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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 00:27

Le discours sur l’universalisme républicain échoue à faire reculer concrètement les discriminations et les inégalités. Une bonne partie de ces discriminations et de ces inégalités appelle des stratégies extrêmement concrètes, avec des moyens, des indicateurs pour suivre l’évolution des mentalités et de la situation réelle sur le terrain.

C’est tout un champ nouveau qu’il faut explorer, et ce n'est pas le soit-disant débat sur l'identité nationale qui fait progresser les idées des français. Ou alors examinons-le au prisme des inégalités et des discriminations.

On a les expériences des femmes ou celles des personnes handicapées et des minorités sexuelles qui n’ont avec les populations noires, maghrébines ou asiatiques qu’un seul point commun, celui des discriminations. Donc, évidemment, il est hors de question de plaquer des propositions uniformes sur des situations très différentes, et au contraire il faut mobiliser des stratégies qui tiennent compte de leur diversité.

Par exemple, en terme d’emploi, il y a des discriminations à l’embauche, à la mobilité professionnelle ou alors ou à la promotion professionnelle, mais ça se passe sur fond de pauvreté qui conduit des populations entières à être reléguées dans des quartiers qui ne sont pas desservis par des transports en commun, dont les services publics ont disparu et dans lesquels il n’y a pas d’emploi. Donc on a besoin de garantir à toutes les populations l’accès aux politiques de droit commun. Il faut donc le respect de la règle commune pour tous.

Comment faire respecter les égalités : les symboles sont importants. Mais si c’est pour que des dizaines de milliers de femmes seules avec des gosses continuent à se lever à quatre heures du matin pour aller nettoyer des bureaux dans les Hauts-de-Seine, avec des salaires qui les confinent en dessous du seuil de pauvreté, on n’aura pas fait avancer grand chose. Donc, il faut aller au delà des symboles.

Concrètement, en matière de logement, ça ne sert à rien d’affirmer un droit théorique au logement si l’on ne construit pas des logements nouveaux, et si dans les logements nouveaux qu’on construit il y a essentiellement des habitats destinés aux classes moyennes et non aux classes populaires. Il ne suffit pas de décréter la mobilisation générale contre l’échec solaire si dans la réalité concrète un gamin qui est dans un quartier de relégation sait très bien dans sa tête, avant la 5ème, que l’école n’est pas pour lui. Donc ça veut dire, concrètement, mobiliser des moyens plus importants pour des classes à petits effectifs dans les quartiers difficiles. Ca veut dire identifier les premiers dérapages à l’école pour mettre en place un soutien personnalisé. Ca veut dire surtout, cesser d’avoir une société à deux vitesses dans laquelle certains pourraient alléger leurs impôts en retirant les sommes versées pour le soutien scolaire alors que d’autres devraient se débrouiller avec la culpabilité de laisser leurs gamins seuls quand ils rentrent de l’école parce qu’on doit aller travailler pour un salaire de misère. C’est un projet de justice sociale d’abord.

Or les discriminations se surajoutent. La discrimination liée à la pauvreté, au sexe, à la couleur de la peau, au quartier d’origine, se superposent. Il faut donc garantir à tous l’action des politiques de droit commun, ce qui permettrait aux politiques de lutte contre la discrimination d’être plus efficaces après.

A nouveau, à quelques mois des élections régionales, la Droite veut remettre l’immigration au cœur du débat public et médiatique, et assimiler étranger, délinquance et insécurité. Le débat lancé par Eric Besson sur l’identité nationale est un faux débat, il est pipé par avance.

Parler des résidents étrangers comme une menace pour la cohésion nationale et pour l’emploi.est un discours inique. La réalité, c’est que l’Europe vieillit et que tout le monde est d’accord pour dire qu’il faudra 20 à 30 millions d’actifs supplémentaires dans l’UE pour maintenir le niveau entre les actifs et les inactifs, donc même dans une logique purement économique, on a besoin d’accueillir des gens nouveaux.

Est-ce que c’est seulement un problème économique ? Non. la France s’est construite au départ par des identités régionales très différentes qui ont toutes contribué à fonder notre identité et notre cohésion, ensuite elle s’est enrichie au fil du temps de tout un tas d’apports. Ca a été des Polonais, des Italiens, des Portugais. Puis ça a été des Algériens et des Marocains. Et aujourd’hui, ce sont  des Maliens ou des Sénégalais. Ca a souvent été aussi des gens issus de la francophonie. Donc, l’immigration n’est pas un sujet d’inquiétude du tout. Alors, je suis pour la régularisation des sans-papiers et pour le droit de vote des résidents étrangers.

Au fond, il  n’y a que les gens de droite qui demandent si les régularisations seront « massives ». Comme si « massif » c’était inquiétant. On considère, dans le cinquième pays le plus riche du monde, qu’accueillir 70 000 personnes par an, c’est massif  Jusqu’à preuve du contraire ces immigrés sont là, ils travaillent, ils payent des impôts, leurs enfants vont à l’école, ils ont des logements dégradés, donc on admet qu’il vaudrait mieux qu’ils puissent profiter des règles communes plutôt que de se voir exploiter de tous les côtés. Il n’y a là rien de massif.

Colombes a une longue tradition d’accueil. Elle est un vrai condensé de notre République avec sa pluralité sociale et culturelle.C’est l’ensemble des citoyens de notre commune que nous voulons traiter sur un pied d’égalité, car la force de Colombes c’est justement sa diversité, qui ne demande simplement qu’à être unifiée par un projet fédérateur.

De nombreuses familles auxquelles est refusée la nationalité française vivent depuis plusieurs années dans notre commune. Elles sont, par ce simple constat, citoyennes de Colombes à part entière.

Beaucoup d’entre elles participent activement au développement de la ville, pour certaines sur le plan économique, pour d’autres sur le plan sportif ou culturel. Un certain nombre sont très actives dans le milieu associatif. Il est donc légitime de leur donner la nationalité

Française.  Souvent, pour une partie d’entre elles, la procédure de naturalisation a été longue - un vrai parcours du combattant - pour devenir français et la France s’honorerait à mettre en place une procédure plus souple, plus simple, plus rapide plutôt que d’ergoter sur l’identité nationale.

 

Par ailleurs, Le 21 mars dernier, la municipalité a organisé une cérémonie de parrainage des sans-papiers comme geste de résistance civique face àl a politique migratoire voulue par le Président de la République et son gouvernement, pour aider les sans-papiers à sortir d’un enfer quotidien où les conditions de vie sont chaque jour aggravées, où les droits inaliénables de chaque être humain sont bafouées : droit de vivre en famille, droit de travailler, droit même d’exister en tant qu’individu dans notre société.

 

Des lois de circonstance sont édictées plus par calcul et intérêts politiciens qu’au nom de principes, de valeurs, de plus en plus vidées  de sens, promouvant la générosité et l’ouverture aux autres.

 

la Fraternité ne s’exerce pas sous condition, elle n’est pas réductible à la couleur de la peau, à un pays d’origine ou au parcours personnel d’un individu.

Depuis que l’Etat a décidé de pénaliser à outrance les conditions de séjour des étrangers en situation irrégulière, les arrestations se multiplient, jusqu’aux abords de nos écoles publiques et cela dans des conditions inacceptables. On a vu même des policiers recourir à la ruse, se faisant passer pour des membres de l’Education nationale, afin de convoquer des parents.

 

Quelle est cette République, quel est ce gouvernement qui donne de telles instructions à sa police.

Quelle est cette République qui s’en prend systématiquement aux plus faibles, aux plus démunis, aux plus fragiles.

Que dire de ces mesures d’exceptions, de ces législations discriminatoires sur le droit des étrangers, sur le regroupement familial, sur les travailleurs migrants ?

Que dire des conditions de rétentions, des conditions d’expulsion qui conduisent parfois à la révolte des migrants en instance de reconduite à la frontière.

 

Quand la police, agissant sous la contrainte, traque à l’aurore des enfants de sans-papiers au point qu’ils se défenestrent,

Quand des enfants malades sont reconduits dans leur pays d’origine alors que l’on ne pourra, là-bas, les soigner,

Quand des travailleurs sans-papiers doivent se mettre en grève pour faire reconnaître leurs droits.

 

Alors à quoi bon débattre de l’identité nationale, parlons plutôt des discriminations sociales, environnementales,  de l’égalité des droits et de leur accès.

 

 

 

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Published by patrick - dans société
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