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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 23:30


 

Copenhague c'est quoi ?

A la fin de cette année, les représentants des 170 nations qui ont signé la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques se retrouveront à Copenhague pour finaliser, c’est l’objectif, les négociations sur une nouvelle riposte planétaire au changement et réchauffement du climat. ONG, experts et scientifiques seront également présents lors de ce rendez-vous crucial.

Les enjeux de décembre 2009 :

Avec l’élection de Barack Obama, les Etats-Unis très gros émetteurs de gaz à effet de serre (second après la Chine) sont de retour dans la lutte contre le changement climatique. C’est extrêmement important, mais rien n’est joué car les Etats-Unis sont dans situation complexe de dérapage de leurs émissions.

-les pays en développement comme la Chine, l’Inde ou le Brésil deviennent des pollueurs importants ; il est nécessaire que le prochain accord permette qu’ils s’engagent également à limiter leurs émissions. Mais ces pays font valoir le principe de « responsabilité partagée mais différenciée » qui oblige en priorité les pays industrialisés à prendre des engagements car ils ont une responsabilité historique bien plus importante. (Voir page Position des pays)

-une architecture globale qui garantit la réduction des émissions, mais qui permet aussi le soutien aux Pays les Moins Avancés de sortir de la pauvreté tout en s’adaptant aux changements. La révision des « mécanismes de flexibilité » (voir page Protocole de Kyoto) sera nécessaire ; de nouveaux outils de régulation et de mobilisation financière devront être imaginés.

 
Qui s’alarme des changements climatiques ?

L’alerte est d’abord d’origine scientifique. Le Groupe Intergouvernemental d’Etude du Climat (GIEC, ou IPCC en anglais) a été créé en 1988 par l’Organisation Internationale de la Météorologie et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Il regroupe des centaines de scientifiques et experts de très nombreux pays, afin "d'évaluer l'information scientifique, technique et socio-économique pertinente pour comprendre le risque du changement climatique d'origine humaine." Comme son objet l’indique, le GIEC n’a pas pour objet de réaliser directement des études, mais plutôt des synthèses des travaux scientifiques et techniques publiés dans le monde.

Des Rapports d’Evaluation sont publiés régulièrement tous les 3 ou 4 ans ; le dernier l’a été en 2007 (Assessment Report 4 ou AR4). Le travail du GIEC s’organise autours de trois groupes : le premier se concentre sur l’analyse scientifique du système climatique, le second sur la vulnérabilité des systèmes socio-économiques et des systèmes naturels aux changements climatiques, le troisième groupe analyse les solutions possibles pour réduire les changements climatiques et s’adapter.

Tous les documents sont disponibles gratuitement sur internet (en anglais) ; un résumé détaillé existe afin de de synthétiser les centaines de pages (voir le résumé en français du rapport de 2007). Chacun peut s’informer des limites et des progrès des connaissances, vérifier, recouper, critiquer…


Ça chauffe vraiment ?

L’effet de serre permet la vie sur Terre : sans lui, la température moyenne au sol serait de l’ordre de -17°C ! Grâce à leurs propriétés physiques, certains gaz (H2O, CO2, CH4…) ont la propriété de s’échauffer avec les rayonnements infra-rouges émis par la Terre, elle-même chauffée par la lumière du soleil. En augmentant la concentration en GES, l’atmosphère piège d’avantage d’énergie qui sort normalement vers l’univers, ce qui augmente la température moyenne de la Terre. L’effet immédiat des concentrations en GES est assez bien connu et relativement simple. Le constat de l’accroissement de la concentration en GES dans l’atmosphère est très bien observé.

 

 

Position de l’Union Européenne :

Dans un document publié le 28 janvier 2009, la Commission Européenne propose un position de l’Union Européenne pour les négociations internationales : Vers un accord global en matière de changement climatique à Copenhague .

Dans ce texte, l’UE milite pour une « vision commune » qui permette un accord mondial. L’UE réaffirme sa position en faveur d’une réduction mondiale des émissions de 50% d’ici à 2050 et propose que les pays en développement réduisent leurs émissions de 15 à 30% par rapport à la tendance actuelle.

L’UE réaffirme la nécessité d’utilisation de « mécanismes de flexibilité » afin de réduire globalement les coûts économiques de réduction des émissions, ainsi que le soutien aux pays les plus pauvres afin qu’ils puissent faire face aux enjeux.

Malgré une apparente bonne volonté, cette position est critiquable en plusieurs points, notamment parce qu’elle manque d’équité envers les pays les plus pauvres (voir la page Critiques des ONG).

 ► A écouter : l'interview de Claude Turmes, Député européen Verts/ALE, rapporteur du Paquet Climat Energie

 

Que fait l’Europe ?

Le Paquet Climat énergie adopté en décembre 2008 vise à assigner des objectifs à l’Union Européenne en matière d’énergie et d’émissions de GES. Nicolas Sarkozy se félicite avec vigueur de « son » succès à faire adopter le paquet en 2008, mais cet orgueil est bien mal placé car en voulant conclure par tous les moyens un accord avant la fin de la présidence française de l’UE, les objectifs ont été sérieusement affaiblis. Ambitieux initialement, le paquet climat-énergie est maintenant insuffisant pour mener une polique à la hauteur des enjeux…

Les objectifs principaux (voir le site de la Commission) du paquet climat - énergie :

-20% d’énergies renouvelables d’ici 2020

-20% de réductions des émissions de GES d’ici 2020, 30% dans le cas d’un accord international

-20% d’efficacité énergétique

 

 

Le programme d’Europe Ecologie : 100% sobre, efficace et renouvelable

Dans son programme, Europe Ecologie souhaite un engagement international très fort de l’Union Européenne afin qu’un accord international équitable et ambitieux soit conclu à Copenhague.

- Europe Ecologie souhaite une réduction de 30% des émissions de l’UE en 2020, 90% en 2050. La sobriété et l’efficacité énergétique doivent être un axe d’action prioritaire (avec notamment l’objectif de 20% de réduction de la consommation d’énergie en 2020 doit être rendu contraignant).

 

Europe Ecologie propose une série de dispositifs :

- Communauté Européenne des Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique (CERENE) à l’image et à la place du traité Euratom qui est promeut l’énergie nucléaire.

- Une taxe fiscale européenne sur la consommation d’énergie (contribution « climat-énergie ») afin de renchérir progressivement les énergies non renouvelables. Ceci permet de donner un signe économique clair afin d’amorcer les mutations énergétiques nécessaires.

- Afin de faire face aux problèmes sociaux qui peuvent être induits par le renchérissement de l’énergie Europe Ecologie propose la mise en place de chèques éco-énergie. Fonctionnant sur le modèle des chèques-déjeuners, ces chèques permettront de soutenir les ménages à acquérir des équipements moins consommateurs, à isoler leur logement, à utiliser les transports en commun…

- Une agriculture durable permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre : en effet, actuellement les intrants chimiques représentent en France 12% des émissions de gaz à effet de serre. Une agriculture durable a des impacts sur les émissions de GES.

 

En revanche, Europe Ecologie réaffirme clairement que :

- la sortie du nucléaire doit être une priorité. En effet, la production électrique électro-nucléaire ne peut jouer techniquement qu’un rôle marginal dans la lutte contre le réchauffement climatique, contrairement à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables dont le potentiel est très important. Le nucléaire présente des dangers insurmontables qui ne peuvent être tolérés : risques d’accidents, pollutions radioactives diffuses, déchets ingérables, risque d’attentats et de prolifération nucléaire, insécurité énergétique… Voir la page suivante.

- l’utilisation massive d’agro-carburants irait à l’encontre d’objectifs de développement durable. Outre leur impact très négatif sur les écosystèmes du fait d’une agriculture intensive, leur bilan énergétique très mauvais, les agro-carburants participent au déséquilibrage des marchés alimentaires. Les populations les plus pauvres en sont victimes (comme on a pu le voir lors des émeutes de la faim en 2007). Il est difficile de faire plus abjecte et inéquitable : utiliser la production agricole pour faire rouler des voitures pendant que des humains ne peuvent pas se nourrir.


 ►  Ce que disent les autres Partis 

Pour aller plus loin

De Rio à Copenhague

Les preuves par la science

Les mécanismes de "flexibilité" du protocole de kyoto

 

En savoir plus

A lire : Un grand "Monsieur Climat" nommé à Washington

A lire : Les enjeux, de Poznan présentés par Agnès Sinaï (journaliste, spécialiste des questions écologistes)

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Published by patrick - dans environnement
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