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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 22:12

q.liberation.fr-copie-1.jpgArrivée ce vendredi à Athènes, la candidate EELV accable les créanciers de la Grèce. Et appelle François Hollande à renoncer à l'objectif de 3% de déficit en 2013.

 

La candidate EELV à la présidentielle est arrivée vendredi en Grèce pour un séjour de deux jours. A quelques pas de la place Syntagma, où a lieu une manifestation d'étudiants contre l'austérité, elle proteste contre les «ravages» de l'ultra-libéralisme, et appelle François Hollande à revenir sur l'objectif de 3% de déficit en 2013.

 

Quel est le sens de votre venue à Athènes ?  

Je porte un message politique fort au peuple grec : ne vous laissez pas aveugler par les oukases de la Troïka, qui fait supporter le poids de la crise, et de ce qu'elle pense être le redressement de l'économie, par la population. Il existe d'autres voies, et le changement est proche. Il faut attendre les élections françaises et allemandes, et nous en finirons avec les politiques ultralibérales portées par le FMI et dont nous avons vu les ravages dans beaucoup de pays.

 

Comment qualifieriez-vous l'état actuel de la démocratie grecque ? 

Il est urgent de revenir à une véritable démocratie, que l'opinion ait son mot à dire. Il faut donc que l'élection prévue pour le mois d'avril ait bien lieu. Il est insupportable que la Troïka puisse pousser à conserver ce gouvernement technocratique.

 

Les banques aussi ont été mises à contribution, et ont dû accepter des pertes de 70% sur leurs créances. Est-ce suffisant ?  

Les banques ont accès à très bon marché aux ressources de la Banque centrale européenne, puis elles rachètent la dette publique avec des taux très élevés, et font donc des bénéfices très élevés, qui déterminent aussi les bonus des dirigeants. On voit que les sommes auxquelles elles doivent renoncer ne sont pas suffisantes, avec une dette publique grecque qui reste à 160% du PIB à cause de la récession.

 

Est-il certain que la Grèce ait toujours intérêt à rester dans la zone euro ?  

Quand un pays fait défaut, il lui est difficile d'emprunter de nouveau. Cela le condamne à des taux d'intérêt faramineux, à des budgets en équilibre. Or, ici, la ressource fiscale n'est pas bien identifée parce qu'il y a eu trop d'électoralisme, de corruption. Il faut donc lutter contre la fraude fiscale, et cela peut commencer tout de suite. Et il faut que l'Europe, à traité constant, comprenne que la situation de la Grèce est dangereuse pour elle aussi.

 

Que pensez-vous du mécanisme de solidarité européen, que les socialistes ne voteront pas en raison de son lien avec le traité instaurant une «règle d'or» ? 

Le mécanisme de solidarité est une bonne chose, mais nous savons aussi qu'il est insuffisant pour faire face à la crise si elle se propageait. Par ailleurs, le traité gravant dans le marbre les 3% de déficit n'a pas de sens, il limite la possibilité d'action des gouvernements. Il faut mettre un frein à l'endettement, mais ce chiffre à atteindre dès 2013 est absurde. On risque de casser la société. J'espère que François Hollande assouplira sa position sur ce point.

 

Recueilli par Dominique Albertini (à Athènes) Liberation, 17/02/12

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Published by patrick - dans europe
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