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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 22:23

La question de l'industrie de l'automobile soulève des questions complexes, plus complexes que les messages que nous ressassent les commentateurs patentés.

 

Le marché intérieur français comme celui de l'Europe occidentale est "saturé". Le mythe de deuxième véhicule par ménage est, heureusement,  en train de s'effondrer. Un des enjeux de la transition écologique est bien celui d'une société où l'automobile ne sera plus l'alpha et l'oméga d'un modèle de développement productiviste, où les déplacements automobile seront maîtrisés et ne détermineront plus l'aménagement des villes au détriment du piéton et de la santé des populations.

 

Quelles sont les conséquences sur l'activité industrielle et donc sur l'emploi en particulier ouvrier ?  

 

Le marché intérieur français sera durablement en dessous de 2 millions de véhicules par an. Le taux de pénétration des marques "étrangères" est de 50 %, ce qui d'ailleurs aujourd'hui ne veut rien dire car Toyota "fabrique " en France, Ford a une usine à Bordeaux, alors que Renault et PSA fabriquent à "l'étranger". Vouloir maintenir une capacité de production de la France à un niveau qui était le sien il y a encore quelques années soit de l'ordre de 3 millions et demi de véhicules est un non sens industriel et commercial. Cela repose sur un autre mythe à savoir que la vocation de la France est d'inonder la planète de sa production automobile. N’est-il d’ailleurs pas plus juste que les ouvriers marocains fabriquent des véhicule à Tanger plutôt que dans les usines françaises?

 

Le marché automobile explose dans les pays émergents et cela n'est d'ailleurs pas forcément une bonne nouvelle pour la planète. Le parc automobile mondial va tripler dans les 30 ans qui viennent, soit plus de 2 milliards de véhicules, mais ils ne seront pas fabriqués en France, ni même en Europe aux Etats-Unis ou au Japon.

 

Les solutions mises en œuvre du type nouvelles technologie de motorisation  (peu importe laquelle) ou accélération artificielle du renouvellement du parc (au nom de la voiture propre) sont coûteuses fiscalement et ne changent rien aux donnés du problème, celui du déclin inexorable d'une industrie qui a contribué au succès des 30 glorieuses.

 

Dans ce contexte, obtenir le maintien d'un niveau de "production" de 800 000 véhicules par an sur le territoire français de la part du groupe Renault-Nissan et le maintien de tous les sites n’est peut-être pas un mauvais compromis. Encore faut-il définir la notion de production qui se résume parfois au montage final avec peu de valeur ajoutée locale. Peu importe également la marque. Nissan a une bien meilleur image de marque que Renault dans le monde.

 

Il conviendrait peut être de réfléchir sur les normes environnementales, et  imposer par exemple, pour les véhicules vendus en France, un taux de matériaux recyclés significatifs (et non de matériaux recyclables) pour induire une "relocalisation" des sources de matières premières ou de produits "intermédiaires", de renforcer les normes  antipollution. Il faut anticiper les besoins de déplacement de demain (plus de petits utilitaires, moins de véhicules individuels).

 

 On devrait agir sur l'obsolescence programmé. Un véhicule peut faire plus de 300 000 km sur 20 ans sans aucun problèmes. Si on applique cette norme, le besoin de renouvellement du parc français chute de moitié. il est vrai que nos voitures " d'occasion" ont un bel avenir en Afrique ( 90% des importations en Afrique subsahélienne).

 

La course à la gadgétisation électronique ne permet pas d'élargir les marchés. Elle rend plus ruineuse la compétition que se livrent les grandes marques. Prolonger la vie des véhicules, c'est aussi plus de travail de réparation et de maintenance et donc plus d'emploi local. Il suffit de voir le développement de l'économie informelle dans "nos banlieues" autour du commerce/trafic de  pièces "détachées" et de la réparation des "vieux" véhicules. Un espace pour l'économie sociale et solidaire de demain ?

 

JMD

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Published by patrick - dans économie
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