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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 09:00

Alors que l’humanité est menacée par l’effondrement des écosystèmes, beaucoup sentent qu’il faut construire une autre histoire de l’avenir dans tous les domaines. Nous sommes quelques-uns ici à être allé voir à l’Hélios le film Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent qui a touché plus d’un million de spectateurs en salle. Vous y étiez d'ailleurs, Madame la Maire, mais pas votre adjoint au développement durable.

Le changement climatique, la pollution –les pics de la semaine dernière en Ile-de-France sont une alerte forte à cet égard- nous incitent non seulement à être vigilants, mais à nous impliquer plus chaque jour tellement l’avenir de l’humanité est en partie entre nos mains. Les domaines de l’alimentation, de la transition énergétique, de nouvelles formes d’économie, de l’éducation, de la démocratie sont des champs à défricher avec un regard nouveau.

Réduire sa consommation d’énergie fossile et limiter son impact sur le changement climatique sont des engagements forts qui sont un peu perdu de vue à travers le catalogue des mesures mise en œuvre à Colombes. Souvent cela passe par un mix énergétique plus durable pour les bâtiments grâce notamment au développement de la biomasse (comme dans l’écoquartier de la Marine) ou la réutilisation des énergies des eaux usées comme cela est envisagé sur les terrains Thalès avec le SIAAP (si nous avons bien lu les documents du dossier de réalisation de la ZAC de l’Arc sportif), mais aussi par des changements de pratique et des choix technologiques moins énergivores.

Alors, que nous dit le rapport 2016 sur le développement durable ? Il porte pour beaucoup sur l’ancien agenda 21 de l’administration, à travers des mesures portant sur le parc de voitures moins polluantes ou le pool de voitures en partage, sur les performances énergétiques des bâtiments communaux, la réduction des déchets, les consommations d’eau potable, sur la poursuite de la lutte parcimonieuse et couteuse contre la précarité énergétique par exemple. Il nous dit aussi que la prairie du Moulin Joly à l’Ile Marante est un franc succès, et que la mise en place de l’écopaturage en 2016 rencontre aussi son public, ce porquoi nous félicitons Christian Don et espérons que cette expérimentation soit pérennisée et élargie à d’autres espaces. Le rapport dit aussi, enfin sans le dire vraiment, que les dispositifs alternatifs des eaux pluviales que nous avions créés à l’Ile Marante, à l écoquartier de la Marine et ceux que nous avions prévus aux Fossés Jean permettent le stockage et l’infiltration lente des eaux de pluie et leur réutilisation dans le cycle normal de la nature en ville.

Mais que ne nous dit pas le rapport ? Au sujet des déchets que ce n’est pas si bon que cela : le tonnage des emballages et journaux a augmenté de 3,99% celui du verre de 5,21%, la collecte des encombrants, quant à elle, a baissé de 6,66%, que les dépôts sauvages ont augmenté de 68,6%, la fréquentation des déchetteries a diminué de 34,6% depuis la suppression de la déchetterie mobile rue Ménelotte en octobre 2014.

Qu’il n’existe toujours pas de schéma communal cohérent de déplacements doux, ni de stratégie pour réduire progressivement l’usage de la voiture pour certains déplacements.

Que la concertation sur le développement durable, notamment au Tapis Rouge récemment, fondé sur l’écoute du conseil des Sages en oubliant totalement les associations les plus concernées et les plus expertes en la matière, n’a réuni que peu de monde –même pas le maire-adjoint en charge du développement durable- et que cette réunion a été orientée vers une responsabilisation des citoyens, ce qui est bien mais insuffisant, car vous avez négligé tout bonnement ce qui était de la compétence de l’impulsion du champs public (associations, collectivités et Etat).

Le rapport traite des clauses d’insertion dans les marchés publics, mais passe sous silence la possibilité d’introduire des clauses environnementales.

Le rapport met en évidence le fait qu’il n’y a pas de réflexion globale, qui pourrait d’ailleurs être élargie à l’échelle de l’intercommunalité, pour utiliser les toitures soit par des apports énergétiques, soit par une végétalisation favorable à l’isolation du bâti et au verdissement de la ville.

Il ne nous dit rien sur le réemploi des matériaux et la réduction du gaspillage, ce qu’on appelle l’économie circulaire, ni sur le développement de la cuisine bio dans les cantines et établissements communaux.

Au début de cette année avait lieu à Paris la COP 21. L’Etat a toujours un train de retard sur les initiatives locales ou la mise en œuvre des grands enjeux pourtant décidés unanimement par le Parlement, je pense par exemple à l’écotaxe. De nombreuses les dynamiques nationales ne pourront véritablement se développer que si les initiatives locales portées par les communes et les associations murissent et se développent. Pour cela, il faut avoir une vision d’ensemble, orienter ses investissements, les comportements collectifs. C’est le rôle d’une municipalité.

Au final, ce rapport ne semble pas indiquer que la ville de Colombes soit réellement engagée dans des politiques globales prenant en compte le développement durable. Dès la 1ere délibération je suis obligé de manifester ma déception. C’est dommage.

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Published by patrick - dans conseil municipal
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