Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 00:55

Brice Hortefeux vient de signer - avec le plus grand des cynisme -un décret, prêt depuis plusieurs mois,  autorisant à nouveau l’utilisation du pistolet Taser par les policiers municipaux. Un premier décret de 8 lignes autorisant en septembre 2008 l'usage de cette arme n'encadrait  pas suffisamment d'un point de vue juridique cette utilisation.

Cette fois-ci, le décret fait deux pages.

Le taser est une arme dangereuse dont l'utilisation, simple et rapide, a déjà entrainé de multiples bavures. Demain le taser refera donc son apparition. Il faut rappeler que le taser fait partie de ces armes soi-disant "non-létales" dont les conséquences peuvent être désastreuses, comme par exemple pour le flash ball qui a causé plusieurs mutilations comme le 8 juillet 2009 à Montreuil, et le 27 novembre 2007 à Nantes sur un mineur.

Je parle de cynisme, car ce décret a été signé après la fusillade de Villiers-sur-Marne au cours de laquelle une jeune policière municipale a été abattue en mission. Et alors que tout un chacun,  a pu voir et lire l’intense émotion qui a touché l’ensemble de ce corps de fonctionnaires municipau, B. Hortefueux est encore à la manoeuvre politicienne.

Mais le temps, plutôt qu’à celui des décrets,  doit aussi être à la réflexion sur les questions de fond que ce drame soulève

A Colombes, nous avons depuis deux ans reprécisé les missions de la police, nous l’avons réorganisée, nous avons mis en œuvre une politique de formation totalement absente auparavant. Les policiers municipaux ne s'occupent pas de grand banditisme, mais plutôt des incivilités qui pourrissent le quotidien des citoyens. Il y a tout un travail de prévention à effectuer en amont, connaître les gens, établir des contacts permanents.  Sur le terrain, cela doit se concrétiser par énormément de dialogue. Cette communication est essentielle pour désamorcer des conflits, mais aussi pour  remonter des information, des signalements, des secteurs sensibles, mais aussi le sentiment d'insécurité que peuvent avoir certains.

Il n’empêche que pour moi, il y a encore des surprises sur la manière dont l’Etat se désengage comme dans d’autres secteurs publics et se repose de plus en plus sur la police municipale. En conséquence, les missions de la police municipale et celles de la police nationale tendent à se rapprocher. D’ailleurs B. Hortefeux ne déclare-t-il pas qu'il faut «développer une collaboration opérationnelle renforcée de la police nationale avec les polices municipales » ? Aussi nous devons être vigilant à ce que la collaboration  avec la police nationale se fasse avec la garantie de l’absence de risques excessifs pour les fonctionnaires communaux, notamment  en termes de transmission d'informations précises sur une «opération» en cours.

C’est sans doute là que le bât blesse. Et c’est peut-être une des causes du drame de Villiers-sur-Marne.  Finalement, à quoi bon avoir deux polices si elles font le même travail? Hors les nouveaux projets du ministre de l’intérieur visent à favoriser les missions d’’intervention policière par les brigades anti criminalité (les fameuses BAC), poursuivant par là la réduction des effectifs de police, car ces missions sont moins coûteuses en effectifs que la police de proximité. Et pour faire encore plus d’économie, il se prépare à créer des brigades d’agglomération, regroupement de plusieurs BAC.

On comprend ainsi qu’il ait autant besoin des polices municipales.

Nous avons aussi décidé à Colombes de désarmer la police municipale (je ne peux m’empêcher de rappeler cette formule de l’ancien adjoint à la sécurité de N. Goueta, parlant de la police municipale comme « le bras armé du maire » – drôle de conception républicaine) afin de mettre l’accent sur le volet préventif et de proximité de leurs missions que j’ai évoquées  un peu aauparavant.

 C'est donc encore une fois par provocation et démagogie que notre secrétaire d’Etat au sport  a déclaré qu’il fallait armer les polices municipales. Je crois qu’elle devrait plutôt veiller à ce que son collègue du gouvernement recrute les personnels nécessaires aux missions d’intervention de la police nationale, et laisse à la commune le soin d’organiser la sécurité de proximité et la tranquillité publique.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by patrick - dans société
commenter cet article

commentaires