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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:37

 N. Goueta, interrogée dans un reportage sur le Petit Colombes, a été égale à elle-même. Non, ce n'est pas vrai. Elle a été pire que d'habitude. Ne serait-elle pas en campagne électorale? Il faudra qu'elle fasse attention à son mental, car dans 6 mois elle finira peut-être à l'extrême-droite du Front National.

 

Pourquoi ce petit billet d'humeur?

 

Ce n'est pas à cause des mensonges qu'elle professe sur la video-surveillance dont je ne suis pourtant pas un fan, ni sur les élections de 2008 qu'elle n'a visiblement toujours pas digérées (au conseil municipal, on est un peu blasé depuis 2008). Pour une partie de la droite, le pouvoir ne peut aller qu'à la droite; quand la gauche, quand les écologistes gagnent démocratiquement les élections, alors c'est la catastrophe: la gauche est illégitime parce que seule la droite serait légitime.  il faut vider les comptes-en-banques et transférer le magot en Suisse ou ailleurs; et surgit un cri terrible, primaire: le peuple a tord, le pouvoir est à nous, rien qu'à nous, il faut changer le peuple, voire il faut supprimer la démocratie. N. Goueta fait partie de ces gens qui ne bâtissent pas l'avenir, mais hurlent leur soif de revanche. Quels qu'en soient les ressorts, et les ressorts cachés.

 

Et c'est là que je m'énerve un peu plus. Car l'ancienne maire pratique l'amalgame, s'en prenant à la jeunesse, qui est forcément délinquante, parce que forcément étrangère. Au détour d'un mot qui dit tellement de choses, elle nous replonge dans sa nostalgie du colonialisme, méprisante pour tous ceux et celles qui construisent notre société, jour après jour, quelles que soient leurs origines, leur confession, leurs idées. Il faudra qu'elle relise notre constitution, notamment  ses articles 6 et 7.

 

Est-ce parce que quelques individus se mettent en dehors de la loi en volant,  en trafiquant des armes et de la drogue, que tous les jeunes d'un quartier devraient être mis au ban la société, voire de la civilisation?

 

Ses amalgames douteux qui sortent de son tréfonds m'écœurent. C'est à la mode à droite de franchir les Rubicond et de s'affranchir des digues républicaine pour "faire bouger les lignes". A trop jeter un voile pudique sur les valeurs de la République, la droite, N. Goueta risquent de perdre leur âme, à supposer qu'il leur en reste un peu.

 

J'ai retrouvé un texte de Aimé Césaire, écrit en 1950, qui s'appelle "discours sur le colonialisme" paru aux éditions présence Africaine, qui est d'une modernité incroyable. toute ressemblance avec des événements actuels n'est pas pure coïncidence!

 

En voici quelques lignes:

 

... Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine.

 

Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de 1’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.

 

Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

...

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Published by patrick - dans colombes
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