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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 23:08

Le groupe communiste a déposé un vœu assez sobre demandant la dénomination d'une rue du 17 octobre 1961; les termes ce ce vœu étaient des plus mesurés.

Dans sa réponse, que je recommande de visionner, car le texte n'a pas été distribué, N. Goueta a manifesté une violence extrême dans ses propos, alliant provocation et réécriture de l'histoire, provoquant la division de sa majorité sur ce point.

Lors du conseil municipal: 

N. Goueta a pris le parti de se fonder exclusivement sur les travaux de Jean-Pierre Brunet, historien de grande réputation, et d'une fourchette basse qu'il avait calculée puis lui-même qu'il avait lui-même par la suite réévaluée, en ignorant ceux de Jean-Luc Einodi, historien qui faisait autorité sur le sujet, et du rapport Mandelkern. Elle a pris le parti de ne citer que le point de vue d'un camp, voire de celui de l'Algérie française et de l''OAS. Son propos aurait pu être plus nuancé, plus équilibré, voire plus officiel. Il n'en a rien été. Elle s'est permis de réécrire l'histoire, de se comporter en "révisionniste", de dérouler des soit-disant faits nauséabonds- est-ce l'effet Fillon de la primaire des droites et des droites extrêmes? -  provoquant le tollé, une suspension de séance, et … la division de sa majorité. Car plusieurs élus de droite sont venus dire en fin de conseil qu'ils avaient personnellement, ou bien des membres de leur famille, vu des corps flotter sur la Seine. Deux d'entre eux se sont abstenus, six n'ont pas pris part au vote. On voyait à leur visage qu'ils n'étaient pas bien du tout, et étaient choqués de la posture de leur patronne.

Cela est regrettable. quand il y a une guerre, il y a des camps, des ennemis, et il faut trouver les chemins difficiles de la réconciliation. Si N. Gouéta estimait que le vœu du parti communiste ne le permettait pas, elle aurait pu le dire autrement. En toute vérité, et pas  en mentant effrontément et en manipulant l'histoire, surtout quand cette histoire est passionné et passionnelle.

rappel des fait (source, archives du monde)

Il a fallu attendre   plus de trente-cinq ans pour que le bilan officiel de la répression des événements d'octobre 1961à paris  à  soit modifié. Jusqu'en 1998, celui-ci faisait état de 7 morts et 40 blessés – des chiffres contestés dès 1991 par Jean-Luc Einaudi. Dans son livre La Bataille de Paris, 17 octobre 1961 (Seuil), celui-ci évaluait à 200 personnes "au minimum" le nombre des victimes de la répression policière, un bilan proche de celui dressé en 1961 par la Fédération deFrance   du Front de libération nationale algérien (FLN), qui avait recensé 200 morts, 400 disparus et 2 300 blessés. Entre ces deux extrêmes, le bilan exact des morts imputables à la violence des forces de l'ordre, dans la nuit du 17 au 18 octobre 1961, continue de faire  l'objet d'une polémique entre historiens, dont une majorité s'accorde aujourd'hui sur un nombre de plusieurs dizaines de tués.

En mai 1998, le conseiller d'Etat Dieudonné Mandelkern évaluait à 32 morts le bilan officiel de la répression menée contre les manifestants du 17 octobre 1961. Rédigé à la demande du ministre de l'intérieur, Jean-Pierre Chevenement, son rapport s'appuyait sur les archives de la police et sur le registre d'entrée de l'Institut médico-légal de Paris, où avaient été déposés 88 cadavres de Nord-Africains entre le 17 octobre et le 31 octobre 1961. Selon l'auteur du rapport, seuls 25 de ces corps correspondaient à des victimes de la manifestation, ajoutés a posteriori aux 7 morts déjà officiellement reconnus. Le document replaçait enfin la nuit du 17 octobre dans son contexte, celui d'une quasi-guerre civile marquée par des meurtres de policiers et de "Français musulmans d'Algérie [FMA]" – 289 pour la seule année 1961.

Remise en mai 1999 au premier ministre, une nouvelle enquête, menée cette fois à partir  des archives judiciaires par Jean Géronimi, avocat général à la Cour de cassation, permettait d' "évaluer à 48" le nombre d'Algériens noyés dans la nuit du 17 au 18 octobre 1961. Ce résultat, avait alors nuancé le magistrat, est "très vraisemblablement inférieur à la réalité, dans la mesure où l'on n'a pas la certitude que tous les corps immergés, particulièrement nombreux à cette époque, ont été retrouvés et dans la mesure, aussi, où des cadavres ont pu être transportés  encore plus en aval de la Seine,  jusque dans les ressorts d'Evreux, voire de Rouen dont les archives conservées sont trop lacunaires pour être exploitées".

M. Géronimi estimait en revanche à 246 le nombre total d'Algériens tués en France au cours de l'année 1961, la majorité des FMA décédés au cours des premiers mois de 1961 ayant été victimes de "règlements de comptes par le FLN". A quelques mois des accords d'Evian, le nombre de morts n'en a pas moins progressé d'une douzaine en moyenne par mois, au cours des huit premiers mois, de 37 en septembre et 105 en octobre.

Le mensonge des autorités

Le rapport Géronimi permettait également, pour la première fois, de constater   le silence des autorités policières "couvertes" par le gouvernement de l'époque et par ses successeurs. Dans deux notes d'octobre et novembre 1961, le directeur du cabinet du garde des sceaux avait en effet communiqué au premier ministre, Michel Debré, des données précises "au sujet des disparitions  et assassinats de Nord-Africains" résultant "dans une large mesure (...) d'actions policières".

Ces deux rapports officiels n'ont toutefois pas suffi à mettre fin à la polémique sur l'ampleur de ce que le parquet de Paris a qualifié de "massacre", le 12 février 1999, lors d'un procès en diffamation intenté par Maurice Papon contre l'écrivain Jean-Luc Einaudi. Dans l'ouvrage qu'il publie aujourd'hui, Octobre 1961, un massacre à Paris (Fayard), M. Einaudi dénombre "393 morts et disparus en septembre et octobre 1961, dont 159 à partir du 17 octobre". Ce bilan est réfuté par Guy Pervillé, spécialiste de la guerre d'Algérie, qui ne "voi[t] pas de preuves irréfutables" à ce chiffre. Professeur à l'Ecole normale supérieure, l'historien Jean-Paul Brunet estime, lui aussi, que ce chiffre est une "surévaluation jamais justifiée" et penche pour un bilan d'une trentaine de morts, "déjà considérable", comme il l'écrit dans le numéro d'octobre de la revue Histoire.

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Published by patrick - dans conseil municipal
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