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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 22:44

 

 

 

Je suis bien trop jeune pour avoir connu la première guerre mondiale, mais il m’est arrivé dans mon enfance de croiser quelques anciens combattants. Ces hommes étaient estropiés, abîmés. Ils n’étaient pas en uniformes mais ressemblaient plus à des mendiants. Des rides évidemment, mais parfois cul-de-jatte avec une béquille, ou un bras en moins, ou encore sur des fauteuils roulants. On les voyait ici ou là, à vendre des billets de loteries, les  10èmes de la loterie nationale, édités par l’association des gueules cassées.

 

Enfant, je ne comprenais pas grand-chose, mais ces gens-là tout cabossés me faisaient un peu peur. Plus tard, j’ai lu le Feu de Henri Barbusse, et un peu plus tard encore, j’ai découvert les bandes dessinées de Tardi, et j’ai peu à peu découvert ce qu’était l’héroïsme quotidien de tants de trouffions pétris d’un patriotisme dérisoire, qu’ils soient allemands, français, anglais ou d’autres nationalités, quand ils partaient à la guerre fleur au fusil, mais qui découvraient vite ce qu’était en vérité la grande boucherie. 

 

Le nombre des victimes militaires et civiles s'est élevé à près de 40 millions de personnes : environ 19 millions de morts (9,7 millions pour les militaires et 8,8 millions civils) et 21 millions de blessés.

 

Et pourquoi cette guerre ? Qui aujourd’hui la justifie encore ? Peu de monde. Quel gâchis. Alors commémorer, oui, mais commémorons mais les vrais héros de cette guerre, ces millions de trouffions, tombés au front, ou encore survivants avec leur blessures profondes dans leurs chairs et leurs souvenirs, et pas ceux qui ont en sont à l’origine. Que ceux-là soient blâmés à jamais.

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Published by patrick - dans europe
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