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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 12:44

Aujourd’hui, les conflits puisent trop souvent leurs racines dans les crises environnementales ou énergétiques. Le dérèglement climatique associé aux crises écologiques est d’ores et déjà annonciateur de conflits inédits dans l’histoire de l’humanité. Le caractère multidimensionnel et global des bouleversements qui apparaissent, nous oblige à repenser notre analyse des risques et des menaces sécuritaires et à nous garder de toute posture idéologique.

 

La dégradation accélérée de notre environnement impose dorénavant son rythme et nous conduit à nous adapter dans l'urgence. Les problématiques écologiques et la complexité des réponses – lesquelles concernent à la fois les sciences dites exactes et les sciences humaines – s’accommodent mal de l’inaction. Quant à la politique du déni, elle ne saurait être une solution… durable.

 

Si la question environnementale peine à émerger comme donnée stratégique dans le domaine de la défense, c’est que le monde politique a eu, jusqu’ici, peu d'appétence pour l’écologie. Mais il est juste de dire aussi, que nous, écologistes, n’avons pas su faire le pas vers l’institution militaire. Or, la défense représente le premier investisseur de l’État, le budget de la nation le plus élevé après celui de l’Éducation nationale, le deuxième employeur, mais aussi la première emprise foncière sur le territoire français. C’est précisément sa position si singulière à la confluence des champs politique, économique et social qui fait d’elle l’un des acteurs majeurs de la nécessaire transition écologique de notre société.

 

À partir de ces constats, comment pouvons-nous imaginer une transition énergétique et écologique sans l'institution militaire ? Comment penser la prévention et la gestion de conflits environnementaux sans une collaboration efficace avec la défense ? Enfin, comment concevoir l’assistance aux catastrophes naturelles sans l'armée ? Gardons en mémoire que les conséquences du tremblement de terre en Haïti, du tsunami de la région de Fukushima ou de la tempête Xynthia, en particulier, auraient été impossibles à gérer sans cette institution.

 

Nous détenons tous une partie de la solution pour autant que nous soyons en capacité de parler et d’échanger. N’est-il pas de meilleur moyen de prévenir un conflit que le dialogue ?

C’est précisément l’absence de dialogue entre l’armée et les écologistes qui me frappe dans l’exercice de mon mandat. Pour peu que nous sachions confronter nos idées, il existe de nombreux sujets sur lesquels nous avons des points de convergence.

 

Alors, à partir de la rédaction du Livre vert de la défense, j’ai fait le pari, politiquement risqué, de porter le concept d’une Green Defense européenne pour que les écologistes, aussi, prennent en compte les questions de défense qui les occupent et que la défense intègre mieux la dimension écologiste dans son action, avec l’espoir que cette contribution soit le prélude de débats constructifs qui font la force, la richesse et l’honneur de notre démocratie.

 

Enfin, je voudrais terminer mon propos par ce proverbe amérindien : « Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson, alors ils s’apercevront que l’argent ne se mange pas ». Ensemble, faisons en sorte que cette prophétie ne devienne jamais réalité.

 

Leila AÏCHI

Sénatrice de Paris – EÉLV

Secrétaire de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat

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Published by patrick - dans conflits
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