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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 09:02

Voilà deux semaines que des agents de la ville sont en mouvement et que ce mouvement, à l'initiative des syndicats, est très suivi,  et encore plus soutenu,  par les salariés de la ville. A cela deux raisons, qui au final se rejoignent (voir mon article du 5 septembre).


Les rythmes scolaires: En conseil municipal, avant l'été, nous avions eu des échanges sur les choix opérés par la majorité de droite, et sur les conséquences que ces choix pouvaient avoir sur les familles colombiennes. Le journal municipal de septembre a titré son dossier central "une rentrée bien préparée". Cela semble relever de la méthode Coué. Car le dialogue avec la communauté éducative s'est mal engagé, voire pas engagé du tout, le recrutement des animateurs a été insuffisant et leurs conditions de travail se sont trouvées d'emblée très dégradées. Au cœur de ce gâchis, les enfants colombiens qui subissent l'incurie de choix politiques inadaptés (par exemple des groupes d'enfants surdimensionnés que même un enseignant n'accepte pas, ou le refus de cantine le mercredi dans certains cas …), et les parents confrontés à de grandes difficultés d'organisation puisque leurs enfants ne sont plus accueillis, ou dans des conditions exécrables,  malgré le grand professionnalisme des agents de la ville.


Conséquence: les animateurs se mettent en grève.


Mais la municipalité n'aime pas ça, la grève. Si elle pouvait faire du Gattaz et détricoter les droits des salariés, sûr qu'elle le ferait! D'ailleurs n'a-t-on pas entendu la maire-adjointe au personnel, lors d'un rassemblement  des personnel à l'appel des syndicats  il y a 8 jours, les comparer à des voleurs de scooter. Une maladresse, sans doute, mais qui en dit long sur l'état d'esprit de certains élus. Alors que font notre maire, son équipe et le nouveau directeur général des services? Ils décrètent qu'il y a obligation de service public, et obligent cadres et agents à quitter leur poste de travail (où pourtant il y a beaucoup de travail) pour remplacer les animateurs, et accueillir les enfants dans les écoles. Bref on demande à des agents de casser la grève de leurs collègues.


Ensuite il y a un contre-sens total dans l'application de cette notion. De fait, la continuité du service public s'oppose au droit de grève. C'est pourquoi et avant tout, la continuité du service public ne peut s'entendre que dans le cadre d'un dialogue social préventif; ce qui n'est pas le cas à Colombes. Ensuite, des modalités contractuelles peuvent être négociées entre partenaires sociaux (encore faut-il considérer les syndicats comme des partenaires (je pense à l'accord existant à la RATP par exemple). Enfin la continuité du service public se conçoit pour des missions régaliennes ou obligatoires (état-civil, ou encore accueil des élèves sur le temps scolaire), il n'en n'est rien pour le temps périscolaire. Le choix de la municipalité est abusif, non efficace et antisocial.


A cette dimension s'ajoute un autre problème, la suppression de la Nouvelle Bonification Indiciaire (NBI). la municipalité explique que c'est à la demande du commissaire de  la Cour des Comptes que les agents se sont vu supprimés la NBI. Outre qu'à ce stade il ne peut y avoir que des préconisations, la municipalité n'était pas obligée de le faire en plein mois d'aout, les agents découvrant la baisse de leur salaire au retour de leurs congés. Elle n'était pas obligée de le faire aussi à la hache, indistinctement, ou maladroitement, alors que l'activité de salariés non territorialisés, accueillant toute la population de la ville dans sa diversité (et c'est ce qu'on  leur demande d'ailleurs) ou intervenant dans tous les quartiers de la ville est souvent d'une grande évidence.

 

Cela fait même beaucoup au bout du compte

.

Au bout du compte? et bien non! Car les titularisations sont bloquées, les contractuels remerciés ou en passe de l'être, sans qu'un processus d'accompagnement et de reclassement soit prévu, sans qu'on vérifie la manière dont le service public va continuer à fonctionner pour la satisfaction des usagers de Colombes. Enfin, des réorganisations de services sont prévues (et pourquoi pas) avec des suppressions de pôles, des regroupements de service, sans doute des doublons de personnes, qui seront déclassées, reclassées, remerciées.

 

Le Comité Technique Paritaire qui se réunit aujourd'hui va prendre connaissance officiellement des propositions de la municipalités (officiellement, car les rumeurs se sont répandues très vite). Je suis assez inquiet, là encore, sur la méthode et surtout sur ses suites.

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Published by patrick - dans colombes
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