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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 13:41

2553315664_7681c2fcc6.jpgLa France compte près de 4 millions de chômeurs hors travailleurs précaires. Alors que les perfusions à l’économie, prime à la casse en tête, lui redonnent une stabilité de façade, le chômage explose. Et pour ceux qui gardent leur emploi, la pression s’accentue.

Aujourd'hui, hors les écologistes, plus personne n'ose parler de solution au chômage de masse. En plus de la reconversion écologique de l'économie,  la réduction du temps de travail , promue il y a 20 ans par Pierre Larrouturou, et qui est désormais tête de liste d'Europe Ecologie dans les Hauts-de-Seine, est une des solutions.

Les 35h ont été une étape, malheureusement mal ficelée et parfoiscontre-productive. Il était nécessaire de systématiser les embauches et conditionner strictement les aides, de rendre attractif plutôt qu’imposer, de protéger les bas salaires, d’articuler le dispositif avec les besoins de formation et l’épanouissement personnel. Il est indispensable de reprendre ce dossier qui permet le maintien du potentiel de production, la stabilité des coûts, la stabilité (ou la hausse) du revenu disponible des ménages, et l'absence d’aggravation du déficit public


Face à la hausse phénoménale de la productivité au cours des dernières décennies, face aux perspectives de croissance tellement incertaines, nous devons aujourd’hui faire un choix fondamental. nous ne pouvons pas laisser faire les néo-libéraux qui eux  n’ont pas besoin d’être courageux pour arriver à leurs fins. Il faut donc relancer le débat sur la généralisation des 35 heures. Car la  question n’est  pas d'être « pour ou contre la RTT ? » mais « quelle est cette RTT ? ». Une RTT faite de précarité et de violence sociale ou une RTT , adossée à la transformation écologique de l'économie, et négociée collectivement, sans baisse de revenu pour le plus grand nombre et avec plus de 1.500.000 nouveaux emplois à la clef ?

Comme les choses sont parties, l’emploi devrait encore reculer de plus de 1% en 2010 simplement, comme disent les économistes, pour retrouver le « niveau de productivité » d’avant la crise. Comme les entreprises augmentent en général leur productivité de 1,5% par an, cela veut dire qu‘il faudrait une croissance de plus de 2,5% pour créer significativement des emplois Ce n‘est visiblement pas la tornure que prennent les choses. On prévoit même une perte de 300 000 emplois supplémentaires.
.Face à la montée constante du chômage, il faut encourager la croissance …en emplois, solution intéressante pour aller vers une société de pleine activité, totalement différente de la croissance du PIB. Qu’est-ce que cela signifie?
Plutôt que de licencier massivement dans les entreprises et organiser « des plans de réduction des effectifs » le plus souvent mal ficelés, il faut remettre au gout du jour quelques solutions qui peuvent permettre à des centaines de milliers de foyers de moins mal supporter cette période si difficile: réduire le temps de travail, cesser de subventionner les heures supplémentaires, avoir recours aux emplois publics, développer les emplois aidés (rappelons-nous les emplois-jeunes). C’est-à-dire tout le contraire de ce que Sarkozy, cadenassé dans sons idéologie libérale, met en œuvre. Cerise sur le gâteau: il serait temps de passer à la reconversion écologique de l’économie, seul vecteur d’avenir pour les entrepreneurs, pour les salariés et pour la planète. CQFD.

Au lieu de cela, que nous a prposé le gouvernement? Permettre aux entreprises de moins de 10 salariésde recruter des personnels au niveau du SMIC sans payer des cotisations sociales. Or compte-tenu de l’activité de ce type d’entreprises, il est évident qu’elles auraient peu ou prou recruté le même nombre de salariés, car ce qui caractérise ces sociétés, c’est bien la précarité et le turn over. Par contre, d’une part c’est une perte nette pour le financement de la protection sociale, d’autre part cela n’aide pas l’économie française à s’organiser dans la mondialisation concurrentielle.
Seconde trouvaille, le plan jeune: qui consiste à inciter à l’embauche de jeunes en alternance en supprimant les cotisations sociales. Résultat? Absolument médiocre quant à la réalité des embauches.
Troisième invention : encourager les chômeurs à créer leur propre entreprise grâce à Nacre (Nouvel Accompagnement à la Création d’Entreprise) : quel joli nom! Sauf que dans le contexte de crise actuel, ce dispositif  peut leur faire perdre le peu de biens qu’ils doivent investir.
Enfin, il est conseillé aux chômeurs de devenir autoentretenus, en étant encore une fois exonéré des cotisations sociales, ce qui pose la question de la concurrence déloyale avec les artisans.
Parmi d’autre mesures, plus efficaces: l’amélioration et la durée de l’indemnisation du chômage partiel, qui, vu son ampleur (un peu moins de ½ million de salariés au second semestre 2009), risque peu d’être étendue en 2010.
Et enfin, petit retour sur les statistiques du chômage, la CRP (convention de reclassement personnalisée) et le CTP (contrat de transition professionnelle) :.environ 150 000 salariés licenciés (85% pour la CRP, 15% pour le CTP plus favorable mais limité en bassins d’emplois) ont bénéficié de ces dispositifs en 2009. Ces personnes sont censées, grâce au Pôle Emploi et ses sous-traitants - si, si, le pôle emploi sous-traite au privé- retrouver un travail. Peu importe quand: elles sont d’office sorties des statistiques du chômage..

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Published by patrick - dans économie
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