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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 23:49

La nuit dernière, des coups de feu ont été tirés sur un jeune homme connu des services de police, le blessant aux jambes. Cela est inadmissible, tant pour la sécurité publique que pour la sécurité des familles . P. Sarre a publié dès ce matin un communiqué à ce sujet, très complet et très responsable.

Certains agités du bocal, en période de primaire locale au sein de l'UMP  ont d'ores et déjà twitté: "c'est la faute du maire", ou bien encore "il ne fallait pas désarmer la police municipale", ... alors que les forces de police et de justice sont très mobilisés dans nos quartiers depuis des mois.

Alors, je viens de trouver un article, assez ancien. Il a une dizaine d'année, a été publié dans un journal ni révolutionnaire, ni laxiste qui s'appelait, et s'appelle toujours "au féminin.com".

A l'époque des faits décrits, il y a presque 10 ans, c'étaient Chirac et Sarkozy qui gouvernaient la France. les faits se passaient à Corbeil-Essonnes chez Dassault, à Paris, à la Défense.

Ces faits, bien décryptés par deux sociologues, se sont surement amplifiés, structurés, modifiés. Les sociologues sont des analystes de la société, ils ne prétendent pas apporter des solutions. Ils nous donnent simplement des clés pour comprendre des situations mal maitrisées, et qui, dans le champ particulier des violences urbaines,  sont insupportables au quotidien par tous ceux qui n'admettent pas les dérives délinquantes de quelques individus qui fragilisent ce qui fait société.   

 

"Les nouveaux visages des bandes de banlieue" posté le 2/12/04 à 20:05 http://forum.aufeminin.com/forum/actu1/__f32977_actu1-Les-nouveaux-visages-des-bandes-de-banlieue.html

 

"Au-delà des drames récents et du procès qui s'ouvre aujourd'hui à Evry, les bandes de banlieue ont changé. Elles sont désormais plus mobiles, plus diffuses et se nourrissent de trafics en tout genre. Notre enquête en six volets.

En mars 2002, à Corbeil (Essonne), un jeune homme de 19 ans périssait, poignardé et roué de coups de batte de base-ball. Le procès de quatre des jeunes de la cité de Montconseil, soupçonnés de l'avoir tué à l'issue d'une expédition punitive visant la cité de la Nacelle, s'ouvre aujourd'hui devant les assises d'Evry. Samedi, sur les Champs-Elysées, un jeune de 18 ans est décédé d'un coup de couteau lors d'une rixe qualifiée, à ce stade de l'enquête, d'altercation entre jeunes à l'intérieur d'un groupe .
En mai dernier, dans le XIV e arrondissement de Paris, Amine, 21 ans, atteint de six coups de couteau dont un mortel, payait de sa vie une vieille rivalité entre deux quartiers voisins. Ces morts illustrent de façon tragique l'intensité de la violence que les affrontements entre bandes des quartiers populaires peuvent parfois générer. Les jeunes eux-mêmes - et toujours parmi les plus exclus - sont les premières victimes d'un phénomène récurrent dont notre journal tente, via une série de reportages, de décrypter les nouveaux visages. De l'appartenance à un territoire à la quête d'une valorisation sociale, les mécanismes de la constitution de bandes n'ont guère varié. Dans une même classe d'âge au sein d'un même quartier, les concernés sont toujours les plus écorchés, les plus fragiles , souligne Marwan Mohamed, chercheur au Cesdip (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales). Ce qui a changé, c'est que le phénomène tend à devenir d'autant plus prégnant que la situation d'un chômage de masse s'installe , poursuit son confrère, le sociologue Laurent Mucchielli. Faute d'insertion possible dans la vie adulte via un travail et un logement, juge-t-il, le fait de trouver refuge dans la bande et dans les stratégies de survie - y compris délinquantes - qui s'y rattachent s'enracine dans la durée. Loin de la bataille rangée qui avait agité La Défense en janvier 2001, où des centaines de jeunes des Yvelines s'étaient retrouvés pour en découdre, les rivalités ou les heurts que l'appartenance à ces groupes suscite - ces embrouilles dont les prétextes échappent parfois aux intéressés - semblent en revanche de moins en moins visibles. Dans les années 1990, il fallait toujours que cela se passe à Paris, gare du Nord ou de l'Est, aux Halles ou à La Défense, affirme Marwam Mohamed. Aujourd'hui, c'est de plus en plus en périphérie, dans des rapports de voisinage qui dégénèrent. Il y a un enfermement sur les cités, sans doute du fait du flicage croissant des centres-villes , renchérit Laurent Mucchielli.

Tout de suite de plus en plus violent

Une analyse que confirment plusieurs officiers de police. Les attroupements de plusieurs dizaines de gars qui se battent pour un territoire sont moins courants, même si nous restons confrontés à des petits groupes de quatre ou cinq types qui s'affrontent pour des raisons obscures , souligne un commissaire des Yvelines. L'appartenance à un secteur existe toujours mais est peut-être moins flagrante, décrit un officier de la région rouennaise. Il n'y a plus non plus de descentes de jeunes et de razzias dans les commerces comme on a pu en connaître. Un commissaire de Seine-Saint-Denis nuance : Il n'y a pas d'explosion du phénomène. Mais quand les affrontements se produisent, ils sont tout de suite de plus en plus violents. On est passé du coup de poing au coup de couteau ou d'arme à feu. Si la plupart des spécialistes s'accordent à refuser toute comparaison avec les gangs à l'américaine - y compris dans leur dimension ethnique - l'influence des trafics et de la drogue sur le phénomène est plus controversée. Là où Gérard Mauger évoque une porosité croissante entre les bandes et le milieu (lire ci-dessous), d'autres soulignent au contraire que l'agitation de groupes gêne le bizness . Rien n'est figé, estime un policier du 93. Ni dans le nombre de bandes, ni dans le lien que peuvent avoir certains de leurs membres avec une économie souterraine par ailleurs bien moins organisée qu'on ne l'imagine."

Leparisien.fr

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Published by patrick - dans colombes
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