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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 23:02

Dans la séquence électorale qui s’engage, l’écologie ne fait pas l’actualité. Pourtant les programmes et projets des candidats à la primaire de la droite annoncent une régression très claire.

La vision annoncée dans le livre programme de Nicolas Sarkozy est une version réactionnaire, au sens premier du terme. Suppression du principe constitutionnel de précaution, autorisation des gaz de schistes, relance du programme nucléaire, abaissement de toutes les normes environnementales : quand Nicolas Sarkozy prétend vouloir donner «tout pour la France», il faut entendre «surtout rien pour l’écologie».

Et ce, sans que ces concurrents ne disent mot.

Folle dérive qui voit la droite nous parler matin, midi et soir de l’identité nationale en oubliant que l’identité de la France ce sont aussi des paysages, la qualité de vie procurée par son environnement, son patrimoine naturel exceptionnel, ses eaux, ses sols.

Il faut écouter attentivement ce que dit Nicolas Sarkozy dans son entretien au journal Nos chasses: il s’y réjouit de la baisse des subventions aux associations de protection et d’entretien de l’environnement engagées dans les régions remportées par la droite en décembre dernier. Il annonce que cette politique serait celle de l’État si son parti revenait au pouvoir. Peu importe que ces associations jouent un rôle essentiel de protection, d’entretien, de contribution à la connaissance scientifique des milieux: seul compte à ses yeux l’objectif de la disparition d’empêcheurs d’aménager n’importe comment.

Cette réalité je la vis dans ma région, comme peuvent la vivre de nombreux acteurs associatifs chez Monsieur Wauquiez : et à celles et ceux qui sont venus me voir pour dénoncer la baisse de leurs moyens, qui me rapportent qu’on leur a raconté que c’était la conséquence d’une contrainte budgétaire, oui à celles-là et à ceux-là, je conseille de lire attentivement Nicolas Sarkozy. Ils constateront que cette contrainte revendiquée est en réalité un choix politique. Celui de négliger l’écologie dans les politiques publiques et de faire taire ceux qui la défendent. Car l’étranglement financier ne suffit pas au projet de la droite: il s’accompagne d’une promesse de remise à plat de la représentation des associations environnementales dans toutes les instances de consultation et de décision. Dans son délire anti-environnemental, Nicolas Sarkozy balaie des années de combats pour la prise en compte de la nature dans la décision publique, jetant au passage les quelques avancées issues du Grenelle de l’environnement par pertes et profits.

Ne nous y trompons pas: un retour de la droite au pouvoir en 2017 ne marquerait pas, sur le plan environnemental, un coup d’arrêt, mais bien un retour en arrière sans précédent. N’oublions pas que Nicolas Sarkozy a toujours considéré avec mépris la COP 21, qui a pourtant abouti à un accord historique sur le climat.


N’oublions pas que, dans ma région, Xavier Bertrand, qui abandonne le soutien aux énergies renouvelables et notamment à l’éolien, réclame la construction d’un nouvel EPR - impasse technologique avérée et gouffre financier assuré.


Comble de la régression, voila Nicolas Sarkozy qui nie l'impact des activités humaines sur le réchauffement climatique ! Celui qui avait commencé son quinquennat en recevant Al Gore en est aujourd'hui réduit à singer Donald Trump...

Quand j’entends certains, à gauche, dire que le bilan du quinquennat n’est «pas défendable», quand je vois des écologistes s’engager dans une opposition stérile uniquement destinée à se compter quelles qu’en soient les conséquences, je veux dire que, face à une droite aussi réactionnaire sur le plan écologique, il est au contraire indispensable de défendre la loi de transition énergétique, l’interdiction des gaz de schistes, le respect du principe de précaution, les avancées sur le plan de la démocratie environnementale, l’intégration des associations à la décision, la création de l’agence française pour la biodiversité, la sortie programmée des néonicotinoides tueurs d’abeilles, la politique de transition du carburant qui porte ses fruits et voit le diesel devenir minoritaire dans les achats automobiles...

Faut-il aller plus loin ? Oui, cent fois oui, car la crise climatique et l’enjeu de la biodiversité imposent des politiques encore plus volontaristes, qui sont des opportunités pour créer des emplois et vivre mieux. Les débats qui auront lieu dans le cadre de la primaire de la gauche doivent être l’occasion de formuler des propositions ambitieuses en la matière. C’est pourquoi je soutiens la candidature de François de Rugy. Il y portera, je n’en doute pas, la voix d’une écologie audacieuse, créative et pragmatique.

Mais sachons distinguer ceux avec lesquels il est possible d’avancer, de construire, et ceux qui veulent détruire et refusent de prendre en compte la dimension écologique dans leur projet. Et à celles et ceux qui trouvent et disent, parfois à juste titre, que cela ne va pas assez loin, j’ai envie de dire: attention. Attention à ne pas perdre de vue l’essentiel.

Prenez garde à ce que, tout occupés à accabler ceux dont vous jugez qu’ils n’ont pas assez progressé sur la voie de l’écologie, tout occupés à ne décrire le verre qu’à moitié vide, vous ne facilitiez l’arrivée au pouvoir de ceux décidés à le vider totalement.

Barbara Pompili

Secrétaire d’État chargée de la Biodiversité

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Published by patrick - dans environnement
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