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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 22:30

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Le risque existe, et existera toujours, mais quel est le niveau de risque que nous jugeons acceptable. Il n’existe pas de stratégie de prévention nationale des PPRI . En fait, ce n’est plus la fréquence des catastrophes qu’il faut envisager, mais la capacité des territoires à les supporter. 

Contrairement à ce qui a été dit les premiers jours, les récentes inondations dramatiques de Draguignan et de sa région ne sont pas les premières.

Au delà de la discussion sur la rareté de l’événement, il faut s’interroger sur la capacité des territoires à supporter les inondations. Ce que nous n’acceptons pas collectivement pour les incendies, à savoir  des morts, nous l’acceptons pour les inondations, comme pour la route..

Pourtant les événements graves se multiplient et les mêmes erreurs continuent en toute impunité.

« On n’avait jamais vu ça ». Que n’entend-on pas cette phrase, à propos de chaque catastrophe. C’est le cas encore cette fois dans le Var où les inondations ont fait au moins 25 morts, des disparus et des dégâts considérables.

Malheureusement cette phrase ne dit pas toute la vérité. Certes les personnes, traumatisées, énoncent ce qui est, ce qu’elles ont vu, ce qu’elles ont vécu.

Mais ce qui est vrai pour elles, ne l’est pas en général.

Le problème c’est quand « on n’avait jamais vu ça »  est repris par tout le monde, élus, techniciens, journalistes. Car ce n’est pas vrai.

Ce n’est pas vrai pour deux raisons :

  • Parce que les régions touchées l’ont souvent été par le passé. Et c’est le cas de  Draguignan.  
  • Et aussi parce que ce type d’événements ne s’est pas produit que là. C’est souvent arrivé par le passé, ailleurs, et survient de plus en plus aujourd’hui, dans de nombreux endroits.

La façade méditerranéenne et l’arrière pays, par exemple, sont coutumiers de pareilles précipitations et catastrophes  

 Le Plan de Prévention des Risques inondation (PPRI) pour la Nartuby pointe depuis des années "de graves problèmes en cas de crue majeure" dans la commune de Draguignan où la plupart des victimes ont été retrouvées. De surcroît, de nombreuses crues (1974, 1988, 1994, 1996, 2000) ont déjà alerté sur la vulnérabilité de cette zone en cas de précipitations exceptionnelles.   

La mémoire des événements est essentielle. Ainsi Nîmes l’a payé cher, 10 morts et beaucoup de dégâts pour ne pas s’être souvenue de son passé.

Car, les pluies exceptionnelles ne sont pas rares en Méditerranée. L’année 1999 a été particulièrement terrible dans le Sud de la France  avec des hauteurs d’eau qui dépassaient les 300 mm du département du Var. Ainsi les 650 mm à Lézignan d'ans l'Aude.

De l’eau de ruissellement qui … descend !

 On sait ce qui s’est passé dans le département du Var. De l’eau de ruissellement a dévalé de 600 mètres plus haut jusqu’à arriver au niveau de Draguignan (200 m d’altitude), puis jusqu’à la mer. Le sol argileux, les failles, ont accéléré le phénomène. Ce qui l’a aggravé, ce sont les constructions. De 1968 à 2006, la population de Draguignan a doublé. Des constructions ont poussé partout, y compris en zone inondable.

De l’eau de ruissellement, voilà un cas de figure mal pris en compte, et sous-évalué. Pourtant aucun sol ne peut absorber des pluies aussi intenses s’abattant sur des collines très pentues. Le ruissellement devient inévitable. 

 Risques naturels ?

 Le bétonnage des sols, le calibrage des rivières sont des facteurs aggravants de risques qui existent. Certains maires, certains préfets, certains architectes, certains fonctionnaires portent tout ou partie de responsabilité, parfois de façon partagée même si ces responsabilités sont saucissonnées. Pour faire "plaisir", pour accroitre la population, pour "faciliter" les déplacements, pour faire "plus beau", on supprime tous les espaces d'épanchement de l'eau. Alors cette dernière fonce vers l'aval en détruisant tout

  La culture du risque inondation est insuffisante 

 Un pré-rapport sur Xynthia  et les inondations vient d’être publié par le Sénat. Il reconnaît que « la France a une mauvaise gestion des risques naturels ». Ce pré-rapport   estime que « l’urbanisation excessive dans des zones sensibles, la déficience des digues et de leur gouvernance, la complexité des dispositifs d’alerte et de prévision sont des questions débattues depuis des années, mais dont les réponses, souvent quasi unanimes, restent lettre morte ».

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Published by patrick - dans environnement
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