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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 23:29

La crise actuelle est d’abord celle du modèle du « capitalisme d’endettement » qui a commencé sa domination dans les années 70 et qui implose sous nos yeux. Mais c’est aussi, parallèlement, la crise d’une démesure généralisée qui nous a conduit aux limites de ce que la planète peut supporter comme pression sur ces grands équilibres.


C’est cette analyse spécifique sur la « double crise » qui fonde l’originalité de la réponse écologique tant vis-à-vis de la gauche traditionnelle que de la droite.
 
Nous vivons en ce moment une nouvelle étape dans la décomposition du régime de « capitalisme d’endettement » instauré progressivement depuis les années 70 par des politiques dont les fondamentaux ont été les baisses d’impôts des plus aisés, une modification du partage de la valeur ajouté aux détriments des salariés (en dehors des plus aisés), la déréglementation des marchés financiers et la financiarisation de l’ensemble de l’économie, le recours massif à l’endettement privé comme public pour doper artificiellement la croissance et contrebalancer la montée du chômage, la mise en concurrence des systèmes sociaux et fiscaux dans le cadre de la mondialisation, et le développement d’une politique sécuritaire pour gérer les conséquences anti-sociales de ces politiques.
 
Ce cycle se termine dans la douleur. De nouvelles politiques sont à inventer qui passent nécessairement par une simplification massive de la finance, une modification du partage de la valeur ajoutée, un non remboursement partiel des dettes accumulées, et une réduction des inégalités. Un programme qui peut largement s’inspirer de ce que fit Roosevelt aux Etats Unis après la crise de 1929 en adoptant par exemple un taux marginal d’impôt sur le revenu pour les très riches de 90 % et en limitant considérablement l’innovation financière de l’époque.
 
Mais la crise actuelle est aussi celle d’un mode de développement qui nie la finitude du monde. La rareté généralisée des ressources (minerais, pétrole, terres arables, eau…) et notre incapacité à limiter de manière soutenable les conséquences de notre activité sur les grands équilibres naturels (climat, biodiversité…) nous conduisent à une autre faillite, la faillite écologique. C’est pour cela que la sortie du cycle entamé dans les années 70 ne peut passer par une fuite en avant basée sur toujours plus de consommation et de croissance du PIB dans les pays riches. 
 
Nous devons donc à la fois utiliser les mesures qui ont fait leurs preuves dans le passé, mais aussi innover car la pensée keynésienne traditionnelle continue de raisonner dans un monde infini. Le projet écologiste propose des mesures qui répondent à la double crise pour assurer une soutenabilité complète, écologique sociale et financière. Nous faisons notamment les propositions suivantes :
 
- Pour réduire les inégalités ET pour changer notre rapport à la richesse et à la consommation, nous proposons d’instaurer un revenu maximum à 500 000 euros par an, sous la forme d’une fiscalité dissuasive pour les revenus supérieurs à ce seuil. Même si cela semble sorti de notre mémoire collective rappelons que le taux d’imposition des très riches en France jusque dans les années 50 était de 90 %.
 
- Pour réaliser les investissements nécessaires à l’indispensable conversion écologique de notre économie ET pour limiter le pouvoir prédateur des marchés financiers, nous proposons de flécher plusieurs dizaines de milliards d’euros de l’épargne actuelle des français vers des investissements écologiquement utiles et financièrement rentables qui ne passeraient plus par les marchés financiers mais par la Caisse des dépôts.
 
- Pour répondre à l’explosion des dépenses contraintes  (énergie, charges, loyer…) qui minent le pouvoir d’achat ET pour diminuer la pression que nous exerçons sur la planète tout en créant massivement des emplois largement non délocalisables nous proposons des investissements massifs dans les économies d’énergie comme l’isolation des logements. Ces investissements peuvent être financés même dans un contexte d’endettement public important car ils sont financièrement rentables grâce aux économies de consommation énergétique réalisées sur une vingtaine d’années. Un plan massif peut donc être financé sur l’épargne sans passer par le budget de l’Etat.
 
Ces trois exemples montrent qu’un programme juste et responsable de sortie de crise et de préparation de l’avenir est possible. Le monde ancien se meurt. A nous de contribuer à faire naitre le nouveau.

Pascal Canfin

 

les echos.fr. (http://lecercle.lesechos.fr/node/37158)

 

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Published by patrick - dans économie
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