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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 08:30

Nous avons tous tendance à zapper les événements. Pourtant, l’année 2016 avait été la plus chaude jamais mesurée. Et nous avions subi des vagues de chaleurs entre  juin et septembre  2016 comme jamais la France n’en avait connues. ( cf mon article du 30/08/2016). Le printemps 2017 est en train de battre les records précédents. Avec un réchauffement global compris entre 2° - objectif de la COP 21 - et 3° plus probablement, l’Europe va connaître une augmentation très significative des canicules et des événements extrêmes.

D’où l’importance d’avoir une stratégie de long terme et pas seulement des coups de communication épisodiques.

Ecologistes, nous demeurons vigilants à tous les projets qui accompagnent ou augmentent le risque climatique, au-lieu de le combattre et le réduire. A Colombes, et ailleurs.

C’est pourquoi réaménager le square Méderic en jardin japonais très joli, très cher, mais sans que les familles ou les personnes âgées puissent y trouver de l’ombre et de la fraicheur est une erreur. C'est pourquoi démolir le patrimoine ancien rue Joffre, rue Saint-Denis, avec des jardins arborés sans remplacer la végétation est encore une erreur. C’est pourquoi interdire les vélos dans la partie piétonne rue Saint-Denis alors que la municipalité laisse de plus en plus les véhicules motorisés y circuler a été une tartufferie. C’est pourquoi avoir refusé Vélib’ à Colombes à l’automne 2016, juste après les canicules, avait été une faute. C’est pourquoi avoir réduit les plantations d’arbres dans l’écoquartier de la Marine est à nouveau une faute. C’est pourquoi ne pas prendre de dispositions pour réduire la place de la voiture dans toutes les opérations de construction et d’aménagement dans une ville qui a 4 gares SNCF et qui aura 2 lignes de tramway est  encore une faute, comme ce sera le cas dans la 2eme tranche de la ZAC de la Marine, dans le projet de l’Arc Sportif ou encore dans le projet des Fossés Jean. C’est pourquoi ne pas réfléchir à la conception de bâtiments et de revêtements de chaussée emmagasinant de l’humidité pour rafraîchir la ville est encore une erreur. C’est pourquoi ne pas mettre l’accent sur l’isolation des bâtiments, vaste chantier pourvoyeur d’emplois locaux,  est le signe d’une absence de vision et d’appréhension des enjeux du siècle présent.

Pourquoi à nouveau cette alerte ?

Le terrible incendie qui a sévi au Portugal mi-juin est corrélé à des températures exceptionnelles pour la saison. On assiste à une accélération accrue des vagues de chaleur. La probabilité de subir ces vagues de chaleur vraiment extrêmes a été multipliée par 10 par rapport aux années 1950. Les fortes températures engendrent des conditions très favorables aux risques d’incendie, avec une plus grande fréquence des départs naturels de flammes. Il se produit une sorte de cercle vicieux : des grosses chaleurs assèchent les sols, puis à leur tour ces sols plus secs entraînent une augmentation des températures.

En outre, Les vagues de chaleur vont se produire plus tôt et plus tard, au printemps et en automne, comme lorsqu’il a fait 33 °C à Paris mi-septembre 2016. Les plans canicule vont devoir s’adapter et ne pas s’arrêter arbitrairement fin août, par exemple.

Le lien entre changement climatiques et phénomènes extrêmes est désormais avéré :

Il est avéré dorénavant que la plus grande fréquence des vagues de chaleur est essentiellement due aux Gaz à Effets de Serre (GES). C’est le cas aussi des épisodes de précipitations extrêmes, comme les pluies cévenoles notamment dans le sud de la France. Leur fréquence a été multipliée par 3.  Car plus les températures grimpent, plus la vapeur d’eau s’évapore,  plus les précipitations contiennent alors davantage d’eau.

Les projections indiquent clairement que les changements climatiques à venir vont frapper davantage l’Europe du Sud que celle du Nord, qui va continuer à recevoir des pluies. Plus précisément, il devrait faire plus chaud dans le sud du continent en été et moins froid en hiver dans le nord. La France, de ce point de vue, se situe bien au milieu ! Sa partie méditerranéenne va connaître davantage de sécheresse, et sa partie plus au nord plus de crues et d’inondations.

Cerise sur le gâteau, ces épisodes climatiques ont des effets indéniables sur la pollution et la santé des Colombiens, exposés à un épisode de pollution à l’ozone (cf notre tribune de février 2017) . Moins connu que les particules fines responsables du pic de pollution de fin janvier 2017 en région parisienne, l’ozone est un polluant issu de la combinaison de polluants primaires (oxydes d’azote et monoxyde de carbone) avec des conditions de fort ensoleillement. Cet ozone de basse altitude, à forte concentration de polluants,  même avec des expositions de courte durée, présente un risque pour la santé humaine en particulier les enfants, les personnes âgées ou les personnes souffrant de pathologies respiratoires comme l’asthme par exemple. De fait l’ozone contribue à la mortalité pendant les canicules. Il y a alors des mesures sanitaires simples à prendre, plus efficaces dans la réduction des émissions de polluants même si elles sont impopulaires mais tellement nécessaires  qui passent notamment par les restrictions de circulation. Ouvrons réellement le débat.

Patrick CHAIMOVITCH et Samia GASMI

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Published by patrick - dans tribune
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