce pays d’autant tolérer d’avis contraires, d’idées extrêmes et nauséabondes ».

Le mot « Liberté » n’est pas qu’une formule. C’est un très beau mot. C’est un mot et c’est un idéal. Face à ceux qui cherchent à imposer la tyrannie, rappelons ces termes extraits de notre hymne national: « Liberté, Liberté chérie, Combats avec tes défenseurs ! ». A la suite de l’intervention du Président de la République devant le congrès, des débats ont commencé à traverser notre pays, qui se poursuivent d’ores et déjà au Parlement, au sein de la société civile, chez les intellectuels, dans la sphère politique, pour dire les nouveaux équilibres pour à la fois lutter contre le terrorisme, sécuriser les populations et protéger les libertés publique. Ces débats doivent s’installer et se dérouler dans la sérénité même s’ils risquent d’être passionnés; mais pas dans une surenchère facile à deux semaines des élections régionales. Ce n’est pas cela qu’attendent les Françaises et les Français en ce moment. Au contraire, ils attendent des politiques en particulier, du dialogue, de la compréhension, une réponse de défense de nos valeurs communes.

Aux victimes comme à tous nos concitoyens, nous devons le réconfort dans la peine, la cohésion face aux menaces, la mesure et la dignité dans nos réactions. Dans ce moment terrible que nous connaissons, l'unité de tous est nécessaire, vitale. Et elle doit exister sans ambiguïté, sans conditions.

Elus et responsables politiques, représentants démocratiques d'un peuple attaqué dans sa diversité et pour ses valeurs, notre responsabilité est d'apporter des réponses et des perspectives d'avenir en faisant de nos divergences politiques une force et non pas une faiblesse. En ces heures d'immense émotion, notre devoir est de ne rien céder à la panique simpliste, aux pulsions vengeresses ou à l'illusoire désignation de boucs émissaires, aux tentatives de haine et de division.

Pour l'heure et pour toujours, notre réponse collective à l'horreur meurtrière réside dans la solidarité et la cohésion admirables que les Françaises et les Français ont montré depuis vendredi soir ; dans notre capacité à vivre, à danser, et, dans le respect des différences, à partager en toute liberté. Dans notre capacité à se souvenir de celles et ceux qui sont partis, ou ont été touchés dans leur chair.

Notre Ville doit être solidaire avec eux, les accompagner autant que possible.

Notre ville doit s'appuyer sur sa jeunesse, notre jeunesse qui a été prise pour cible.

Nous sommes en deuil. Peu à peu, des obsèques vont se dérouler. Des dizaines et des dizaines. Les familles des victimes, les blessés auront besoin de sentir la Nation rassemblée avec elles. Restons dignes, restons unis, restons solidaires, restons soudés face à la haine, ça sera notre meilleure réponse face à l'horreur.

Et sans doute devrons-nous, tous autant que nous sommes, faire preuve plus de plus de compassion et de plus de solidarité par-delà les frontières quand nous découvrons dans le grand désordre du monde des massacres similaires à celui du vendredi 13 novembre dernier.

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Published by patrick - dans démocratie
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