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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 09:30

Histoire de faire diversion avant les élections européennes, le gouvernement met en avant des actualités graves (agression d’enseignant, délinquance de mineurs, gestes bêtes de gamins) pour remettre une couche sur les propositions sécuritaires.

 Ainsi deux enfants de 6 et 10 ans ont été arrêtés par la police, à la sortie de leur école mardi soir, à Floirac dans la banlieue de Bordeaux. Soupçonnés d’un vol de vélo, le plus âgé des deux a été entendu pendant plus de deux heures et demie par les policiers. (tiens, ça me rappelle il y a quelques années l'interpellation dans l'école d'un enfant par des policiers municipaux, ou encore l'idée gouvernementale d'un dépistage psychologique précoce pour tracer la possible délinquence d'enfants à partir de 3 ans - cf   www.pasde0deconduite.ras.eu.org/ )

 Ainsi  Xavier Darcos a proposé jeudi de réfléchir à la création d'"une force mobile d'agents" intervenant en milieu scolaire "sur des missions de prévention et de contrôle" de la violence, et jugé nécessaire de pouvoir fouiller les élèves suspectés de transporter des armes.
Le ministre de l'Education a aussi évoqué l'idée de sanctionner financièrement les parents d'élèves ayant "démissionné", dans son discours d'ouverture du 90e Congrès de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP), qui se tient à La Rochelle de jeudi à samedi.


 "puisqu’il faut des moyens, mais des moyens bien utilisés, je veux mettre en débat la possibilité de créer, auprès des recteurs, une force mobile d’agents qui pourront intervenir dans les établissements sur des missions de prévention et de contrôle", Selon l'entourage du ministre, il ne s'agirait pas d'agents de police mais "de personnes formées et assermentées, placées auprès des recteurs, susceptibles de se rendre dans les établissements rapidement, pouvant constater des délits, confisquer des armes, opérer des fouilles si nécessaire".
Le ministre, qui a évoqué le drame de Fenouillet (Haute-Garonne), où une enseignante a été poignardée en plein collège le 15 mai, veut pouvoir donner à ces personnels assermentés "les moyens juridiques et matériels d’agir", en leur octroyant "le droit de faire ouvrir le cartable ou de fouiller l’élève qu’ils suspectent de vouloir introduire des armes".

Il est effectivement urgent de reposer le problème, mais pas comme le fait le ministre.

Quel système met-on en place pour aider ces jeunes qui vont mal? Dans le cas de Fenouillet, le collège n'était pas un collège réputé "violent", l'élève en question n'avait apparemment jamais fait parler de lui. On peut déplorer que personne n'ait remarqué le mal être éventuel de cet enfant. Son passage en prison (ou dans un centre fermé) n'est probablement pas la solution.
Un suivi psychiatrique aurait peut-être été préférable à un enfermement. Bien sûr il a agressé, mais avec un couteau de cuisine,  pas un poignard, encore moins un pistolet. Le fait est suffisamment inquiétant pour s'en préoccuper mais personne ne se pose la question "pourquoi n'a-t-on rien vu venir"? Quelle est la formation des enseignants pour déceler des signes inquiétants? Une formation individuelle, un concours qui ne juge que des compétences théoriques, qui ne recherche aucun sens de l'humain, qui n'apprend pas à travailler en équipe.

Il y a eu tout un travail  réalisé par l'équipe de D. Marcelli, professeur de psychiatrieà Poitiers sur les signes qui doivent alerter chez un ado. Une grille  d'éléments significatifs a été établie. La conclusion: un ado qui ne présente qu'un signe "d'alerte", même fort, ce n'est pas inquiétant. Par contre l'ado qui présente 3 signes "d'alerte" mêmes faibles est beaucoup plus inquiétant.

Se pencher sur le fonctionnement de ceux qu'elle est censée éduquer est de moins en moins la préoccupation de l'éducation nationale.  Les structures pour ados manquent cruellement de personnel, l'attente est de plusieurs mois, un ado qui va mal n'attend pas, ni lui, ni ceux qui sont chargés de l'encadrer, ni même ses parents qui sont souvent démunis.

Après la vidéosurveillance, mettre un détecteur de métaux ou je ne sais quelle invention de M.Darcos, ne servira à rien et surtout n'aidera pas les ados à aller mieux. 

Non Monsieur Darcos, je n'ai pas envie que nos collèges soient entouré de murs infranchissables,  mais restent des  lieux pour l'éducation, pour l'apprentissage des responsabilités, pour l'acquisition de l'autonomie, pour l'apprentissage de la vie.

Développer la psychose chez les parents (qui oublient en passant que les risques sont pires là où ils n'y pensent pas - exemple leur voiture), c'est faire le lit de mesures sécuritaires. Malheureusement, depuis pas mal d'années, seules les mesures de contrôle sont développées. C'est triste et à la fois risible car les élèves sont malins et arrivent à contourner les obstacles.


Tous les moyens proposés par Monsieur Darcos vont dans le sens actuel. Une action ne sera jugée "valable" que si elle permet d'augmenter la moyenne scolaire de l'élève. Le reste on s'en fout.On ne pense même pas qu'un ado mal dans sa tête, sans cadre, ne peut réussir scolairement.

Hélas, les aides financières ne tomberont que si les critères retenus par le ministre sont atteints. De quoi s'inquiéter terriblement...

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Published by patrick - dans société
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commentaires

walkmindz 22/05/2009 12:36

Depuis que l’Education Nationale ne fait plus la police, les forces de l’ordre font la leçon.
Quand la rue, l’école et la crise jouent un vaudeville, personne n’est trompé, tout le monde est débiteur.
Entre les parents démissionnaires et le corps enseignant sclérosé, il reste la bavure policière.
Quand les exceptions construisent les exemples, le législateur transforme l’épiphénomène en cas d’école.
La suite ici :
http://souklaye.wordpress.com/2009/05/21/post-it-police-scolaire/