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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 17:14

 La candidature et la désignation du Qatar repose sur un  argument géopolitique, qui rappelle  qu’«aucun pays arabe ou musulman n’a été l’hôte d’une Coupe du monde ou des Jeux Olympiques». L’attribution au Qatar de la Coupe du monde de 2022 est peut-être un signal fort, réparant ce qui pourrait être vécu comme une injustice, comparable dans sa signification avec l’attribution de la Coupe de 2010 à l’Afrique du Sud. Le Qatar souhaite faire de la Coupe du monde un symbole de coopération interculturelle au Moyen-Orient en agissant comme un lien entre l’Orient et l’Occident, au service de la lutte contre le choc des civilisations. Sans être naïf – et tout ce qui suit l’indique- le bizness international n’est pas exempt des choix géopolitiques. Mais à l’heure où les relations entre le monde musulman et le monde occidental sont au cœur de nombreuses problématiques stratégiques, la FIFA, malgré son opacité et sa propension a mal gérer la corruption de ses membres,  a renforcé  d’une certaine manière son rôle d’acteur important des relations internationales.

 

Le Qatar

Le Qatar est limitrophe de l’Arabie saoudite à l’ouest et de Bahreïn au nord-ouest. Les ressources principales du Qatar proviennent des exportations de pétrole et de gaz naturel. On estime les réserves de pétrole du pays à 15 milliards de barils.

Plus prometteur que le pétrole, le gaz, dont les réserves sont estimées à plus d’un siècle de production actuelle est en passe de venir la source première de revenu du pays.

En effet, le Qatar détient actuellement les troisièmes réserves de gaz au monde après la Russie et l’Iran et sera dans moins de dix ans, le premier exportateur mondial de gaz naturel.

D’ailleurs, face au « peak oil » des réserves de pétrole, la société Shell est en train de réaliser un complexe de conversion du gaz naturel en carburants liquides, en vue de produire 140 000 barils par jour de carburant liquide, mais aussi 300 000 barils par jour d'eau obtenus par réaction du gaz avec 28 800 tonnes d'oxygène liquide produites quotidiennement. L'ensemble produira et utilisera 8000 tonnes de vapeur d'eau à l'heure.

D’ailleurs, le Qatar vient de conclure un accord pour la construction de quarante méthaniers (construits au Japon et en Corée pour les premiers, d’une capacité de plus de 250 000m3 de gaz naturel liquéfié) Les caractéristiques principales de ces navires, outre leur gigantisme avec une capacité 25% supérieure à celle de la génération précédente, sont leur capacité de reliquéfier à bord les gaz évaporés, ce qui permet de livrer tout le chargement initial de gaz même après un long parcours jusqu'aux USA et leur propulsion par deux moteurs diesel à bas régime. Le coût de transport du m3 de gaz est ainsi réduit de 20 à 30%.

Le Qatar débute actuellement les travaux pour la création d’un port de commerce qui devrait pouvoir, d’ici dix ans, concurrencer le port de Jebel Ali (EAU) avec un trafic estimé à deux millions de tonnes de conteneurs par an, alimentant ainsi le Qatar, Bahreïn et l’Arabie Saoudite de produits marchands. Le port de Doha deviendra ainsi le plus important du Golfe.

On voit donc poindre des enjeux géostratégiques : alors que les Etats-Unis, principaux alliés des états du golf , vont chercher à croitre la montée en charge de la production  de gisements de gaz liquéfiés aux Etats-Unis, le Qatar devra chercher des solutions industrielles globales. La politique des USA de fait limitera les besoins d’importation (d’ailleurs les projets de nouveaux terminaux de liquéfaction dans le Golfe du Mexique sont abandonnés), que ce soit du Qatar , de la Russie et demain de l’Iran. Cela peut donner des marges de manœuvre à l’Europe pour développer des installations capables d'accueillir ces navires et de gagner ainsi en liberté d'approvisionnement en gaz naturel … mais là, on aborde la coopération énergétique avec la Russie…

En dépit de la présence permanente de flottes militaires occidentales, le Golfe arabo-persique demeure un lieu de trafic maritime illicite important. Les flux de boutres effectuant des navettes entre les côtes du Pakistan et l’Iran et les monarchies du Golfe perdurent et permettent l’acheminement de drogue et d’immigrés clandestins. Par ailleurs, les flottes de pêches locales se déplacent de manière erratiques en s’affranchissant des frontières maritimes et des zones interdites liées à l’exploitation offshore.

 

Un espace maritime sous contrôle militaire

Le Qatar dispose de moyens pour contrôler cette vaste zone économique. les gardes-côtes qataries sont en charge de la protection de la zone maritime des 12 nautiques. Ils disposent de plusieurs stations de surveillance et de contrôle réparties le long de la bande côtière, les gardes-côtes traquent les navires illicites et veillent à interdire l’accès des côtes à toute embarcation étrangère. Les gardes-côtes disposent d’une flotte importante de vedettes qui patrouillent à l’intérieur des eaux nationales et assurent un premier niveau de détection en limite de la haute mer.

 

La Marine du Qatar

Disposant de 7 patrouilleurs lance-missiles et de plusieurs vedettes rapides, elle assure la surveillance des zones de productions offshore ainsi que le contrôle et la sécurité des flottes de pêche qataries.

 

Une coopération fructueuse avec la France malgré une proximité forte avec les Etats-Unis

La plus importante manifestation consacrée à la sécurité intérieure des Etats au Moyen-Orient, Milipol (copie du milipol français) se déroule régulièrement au Qatar.

CASSIDIAN, nouveau nom d’EADS Defence & Security, est leader mondial des solutions et systèmes de sécurité maritimes sur les marchés civils et militaires.

Alors que les menaces sur le domaine maritime s’accentuent chaque jour, les Etats et autorités maritimes font face à de nouveaux défis : la lutte contre la piraterie, le terrorisme, la protection des zones maritimes, etc.

 

Les références françaises ont permis d'exporter la technologie de Cassidian dans le cadre du système de bouclier sécuritaire au Qatar (QATAR) et du système intégré de sûreté maritime du port de Tanger Med (TANGER MED). A ces exemples s'ajoutent de nombreux systèmes de surveillance des côtes de pays tels que le Portugal, le Danemark, l'Estonie, l'Espagne ou le Koweit.

Mais la nouveauté ces dernières années semble venir des airs avec  un développement important  des micro-drones, véritables concentrés de technologies destinés exclusivement à l'observation, contrairement à leurs frères militaires qui peuvent embarquer un armement. Ces drones destinés à la sécurité intérieure emportent quant à eux des caméras à haute résolution et grand angle ainsi que des appareils photographiques à haute définition.

On peut d’ailleurs imaginer que de telles solutions puissent séduire les responsables sûreté dans le cadre de la surveillance d'un périmètre étendu, notamment lors de la levée d'alarmes sur des installations distantes de quelques centaines de mètres jusqu'à cinq kilomètres. Les prix de ces drones d'observation varient, selon les vendeurs et les modèles, entre 3000 et 40 000 euros, avec une concentration entre 8 000 et 15 000 euros pièce. C’est encore cher, mais si les prix baissent, ça pourra intéresser les gestionnaires de crise des banlieues… !.

Mais la concurrence est rude sur ce marché, entre les israéliens leaders su marché (cf l’opération « Plomb Durci » à Gaza en 2009), et les russes qui veulent se doter d’une industrie de drones performants (les gardes-frontières russes en ont testés au Kazakhstan)

 

Mais revenons à la France :

Les opérations militaires sont caractérisées par l'utilisation de missiles et de bombes de précision. La loi de programmation militaire met en évidence, dans un chapitre accordé à l'accélération de la modernisation de l'aviation l'arrivée d'un nouveau missile air-air dans les forces : le Météor.

Le programme Météor aura nécessité dix années de développement. Trois types d’avion emporteront ce missile : l'Eurofighter, le Gripen et le Rafale. Actuellement, il n'existe aucun équivalent du Météor.

Contrairement aux missiles classiques, il atteint des vitesses élevées qu'il peut maintenir longtemps. Le Météor est un missile d'interception très grande distance.  . Cet armement va de pair avec l'évolution des capteurs des avions modernes de la cinquième génération, comme le Rafale et l'Eurofighter. Le Météor devrait être qualifié fin 2011 et compléter ainsi la panoplie de missiles air/air.

Dans la gamme de l'armement air/air, l'armée de l'air est également dotée de missiles Mica (missile d'interception, de combat et d'auto-défense). Il est, aujourd'hui, le missile d'interception des forces françaises. Grâce à cette technologie, l'armée de l’air  détient deux missiles aux capacités d'interception différentes : le Mica EM (électromagnétique, mis en service en 1999) et le Mica IR (infrarouge, en service depuis 2007). Cet armement, 100% français, est exporté dans quatre pays : Taïwan, le Qatar, les Émirats-arabes unis et la Grèce. il est autant utilisé pour sa longue portée (la classe des 100 km) que pour les tirs courts (la classe des 500 mètres). Il peut être employé dans le cadre d'opérations d'interception, de combats rapprochés et d'auto-défense.

 

La France et le commerce

En 2008, Nicolas Sarkozy s’était rendu au Qatar. Un seul contrat commercial avait été conclu entre la France et le Qatar mais d'autres, portant sur plusieurs milliards d'euros, sont en discussion ou ont aboutis depuis.


Le contrat signé : de l'électricité pour 470 millions
Le contrat commercial signé l’a été par Areva T&D, pour la fourniture de stations de distribution d'électricité, pour 47O millions d'euros. De son côté, EDF a signé un mémorandum d'entente "pour engager des discussions sur des coopérations dans les domaines de la production électrique nucléaire et la production d'énergies renouvelables (solaire et éolien)"

"Dans le domaine nucléaire, les discussions porteront dans un premier temps sur un accord d'assistance pour une étude de faisabilité et d'acceptabilité", ajoute ce document. Il s'agit notamment d'étudier les besoins du Qatar, l'environnement institutionnel et la création d'une autorité de sûreté. Cet accord prévoit aussi qu'EDF examine avec Qatar Petroleum International (QPI) "des opportunités d'investissement dans la chaîne gazière".

Coopérations dans le gaz
Gaz de France et QPI ont signé de leur côté un mémorandum d'entente prévoyant une coopération à l'international dans le domaine de l'énergie. "Cet accord pose les bases d'une coopération avec les compagnies qataries pour faire des joint-ventures au Qatar et en dehors du Qatar.

Des projets "évoqués"
Les gouvernements français et qatari ont pour leur part signé des accords de coopération en matière fiscale, de tourisme, et en vue de la création d'une Académie de sécurité intérieure au Qatar.

Les deux parties ont d'autre part "évoqué" des projets pouvant donner lieu à l'avenir à la signature de contrats par des entreprises françaises: métro et tramway (montant potentiel: 1,1 milliard d'euros) liés à la construction des stades en cas de sélection du Qatar pour la coupe du monde de football, pont-digue de 43 km entre le Qatar et Bahreïn, pour lequel Vinci est pressenti (montant potentiel: deux milliards d'euros), projet de traitement des boues, centrale thermique...

Ainsi, en 2009, GDF-Suez s’est introduit sur une partie du marché off-shore du Qatar. GDF Suez veut élargir l' "horizon géographique de ses activités", après son entrée en 2008 aux Etats-Unis, en Azerbaïdjan et en Libye.

Le groupe a également remporté l’appel d’offres pour le projet de Ras Laffan C, le plus grand projet de production d’électricité et de dessalement d’eau au Qatar, qui prévoit la construction d’une centrale électrique de 2 730 MW et d’une unité de dessalement de 286 000 m³/jour d’eau.


De l'armement aussi
Dans le domaine des armements, les deux parties ont également évoqué plusieurs projets, précisait l'Elysée dans son document: renouvellement de la flotte d'hélicoptères du Qatar, système de défense anti-aérienne, capacités de transport aérien longues distances, modernisation de matériel...

 

et le football...?

 

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Published by patrick - dans europe
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