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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 22:36

japon-copie-2.jpgUne fois de plus, une fois de trop, le nucléaire a frappé.

C'est avec le cœur et les poings serrés que nous assistons au drame supplémentaire auquel les Japonais sont confrontés après avoir subi les dévastations d'un tremblement de terre et d'un tsunami. Fukushima apporte la démonstration de l'incompatibilité absolue entre la technologie nucléaire et la sécurité du genre humain.

Nous ne savons pas à l'heure actuelle si l'incontrôlable enchainement de la fusion des réacteurs  peut encore s'interrompre. Nous ne savons pas si la logique terrifiante s'arrêtera au bord du gouffre ou si une contamination catastrophique va balayer l'archipel et le Pacifique.

L'inconnu est insoutenable. La colère est immense.

Sortir de la folie nucléaire

«  Une fois de plus, une fois de trop, le nucléaire a frappé.

C’est avec le cœur et les poings serrés que nous assistons au drame supplémentaire auquel les Japonais sont confrontés après avoir subi les dévastations d’un tremblement de terre et d’un tsunami. Fukushima apporte la démonstration de l’incompatibilité absolue entre la technologie nucléaire et la sécurité du genre humain...

Nous ne savons pas à l’heure actuelle si l’incontrôlable enchainement de la fusion des réacteurs peut encore s’interrompre. Nous ne savons pas si la logique terrifiante s’arrêtera au bord du gouffre ou si une contamination catastrophique va balayer l’archipel et le Pacifique. L’inconnu est insoutenable.

Notre solidarité et notre compassion envers les victimes sont totales. Nous veillerons à ce que l’Europe soit en première ligne pour faire face aux conséquences humaines de cette guerre que l’humanité a déclenché contre elle-même. Mais notre colère est immense.

Les Japonais risquent de payer lourdement l’insouciance du choix nucléaire comme moteur énergétique, contrairement à toute raison. Ils sont confrontés aux conséquences de la folie démiurgique d’un système économique et d’un mode de développement qui croit pouvoir s’exonérer de l’imprévisible, du risque et des équilibres naturels. Avec le nucléaire, quelle que soit l’excellence technologique de tel ou tel pays, le risque est désormais avéré que l’humanité peut être condamnée à l’impuissance face à une technologie incontrôlable.

Fukushima incarne l’impasse tragique d’une civilisation qui accumule les risques. Fukushima doit donc marquer un tournant historique.

Nous appelons à l’insurrection des consciences pour en finir avec la folie nucléaire.

Les 14 député-e-s européens d’Europe Ecologie s’engagent solennellement à se mettre au service et à renforcer l’immense chaîne humaine qui se développe dans le monde pour interrompre l’aventure nucléaire. Le changement de cap est urgent et il doit être planétaire.

En France, cela passe par l’arrêt immédiat de la vieille centrale de Fessenheim, de stopper le chantier du réacteur nucléaire de Flamanville et par la décision politique de programmer une sortie progressive de la dépendance nucléaire qui s’avère une industrie mortifère.  »

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Published by patrick - dans environnement
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commentaires

lekx 28/03/2011 16:41


Commencer par demander à AREVA de quitter le batiment qu'ils occupent sur votre commune!


patrick 03/04/2011 22:26



la question n'est pas de savoir si Areva occupe un bâtiment à Colombes, mais comment cette société  gagne autant d'argent pour occuper ce bâtiment.Et cela pose la question du nucléaire, et
de sa sécurité.Alors en complément, un article du 18 mars de Benjamin Dessus, président de Global
Chance.


DE BENJAMIN DESSUS


La sûreté nucléaire : une exception française ?




Ecrit par


BENJAMIN DESSUS Chroniqueur - Président de Global Chance





La communication des autorités françaises sur les accidents nucléaires en cours au Japon s'articule principalement sur l'idée que des événements tout à fait exceptionnels, et totalement
improbables en France, en sont à l'origine. Nous n'imaginons guère en effet en France ni de séisme d'amplitude 8,9 ni de tsunami avec des vagues de 15 mètres sur nos côtes. Mais en inférer,
comme elles le font, que ce genre d'accident est pour les autres, est pour le moins rapide. Quelle est en effet la séquence qui a provoqué cette série d'accidents dont on ne connaît pas encore
l'issue ?




Arrêt automatique d'un réacteur à la suite d'un incident (là, la secousse sismique), comme cela arrive plusieurs fois par an dans le parc français pour bien d'autres raisons. Perte de
l'alimentation électrique extérieure de la centrale et donc des pompes de refroidissement, mais qui peut fort bien se produire pour de tout autres raisons en France (sabotage ou chute de ligne
haute tension, etc.). Enfin refus de démarrer des diesels de secours (là, submergés par le tsunami, ici, comme à la centrale du Blayais en Gironde, pendant la tempête de 1999) mais qui
peut fort bien se produire pour de nombreuses autres raisons. Sans compter qu'on a appris, il y a quelques jours, que dans 8 des réacteurs français des pièces essentielles des diesels de
secours, « les coussinets », étaient défectueuses et que dans 34 réacteurs du parc nucléaire français, le système d'injection de secours pouvait ne pas fonctionner avec la
précision requise par la sûreté nucléaire. Mais cela s'est arrêté là, sans qu'on semble le moins du monde en tirer les précautions d'urgence à prendre.




Enfin, l'affirmation du ministre de l'Industrie selon laquelle « nous », Français, avons pris toutes les précautions, depuis l'origine vis-à-vis des séismes et des inondations (au
contraire des Japonais ?), outre qu'elle fait sourire évidemment certains, ne répond évidemment pas aux interrogations précédentes.




Une Autorité de sûreté qui ne s'inquiète pas outre mesure de défauts génériques qui pourraient conduire à des catastrophes, un ministre de l'Industrie qui préfère fermer les yeux et s'abriter
derrière l'Autorité de sûreté, une ministre de l'Environnement manifestement entravée par la solidarité gouvernementale. Si on y ajoute un immobilisme et un silence assez assourdissant des
responsables des deux grands partis de la majorité et de l'opposition sur cette question de sécurité de leurs concitoyens, on comprend le malaise ressenti par l'homme de la rue.




Ce n'est sûrement pas en se contentant de « communiquer » avec hauteur sur l'excellence spécifique d'une technologie nucléaire française qui nous mettrait à l'abri de tout problème,
mais en mettant les informations sur la table, en admettant d'ouvrir le débat, en mettant d'urgence au point un plan Orsec de réponse à une crise nucléaire majeure du genre de celle que
connaissent les Japonais aujourd'hui, en mettant en discussion des scénarios alternatifs qui se passeraient, à terme, de nucléaire, que nos gouvernants et nos élus rempliraient leur rôle.




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