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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 22:12

A Fukushima la situation est toujours critique. Trois ans après le séisme à l’origine de la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima, la situation reste plus que jamais extrêmement dangereuse pour la population, hors de contrôle et sans solution à court terme.

 

Sur le plan sanitaire :
Nombre de personnes réfugiées suite à la catastrophe approche aujourd’hui les 300 000. Les études sanitaires montrent les premiers cas de cancer sur les enfants, la diminution du nombre de neutrophiles chez les enfants qui sont du coup plus sensibles aux maladies, la survenue de 1600 décès prématurés liés au stress de l’évacuation suite à la catastrophe.


Mais il y a de fortes chances que les informations sanitaires s’arrêtent à peu près là. En effet, l’AIEA a signé en fin d’année 2013 un protocole d’accord avec l’Université Médicale de Fukushima. Ce protocole précise que les 2 signataires vont garantir « The confidentiality of information classified by the other Party as restricted or confidential». Ce qui en français courant empêche toute personne de connaître la réalité de la situation et qui représente indéniablement une reprise en main inquiétante par le lobby nucléaire d’informations cruciales.

 

Sur  le plan économique :
La catastrophe de Fukushima a un coût exorbitant. TEPCO indemnise à hauteur de 715 euros par mois les personnes ayant subi le stress de l’évacuation. Cette indemnisation pourrait s’arrêter en février 2015 alors que le stress ne sera sans doute pas plus réglé que la situation des personnes évacuées le plus souvent encore en situation très précaire. Cette partie indemnisation va coûter à TEPCO 35 milliards d’euros selon ses propres estimations. Si on ajoute à cela le cout de la décontamination, le chiffre qui est avancé par les autorités japonaise est de 100 milliards d’euros. Dans un pays très endetté (puisque la dette du Japon atteinte 225% de son PIB), cela pèse de manière considérable sur les finances publiques. D’autant que la catastrophe a aussi dégradé de manière conséquente la balance commerciale en diminuant les exportations et augmentant les importations.

 

Sur le plan de la contamination :
La catastrophe est loin d’être réparée, elle est aussi loin d’être sous contrôle. Les efforts de décontamination ont été importants pourtant ils sont largement insuffisants. 59% des maisons des 58 communes contaminées ont été décontaminées. Et TEPCO reconnaît elle même qu’elle couvre uniquement un tiers des besoins de traitement de l’eau contaminée. Les besoins estimés par l’entreprise étant très probablement inférieurs aux besoins réels de décontamination.

 

TEPCO ainsi que les autorités japonaises sont par ailleurs mises en cause sur une sous-estimation assez systématique des degrés de contamination. Soit quand ceux ci sont très importants comme c’est le cas lorsque la contamination dépasse 2000 becquerel et donc sature les instruments de mesure, soit dans les aliments par exemple. C’est la raison pour laquelle partout dans le pays, des citoyens se sont formés à la mesure de la radioactivité et constatent la sous-estimation dénoncée mais également une augmentation générale du niveau de radioactivité constaté.

 

On estime à 20 à 30 ans minimum la période encore nécessaire à la décontamination et au démantèlement. 20 à 30 ans durant lesquels la corrosion due à l’utilisation d’eau de mer continue et 20 à 30 ans durant lesquels la radioactivité continuera sa dispersion invisible, 20 à 30 ans durant lesquels cancers, malformations, fausses couches se développeront. 20 à 30 ans durant lesquels il y a fort à parier que les contrôles de radioactivité diminueront progressivement, c’est déjà le cas de plusieurs dizaine de milliers de produits importés en Europe en provenance du Japon.

 

Quelle politique énergétique peut prendre de tels risques ? Europe Ecologie Les Verts rappelle son attachement ferme à la sortie du nucléaire en France et au développement de filières d’excellence autour de la décontamination, du démantèlement afin de pouvoir aider tous les pays qui en ont besoin dans leurs projets de sortie de cette énergie sans futur. Dans l’année qui a suivi la catastrophe, le Japon a réussi à baisser sa consommation d’électricité de 17%. Diminuer de 25% notre consommation d’ici 2050 comme l’exige le facteur 4, engagement pris par la France, apparaît donc comme un objectif très atteignable. A condition toutefois de ne pas nous laisser berner par le discours d’Areva ou d’EDF de prolongation à tout prix (au sens propre) et au mépris des risques des centrales actuellement existantes.

 

communiqué EELV

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Published by patrick - dans environnement
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