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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 23:39

J'avais décidé, avec le soutien de mon groupe, de centrer mon intervention non pas sur les enjeux de planification et d'aménagement du territoire de la boucle nord, mais sur son volet écologique. Mais face à l'indigence des interventions de l'opposition municipale, et à son approche plutôt rétrograde, je n'ai pu m'empêcher de réagir à ses propos, avant de revenir au coeur de mon sujet (intervention visible sur le site de la ville).  

 

Conçus comme des dispositifs liés aux gares du Grand Paris par l’ancien Président de la République, les CDT sont devenus, par la loi Duflot de janvier 2013 instituant un inversement de la hiérarchie de la norme législative, un élément du cadre de la planification et de la contractualisation en Ile-de-France, outil de la mise en œuvre du SDRIF, ceci pour une durée de 15 ans. Environ une vingtaine de CDT sont approuvés ou en cours d’élaboration, structurant peu à peu le cœur de l’agglomération francilienne. Les débats parlementaires sur l’achèvement de la carte intercommunale et la définition de la métropole parisienne viendront structurer institutionnellement cette organisation spatiale.


 Le territoire du CDT de la Boucle Nord de la Seine se situe en position stratégique entre la Défense et le port de Gennevilliers puis la Seine- Saint-Denis,  et est fortement connecté à Paris.

Il abrite 260 000 habitants et 105 000 emplois sur une superficie de 30 km². Colombes avec un peu plus de 85 000 habitants est la commune la plus peuplée.


Le CDT vise à favoriser la mise en œuvre de projets communaux qui, mis en synergie, constitueront la trame d’un projet de territoire et de coopérations intercommunales.


Un des aspects que je souhaite développer ce soir, nul ne s’en étonnera, concerne le développement durable. En effet un des défis auquel nous sommes confrontés – élus, acteurs économiques, habitants - consiste à promouvoir le développement de la boucle nord dans une perspective de durabilité au sens écologique du terme, c’est-à-dire économiquement viable, socialement équitable, et soutenable d’un point de vue environnemental.


Sans revenir sur la présentation qui vient d’en être faite, on constate que, si la dimension environnementale est bien appréhendée dans l’accord-cadre, puis dans les fiches-projets qui l’accompagnent dorénavant, elle n’y est pas mise en relief. Or il s’agit d’un élément transversal des politiques publiques proposées dans le CDT en terme de mobilités, d’habitat et de développement économique, d’ailleurs souvent présentes, à des degrés diverses, dans les politiques locales. Il est d’ailleurs étonnant que ni le bureau d’étude chargé de la conception du CDT, ni les services de l’Etat en charge de son pilotage n’aient portés une attention suffisante sur ce point. Alertés par les élus écologistes de la boucle nord, les maires des 4 villes, à la demande du maire de Colombes, ont demandé lors du comité de pilotage du 4 juin à ce que cette dimension soit réintégrée dans le chapitre introductif du CDT. Ce sera le cas lors de l’enquête publique, dès lors qu’une formulation sera écrite pour être en cohérence avec l’évaluation environnementale.  

D’ailleurs, celle-ci, assez exhaustive, en s’appuyant sur les objectifs du CDT contenu dans les  fiches-projets du CDT, analyse les dynamiques territoriales et les tendances d’évolution au prisme des enjeux environnementaux.


Plusieurs points sont à relever, qui sont une sorte de guide pour le travail à engager par le SIEP qui sera créé, si vous en êtes d’accord, pour initier le CDT.


Tout d’abord, un point qui pourrait s’avérer positif : d'après les simulations spécifiques aux CDT faites par les services de l’Etat, la somme des projets (renforcement des trames vertes, réalisation de 1660 logements bien isolés par an, de mètres carrés de bureaux, de transports collectifs s’ils sont accompagnés d’un report de la voiture vers le futur réseau ferré du Grand Paris ou du réseau des tramways du STIF) pourrait générer à terme une baisse du bilan  carbone par habitant et par emploi sur la boucle nord.

Mais quelques interrogations surgissent, qu’il faudra savoir arbitrer et régler :

Tout d’abord, l’urbanisation future générera une hausse des déchets des entreprises, des habitants. La complexification des systèmes urbains nécessite une intégration de cette question dans une démarche plus globale, régionale et métropolitaine.

Ensuite, cette urbanisation pourrait générer des problèmes acoustiques d'où une attention soutenue à l’isolation des constructions neuves et un effort accru en direction des bâtiments anciens. 

Nous avons inscrit la réalisation d’un réseau de chaleur destiné à amoindrir les couts de gestion et au final la facture de l’usager. Mais nous avons négligé la réalisation massive d’unités de production d'énergie renouvelable. Sans doute là encore des marges de progrès certaines.

Un regard a été porté sur la constitution d’une trame verte, mais l’accent n’est pas mis sur le lien avec la préservation et l’augmentation de la biodiversité

 En ce qui concerne la question des énergies, le dossier d’évaluation environnementale fait ressortir l’absence de réflexion forte sur la valorisation  des énergies renouvelables, sur l’optimisation des consommations énergétiques et sur le renforcement de l'efficacité énergétique. Là encore des points à travailler dans les prochaines années.


Enfin, la problématique des eaux pluviales et de leur ruissellement par rapport aux risques d'inondation est insuffisamment traitée.


 Vous le constatez, chers collègues, le CDT n’est pas un document ficelé, mais un document stratégique qui ne demande qu’à être enrichi, notamment sur le plan écologique, à travers la prochaine enquête publique, mais aussi à travers la mise en œuvre des différents projets qui le constituent. Il ne faudra pas l’oublier.


 Merci.  

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Published by patrick - dans colombes
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