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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 22:34

Monsieur le Maire, chers collègues,

 

Il nous est demandé de nous prononcer sur le report en 2014 de la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires. Nous sommes évidemment en accord avec cette proposition et notre groupe votera en faveur de ce report.

 

C’est un projet important, première étape d’une réforme essentielle qui doit remettre l’élève au cœur des préoccupations de la communauté éducative. Mais c’est aussi un projet complexe qui appelle à des adaptations dans chacune des écoles colombiennes, et à des réflexions de fond pour ce qui concerne les activités péri et extra scolaires. Les textes officiels évoquent l’élaboration d’un projet éducatif territorial, et dans le cadre d’une concertation locale qui a d’ores et déjà été engagée et qui va se développer. Il nous faudra réfléchir, ensemble, à l’organisation du temps hebdomadaire et aux contenus du temps hors éducation nationale proposés aux élèves dans leur semaine d’activité scolaire.

 

Il faudra concevoir, avec les quelques 400 professeurs des écoles, les quelques 300 animateurs, les 300 agents municipaux intervenant à titre divers dans les écoles, mais aussi avec ceux et celles qui participent au dynamisme de la commune et à l’encadrement et à l’éducation sportive ou culturelle des enfants, tels les clubs sportifs, le Conservatoire, les associations, … et évidemment les parents d’élèves et leurs représentants, l’évolution des rythmes, il faudra concevoir, donc, l’organisation matérielle et financière des heures libérées…

 

De ce point de vue, la crispation sur les rythmes scolaires à laquelle on assiste est contre-productive. Elle écarte un fait pédagogique majeur : ce qui fatigue l’enfant, d’abord et avant tout, c’est l’échec. Ce dont il a besoin plus que tout, c’est d’une pédagogie qui l’aide à focaliser son attention, qui lui propose des contenus de savoirs mobilisateurs, qui l’accompagne dans son travail pour qu’il en améliore sans cesse la qualité, qui valorise ses réussites et lui permette d’accéder, grâce à des médiations adaptées, aux grandes oeuvres de notre culture.

 

Gardons en tête l’intérêt de l’enfant et saisissons-nous avec les colombiens et les colombiennes de cette réforme pour participer à sa réussite.

 

Je le redis, et je sais que chacun ici en est convaincu, cela ne peut se faire sans une concertation locale.

 

Il s’agit là d’un temps nécessaire qui concerne tous les acteurs locaux de l’éducation : les parents, les enseignants, la municipalité, les associations et structures à but éducatif…. La mise en œuvre de cette réforme doit être préparée sérieusement sans perdre de vue les contraintes budgétaires et organisationnelles. Ce sera également l’occasion de s’orienter vers une évaluation globale des dispositifs destinés aux secteurs péri et extra scolaire. D’ailleurs, nous n’imaginons pas qu’il puisse en être autrement.

 

Les écologistes estiment que cette réforme est nécessaire : nous partageons les critiques contre la réforme Sarkozy-Darcos imposée en 2008, qui a abouti à des dysfonctionnements graves en terme de chronobiologie pour tous les enfants, avec moins de journées de classe et des journées plus lourdes, l’exacte inverse de ce que préconisait les chercheurs en sciences éducatives. Tous les professionnels de l’enfance, tous les pédagogues en conviennent : les rythmes scolaires actuels n’ont pas été mis en place dans l’intérêt de l’enfant et ne collent pas à leur façon d’apprendre. Il fallait bel et bien agir, le retour à la semaine de 4 jours et demi constitue en cela un progrès.

 

Nous n’oublions pas également que cette réforme s’inscrit dans un projet d’ensemble pour la refondation de l’école, dans le cadre d'un service public de l'éducation nationale rénové, qui va lui-même dans le bon sens, avec la refonte de la formation des enseignants, la création d’écoles supérieures du professorat et de l’éducation destinés au rétablissement de la formation initiale pour les enseignants, la création d’un cycle unique, la création programmée de 60 000 nouveaux postes sur 5 ans, l’école primaire comme grande priorité, la scolarisation précoce des moins de 3 ans dans les zones prioritaires, et le principe de plus de maîtres que de classes avec une priorisation sur les zones en difficultés.

 

Tous ces points sont positifs et montrent que la question des rythmes scolaires n’est qu’un élément de cette refondation d’ensemble.

 

Nous savons tous que la refondation de l’école concerne des pans entiers de la société, mais aussi l’ensemble des acteurs de l’éducation (nouvelles pratiques d’évaluation des apprentissages, réelle égalité des droits à l’éducation et la formation tout au long de la vie, prérecrutement des enseignants dès la licence, revalorisation du statut de professeur des écoles, mal rémunéré en comparaison avec leurs homologues du secondaire ou leurs collègues des pays voisins), et que nos modes de vie sont appelés à être réinterrogés (fermeture des entreprises l’été, familles éclatées/recomposées). Nous appelons à un véritable débat public sur ces questions dans les prochaines années, car il ne saurait y avoir de décision autoritaire à ce qui relève d’une complexité croissante.

 

Patrick Chaimovitch

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Published by patrick - dans colombes
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