Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 13:30

Opposée depuis le début à la création des TAP, la municipalité avait déjà fait un choix discriminant pour les familles les plus en difficulté en regroupant les activités périscolaires le vendredi après-midi, puis en les faisant payer. Elle vient de décider de revenir à la semaine de 4 jours. Cette décision de la Maire renforce un système inégalitaire et accentue l’échec scolaire.

La réforme des rythmes scolaires a été mise en place en 2013 dans le cadre du projet de refondation de l’école. Elle comprenait deux éléments, ce qui n’a pas été évident tout de suite. Le premier consistait à passer à neuf demi-journées de classe par semaine, c’est-à-dire à travailler le mercredi matin. Le second était la création d’activités périscolaires. Les deux ne sont d’ailleurs pas forcément liés.

A Colombes, la réforme du temps d'activité scolaire (TAP) a connu des débuts difficiles, la municipalité de N. Goueta freinant des 4 fers, en ne recrutant pas les personnes nécessaires, en ne faisant pas appel efficacement aux associations.

En 2014, elle s’est appuyée sur le décret Hamon pour imposer le regroupement des activités périscolaires le vendredi après-midi. Avec cette mesure, la municipalité a fait un choix discriminant, conduisant une partie des familles les parents à s’adapter et garder eux-mêmes leurs enfants. Gratuits pendant 2 ans, les TAP sont devenus payants en septembre 2016. Comme les quotients familiaux ont été modifiés, ce phénomène de discrimination a été renforcé, surtout à l'égard des élèves fréquentant les écoles des quartiers populaires de Colombes. De plus, la démonstration a été faite depuis des mois par l’ensemble de l’opposition que la municipalité surfacturait les activités scolaires et faisait en quelque sorte des bénéfices de l’ordre d’un demi-million d’euros sur le dos des familles.

Dans la foulée des élections présidentielles et la constitution des gouvernements de E. Philippe, le nouveau ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé la possibilité de rendre facultatifs les TAP, Il est évident que la décision du ministre a été dictée par des motifs politiques comme effacer les mesures du précédent quinquennat forcément condamnable à ses yeux. Mais aussi par les économies budgétaires du gouvernement, d'où son souhait de mettre fin au  fonds de soutien aux communes de 400 millions qui a permis  aux communes de financer la mise en place des nouveaux rythmes scolaires en 2014. Contrairement à Colombes, 3/4 des communes françaises, opposées ou pas au dispositif lors de son lancement mais guidées par le seul souci de faire réussir tous les élèves, font le choix de poursuivre la semaine de 4,5 jours. Dans ce contexte, on  peut s’inquiéter d'une suppression progressive de  l’aide de l’Etat à ces communes, amplifiant le désengagement pour les emplois aidé .  L’idée du ministre est que  puisque les maires pourront faire ce qu’ils veulent au titre du choix facultatif,  ce ne sera plus la peine de les aider. Comme les dotations aux collectivités vont aller en s'amenuisant, comme la taxe d'habitation dépendra du bon vouloir de l'Etat,  les communes n'auront qu'à piocher dans leurs caisses si elles veulent pérenniser les TAP, ce qui risque d'être difficile dans les toutes prochaines années pour certaines d'entre elles.  Alors certes, ici et ailleurs, des enseignants et des parents sont favorables à la semaine de quatre jours, mais on devine que trop souvent, ce n’est pas l’intérêt de l’enfant qui prime.  

A Colombes, malheureusement, la municipalité a anticipé le décret du 28 juin autorisant les communes à revenir, dès la rentrée de septembre à la semaine de quatre jours d'école en primaire, au lieu de quatre jours et demi. Elle s’est dépêchée début juin,  de procéder à une pseudo consultation auprès des familles, bidonnée dès le départ. Ainsi le courrier d’accompagnement de cette "consultation", orientait les parents dans leur choix en affirmant qu'une charge supplémentaire serait imposée aux communes et aux familles si la semaine était maintenue à 4 semaine et demi. Résultat de cette "consultation" : Seulement 48% des familles ont répondu, et 65% ont préféré la réduction de la semaine scolaire, c’est-à-dire qu’à peine un tiers des familles concernées ont souhaité revenir à la semaine de 4 jours.  Cherchez l’erreur. Puis le Conseil Départemental de l’Education Nationale (CDEN) s’est réuni le 17 juillet et a voté à une large majorité contre le retour à 4 jours, Malgré cela, la directrice académique n'a pas tenu compte de l'avis du CDEN et a validé le retour à la semaine de 4 jours dès la rentrée prochaine. Ce choix n’aura probablement aucune incidence pour les 70% d’élèves qui réussissent à l’école, mais il conforte dans l’échec ceux qui ont besoin d’une demi-journée supplémentaire pour apprendre, qui ne sont pas aidés à la maison et qui accumulent des retards dès leur entrée à l’école. N. Goueta est ainsi trop contente de faire des économies dans le budget des activités périscolaires et de promouvoir une vision de l’éducation et de l’enseignement qui date d’un autre siècle, qui renforce un système inégalitaire, qui condamne à l’échec scolaire les 30% d’élèves, majoritairement issus des classes populaires, qui sont en difficultés, qui ne peuvent pas réussir avec des journées trop longues et trop denses. Nous assistons de ce fait au creusement d’une triple sélection :  scolaire, sociale et par quartier.

.De plus, en autorisant ce retour en arrière dès septembre prochain, la municipalité fait montre de bien peu de considération pour celles et ceux qui, sur le terrain, ont déjà programmé et préparé des activités périscolaires pour la rentrée prochaine.

Partager cet article

Repost 0
Published by patrick - dans Colombes
commenter cet article

commentaires