Il indique clairement que le vote du 7 juin révèle un mouvement assez profond dans la France d'aujourd'hui : l'écologie est la valeur la mieux partagée à gauche ! Il montre que nul ne peut plus jouer le rôle de force dominante, de parti attrape-tout auquel les autres sensibilités n'ont d'autre choix que de se rallier ou de disparaître; dans le même mouvement, aucune "famille" ne devient dominante en "remplacement". Il souligne un affaiblissement du clivage gauche-droite aux yeux mêmes des sympathisants de la gauche, ce qui doit nous amener à nous interroger sur les racines de l’identité progressiste et à en redéfinir un contenu audible et adapté à la réalité d’aujourd’hui. L'éclatement des sensibilités (mais aussi leur relatif enchevêtrement) plaide pour la constitution de coalitions dans lesquelles aucune force n'écrase les autres, où les compromis se construisent sur la base du respect de chacun. C'est sans aucun doute plus compliqué que les vieux schémas d'alliances, c'est ce que veulent sans doute beaucoup de Françaises et de Français qui aspirent à une nouvelle politique. Ils le veulent pour une raison simple : dans le fond, ils sont souvent eux-mêmes, dans leur for intérieur, tiraillés entre des aspirations écologistes, interventionnistes étatistes, régulationnistes mais aussi parfois consuméristes libérales ! Autrement dit, ils sont tour à tour plutôt écologistes, plutôt socialistes, plutôt communistes, anticapitalistes ou plutôt centristes.

Les régionales approchent : que tous les progressistes s’adressent aux Français pour les convaincre de donner la priorité à leur sensibilité propre le 14 mars prochain. Que tous acceptent le débat salutaire et cette confrontation d’idées que permet le mode de scrutin. Que chacune des « familles » de la gauche qui se dessinent à travers ce sondage s’affirme, pour mieux se rassembler ensuite, éclairées qu’elles seront par le verdict des électeurs.

L'étude de Viavoice est consultable ici.link