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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 22:15

Je ne crains pas le débat politique, les succès qui font joie et partage, les échecs qui attristent et esseulent. Tout cela fait réfléchir, et grandir dans sa tête pour repartir bon pied bon oeil, sur les mêmes chemins, ou dans de nouvelles directions, ou pas.Le résultat du premier tour de l'élection présidentielle est un fait, un aboutissement et en même temps l'occasion de nouvelles énergies. J'aime bien, comme militant de l'écologie politique,  cette idée de nouvelles énergies. 

Mais hier soir, j’ai aussi eu mal à ma France : 7,6 millions de français ont voté pour la candidate de la xénophobie, du racisme, du rejet, de l’exclusion, d’une France rance. En soutenant Fillon, 7,1 millions d’autres français ont voté pour un candidat au moins moralement corrompu, pour le candidat du mensonge, du trafic d'influence, du conflit d'intérêt, d'une France honnie. Les sondages l’annonçaient, l'équivalent d'un français sur cinq l'a concrétisé. Ce ne sont pas seulement nos institutions qui sont malades. Ce sont aussi ces 14,7 millions de français membres d'une communauté nationale à laquelle je suis censé appartenir.

Or je n’ai rien de commun avec cela. Non pas avec ces électeurs, car ils ont le libre droit de penser ce qu’ils veulent, et quelles que soient leurs conditions de vie dans les beaux quartiers bourgeois ou dans les campagnes sinistrées et les banlieues désespérées. Ou dans ma rue. Ou autre part. Mais avec ce qu’ils pensent être la solution, l’honneur, le passé et  l’avenir, la nation, la France, l’Autre, l’ici et l’ailleurs, les racines, l’immobile.

Moi, je préfère l'espoir, l’utopie, le désir, le métissage, le bourgeonnement, le foisonnement, mon histoire qui n’est pas celle de mon voisin et qui pourtant nous est commune, notre histoire de France, notre histoire du monde. Une histoire de destins croisés, multiples, multicolores, en mouvement. Où les hommes et les femmes qui habitent notre belle planète de plus en plus défigurée passent avant tous les dieux possibles et imaginables. Une France qui ne se raconte pas à l'imparfait, ni  la première personne du singulier. Mais au futur, à la première personne du pluriel. Plutôt nous pourrons que je veux.

Cette France-là ce n'est pas la France des Le Pen et des Fillon de tout poil. Cette France-là c'est ma France, c'est ma communauté internationale à moi. Et aux Autres. Et j'espère qu'un jour je n'aurai plus mal à ma France.

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