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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 16:33

Nous sommes invités à donner un avis sur des autorisations d’ouverture le dimanche .

Je rappelle tout d'abord qu'une délibération d'octobre 2012, antérieure donc à la loi Macron, a institué un Périmètre d’Usage de Consommation Exceptionnel (PUCE) sur l'ensemble du territoire communal, mais de fait au seul bénéfice de l'enseigne Bricorama, en litige avec le syndicat Force ouvrière qui a gagné en justice contre l'enseigne, qui est fermée dorénavant le dimanche après-midi malgré l'existence du PUCE. A l'époque , les élus écologistes s'étaient abstenus sur la création du PUCE. Vous voyez, je le glisse au passage aux élus de la majorité actuelle, que l'on pouvait alors appartenir à une même majorité et exprimer des désaccords sur certains points avec nos partenaires. Notons également que Conforama est déjà ouvert tous les dimanches de l'année.

Avant la loi Macron, outre les dérogations permanentes au repos dominical prévues dans le cadre des PUCE, il existait les dérogations ponctuelles accordées par le maire : ce que l'on nomme « les dimanches du maire », plafonnés à 5 dimanches par an et dont le rapport curieusement ne tire pas de bilan.

Est-ce que ces dérogations ponctuelles ont été mises en œuvre ces dernières années, à quelle fréquence, avec quels effets.

Sans connaitre ce bilan, on peut s'interroger sur la proposition de passer à 12 dimanches par an.

Car la loi prévoit d’augmenter les "dimanches du maire",de cinq dimanches à douze, auxquels s'joutent les jours fériés essentiellement à l'intention de la grande distribution quasi inexistante à Colombes, ceci sur la base du volontariat et de l'accord des partenaires sociaux.

Sur ces douze dimanches, cinq seront de droit pour les commerçants. Ainsi, l'ouverture de douze dimanches est un maximum prévu par cette loi, et ce qui ne nous est pas dit madame Coblentz, c'est qu'aucune commune n'est tenue d'aller jusqu'au plafond autorisé.

Alors que notre ville porte à bout de bras, des outils comme le FISAC dont les fonds sont malheureusement en diminution que ce soit dans le centre ville, hier sur boulevard Charles de Gaulle lors des travaux du T2, demain avec les travaux du prolongement du T1, nous ne comprenons pas pourquoi il faudrait favoriser ce qui va à l'encontre des intérêts du commerce local de centre-ville et de proximité.

Car cette économie de proximité pourrait être fragilisée par la décision qui nous est présentée ce soir. Il va sans dire que je ne conteste pas le fait que certains corps de métiers choisissent d’être à disposition du public à ces moments là, car ça fait sens, par exemple les restaurateurs, les aide à domicile, les services de la santé ou d'accueil des personnes âgées, de la sécurité, des transports, mais aussi les domaines culturels, des loisirs, de l’hôtellerie, des medias…

La fragilisation du commerce de proximité, déjà fermé largement dans le centre ville le dimanche matin, sera ainsi une conséquence directe de l’ouverture supplémentaire des grandes surfaces et créera un avantage de la grande distribution et des galeries franchisées qui n'existent que très peu à Colombes contre le commerce de proximité que nous défendons.

De plus, pouvons-nous évaluer le nombre d’emplois qui seront réellement crées avec cette disposition qui en revanche fragilisera encore plus le secteur du commerce de détail ?

Alors que notre système développe les emplois précaires, des hommes et femmes sans emplois peuvent être contraints de ne travailler que la nuit et/ou le dimanche. Les écologistes ne cessent de pointer l’impact sur la vie privée, familiale mais aussi ce qui organise le vivre ensemble comme les activités associatives, culturelles, sportives et même religieuses …). Par ailleurs la compensation salariale, si elle est prévue par les textes, ne sera jamais à la hauteur de la valeur d’un temps libre, de convivialité, de créativité…

Nous ne voulons pas d’une société frénétique où les relations humaines sont sacrifiées pour entretenir le tout consommation.

La loi Macron votée l'été dernier vise à l’extension de l’ouverture des commerces le dimanche au motif essentiel que cela serait bon pour l’économie Notre conviction est qu’autoriser le travail le dimanche n’apporte aucun gain réel sur un plan strictement économique tout en dégradant certaines conditions de vie et de travail des salariéEs concernéEs. Avant ou après la loi Macron, le volume d’achat va rester le même, parce que la loi ne peut fabriquer artificiellement des richesses.

Et que l'on ne nous vienne pas nous parler de la concurrence les centres commerciaux de la Défense et de Gennevilliers (dans ce cas d'ailleurs, bonjour la cohérence du discours et de la pratique): nous ne jouons pas dans la même cour et avons tout intérêt à protéger le commerce local, et l'emploi local en centre ville, dans nos quartiers.

Nous proposons donc que la Ville de Colombes s’en tienne à 5 Dimanche par an, destinés au commerce local et nous émettons un avis défavorable à l'autorisation d'ouverture de 12 jours par an.

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Published by patrick - dans colombes
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