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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 22:00
On cause beaucoup de Levallois-Perret ces derniers temps, surtout pour évoquer le foot-ball.
Il y a quelques jours, Europe Ecologie organisait une réunion publique  dans cette ville. Le lieu ne tenait pas du hasard, mais renvoyait au thème de la corruption dont Eva Joly ne cesse de critiquer les méfaits à travers la planète.

Pour se rappeler ce dont il s'agit, je vous livre l'intervention de Dominique Cloarec, conseillère municipale verte d'opposition à Levallois, intervention qu'elle a faite pour accueillir Eva Joly , ainsi que Françoise Diehlman et moi-même, tous trois candidats dans le 92 pour les élections européennes, ainsi que Noël Mamère, venu soutenir la liste Europe Ecologie.
  


Bonsoir à toutes et à tous,
Bonsoir à Patrick et Françoise nos candidats alto-séquanais,
Bonsoir Noël, bonsoir Madame Eva Joly,
Bien sûr, c’est avec un immense plaisir que nous vous accueillons ce soir dans notre bonne ville de Levallois-Perret.
Un immense plaisir et aussi une très grande fierté.
Permettez-moi Madame, en disant cela, de m’adresser particulièrement à vous.
Parce que vous êtes une citoyenne éprise de justice, une femme et, qui plus est, une femme qui a décidé de s’engager en politique, ce qui rend à elle-ci les quelques lettres de noblesse qu’elle perd parfois…

Oui, votre présence en région Île-de-France sur la liste Europe Écologie, dans les Hauts-de-Seine et, plus particulièrement, à Levallois-Perret, recouvre une valeur symbolique qui n’échappera à personne.
Levallois-Perret, comme Perpignan et sa gare pour Salvador Dali, est peut-être le vrai centre du monde, voire de l’univers.
Cela fait partie en tout cas de ce que l’on est tenté de se dire parfois, dans cette commune, pour se remonter le moral.

Il est vrai qu’il s’agit ici, pour quelqu’un qui milite plutôt à gauche, d’une terre de mission, où tout combat politique est pour le moins difficile. S’il ne s’agit peut-être pas du centre du monde, ce qui est sûr, c’est qu’on trouve depuis trois décennies dans les Hauts-de-Seine (Pasqua – les affaires, le quartier de la Défense et la Francafrique –, Sarkosy – son appartement de Neuilly et autre « bling-bling » – et enfin, Devedjian, souvenez-vous, celui qui promettait il y a peu de temps de nettoyer les écuries d’Augias…) et peut-être, si tout va mal, viendra le Prince Jean… Et, à Levallois-Perret, depuis les trois mêmes décennies, on trouve le vrai laboratoire, le véritable terrain d’expérimentation de tout ce qu’ose et impose la droite la plus réactionnaire.

Citons sans s’y attarder plus avant car je sais que d’autres amis développeront ces sujets :
- la vidéosurveillance, dont nous sommes les pionniers nationaux et qui fait de chaque citoyen un coupable potentiel ;
- l’introduction au forceps puis la légalisation d’une police municipale surarmée, qui fait de nous, Levalloisiens, les administrés d’une ville pilote dans le domaine sécuritaire et surtout, par la mise en place d’une police à la solde d’un politique. Ce qui n’est quand même pas tout à fait l’idée que
l’on peut se faire de la police dite « républicaine » ;
- la privatisation des services publics, le tout premier acte du premier mandat de l’équipe actuelle ayant été de supprimer un centre de santé municipal ; le reste a bien entendu suivi à coups d’appels d’offres parfois
assez opaques…
- et la systématisation à très grande échelle, à l’aide d’expulsions sans état d’âme, du développement séparé des populations.
Sur critères sociaux et non raciaux bien sûr : ce n’est pas de chance si beaucoup de pauvres ont en plus le mauvais goût de faire partie des « minorités visibles ».
Tout cela pour le plus grand profit de promoteurs immobiliers, pas ntéressés du tout comme on le sait !

Non, nous parlerons surtout aujourd’hui d’un domaine où Levallois-Perret a acquis une renommée quasi planétaire : la corruption.

Rappelons-nous que ses collègues surréalistes avaient trouvé pour moquer Dali l’anagramme et le surnom de « Avida Dollars ».
Rappelons-nous aussi le « meilleur d’entre nous » (Chirac dans le texte), Alain Juppé.
Rappelons-nous son cri du coeur, lors du procès qui lui valut une année d’exil dans les froidures canadiennes : « Mais quoi, je ne suis quand même pas un Balkany ! »
Demandons-nous : qui est le plus vulgaire ?
Le normalien, l’énarque, ou l’ ex-Premier ministre qui avançait droit dans ses bottes ? Je triche pour le bien de mon parti, puis du maire de Paris, puis du président Chirac… Pas pour moi !! Sauf peut-être, juste un peu, pour éduire le loyer de mon pauvre fils par exemple ?

Mais, tolérance zéro… pour les autres et surtout les petits.
Dépénalisation du droit des affaires, disait l’autre. Sarko… Juste avant la
crise !
Pour tous ceux-là, hélas, la fin justifie les moyens.
À ce stade, laissez-moi vous narrer une de nos malheureuses aventures
locales et qui a largement débordé dans sa publicité le périmètre de notre
commune.

Il s’agit d’un texte, en son temps intitulé : BALKANY, BERLUSCONI,
SARKOSY, LE PEN, MÊME COMBAT ! J’ai depuis dû rajouter Sarkosy…
* Pour la petite histoire, je devais produire ce texte à l’intention de l’association Anticor qui, cela vaut le coup d’être rappelé, a vu le jour, sans doute pas par hasard, à Levallois et à Clichy.
E
n voici le principal :
De diffamations en insultes, en passant par les fréquents dérapages verbaux qu’on leur connaît, on peut constater que, outre la passion financière qui les unit, la corruption langagière et sémantique est
également leur lot commun. Le clientélisme aussi. Les exemples sont nombreux, trop nombreux qui attestent cette posture provocatrice et ce qui les rassemble.
Ainsi, pour ces quatre-là, la politique est une affaire de famille. Au sens propre et au sens mafieux du terme. Comme on lave son linge sale, en famille et sans témoins.
Pourquoi se gêneraient-ils, puisqu’après tout et à tous les coups, c’est l’impunité qui gagne ? Le cynisme aussi.

Un exemple, un seul. Malgré des rapports accablants de la cour régionale des comptes, malgré des procès qui l’ont condamné, malgré une sentence pénale d’inégibilité de deux ans, Patrick Balkany a pu se représenter aux avant-dernières élections municipales sans coup férir et être reélu.
Le lendemain, dès potron minet, le préfet pourtant très informé, demande d’annulation à l’appui, mais qui n’en pouvait mais, a cassé l’élection et reconvoqué les électeurs devant les urnes.

Pendant ce temps, redevenu éligible quasi à l’usure, Patrick Balkany jurait ses grands dieux et à qui voulait l’entendre et le croire qu’il avait remboursé les quelques 0,6 millions d’euros (soit 4 millions de francs)
escamotés aux Levalloisiens durant ses deux précédents mandats, et dont la justice lui enjoignait, pour une fois, la restitution. Il est ainsi redevenu maire d’une commune de 63 000 habitants (puis aujourd’hui député de la circonscription correspondante)…

Et devinez ce qui est arrivé ? De nouveau tout juste réélu, Patrick Balkany a fait voter par sa majorité municipale la délégation des fonctions d’ordonnateur des dépenses communales au profit de sa première
adjointe. Isabelle Balkany en personne, aujourd’hui vice présidente du Conseil général et, semble-il, ayant elle-même maille à partir avec la justice – oui, oui, vous ne rêvez pas ! Elle tient ainsi les cordons de la bourse municipale en lieu et place de son mari défaillant, lequel en est empêché en effet pour n’avoir toujours pas remboursé l’intégralité de sa dette à ce jour !
Une affaire de famille, je vous dis. Ni vu, ni connu je t’embrouille… comme au bonneteau, il y a le bonimenteur-manipulateur et ses complices, dits « barons », et la masse des gogos…

Justement, les gogos, parlons-en. Levalloisiens, Italiens, Neuilléens, ou Bretons de souche, il convient de bien distinguer deux catégories de gogos-électeurs : ceux qui se rendent encore aux urnes, de plus en plus
minoritaires et ceux qui n’y vont plus, de plus en plus nombreux.
La mise en scène populiste de la politique s’adresse sciemment à la première catégorie de gogos-électeurs. Comme au spectacle, ils s’esclaffent aux « bons mots » de leurs « bons maîtres ».
Ils sont aussi prompts à oublier, ou à passer par pertes et profits, des actes que la morale et la justice réprouvent. « Tous pourris, tous complices », clament-ils en choeur pour ajouter à la confusion et détourner l’attention. Dès lors, ils ne sont même plus simples gogos mais deviennent clientsélecteurs. À ceux-là, aux fidèles, le maître saura bien distribuer dans sa grande bonté quelques miettes, sinon de son pouvoir, du moins de sa richesse. Et par ces temps de grande rigueur, les clients-électeurs sont des gens
pressés. Notamment ceux d’entre eux qui trouvent par ce biais manière à résoudre
des difficultés immédiates : un petit boulot, un appartement, une place en
crêche, ou tout autre coup de pouce ou passe-droit.

D’un coup, on croit enfin basculer du bon côté, du côté des malins, de ceux qui savent se débrouiller. Et peu importe les moyens. Parfois, aussi, entre petits et grands coups de pouce en tous genres,
paillettes et champagne peuvent faire l’affaire. On peut aussi cumuler ! « Tous pourris, tous complices », effectivement.
C’est toute la démocratie qui en prend un coup ! Mille pardons à ceux qui pensent que l’on ne doit pas dire cela !
Au contraire, il me semble qu’il faut savoir parfois, voire souvent, ne pas brosser l’électeur dans le sens du poil, c’est-à-dire mettre chacun devant ses responsabilités.
Et ainsi pouvoir amorcer le vrai débat, sans fin mais toujours fécond, autour de l’idéal d’une citoyenneté adulte.
Voilà, j’en finis avec notre triste exemple levalloisien si éloigné, de la démocratie et de l’intégrité des élus que nous voulons voir massivement représentés au Parlement européen.

Madame, Noël, chers amis, je nous souhaite, je vous souhaite lors de cette élection à venir le plus grand succès possible afin que de belles personnes comme vous, en lesquelles nous croyons, puissent porter bien
haut nos couleurs écologistes faites de courage, de tolérance, de fraternité, de solidarité, d’équité et de justice.
Parce que comme vous, nous ne renonçons à rien, parce que comme vous, nous gardons intact notre capacité de révolte,
Parce que nous ne nous sommes pas des héros, fussent-ils ordinaires,mais parce que nous sommes de simples citoyens attentifs et concernés, nous gardons, avec vous, l’espoir sinon de changer le monde, tout au moins de mettre l’Europe sur les bons rails de la Démocratie.

C’est notre avenir commun qui est en jeu.
Je vous remercie,

Dominique Cloarec
Conseillère municipale de Levallois-Perret -

les Verts
le 26 mai 2009

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Published by patrick - dans démocratie
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