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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 23:55

Promenade parisienne cet après-midi qui m’a amené à la Galerie des bibliothèques de la Ville de Paris, dans le Marais A cet endroit, une exposition retrace l’évolution des grands centres urbains à l’orée du XXe siècle. Malgré une lumière minimale pour ne pas abimer l’ensemble des photographie prises avec des techniques très différentes il y a près d’un siècle, cette exposition fait rêver, voyager, mais aussi toucher du doigt les rapports entre urbanisation, métropolisation et colonialismes, à travers différents continents. Passionnant.

 

Je mets en ligne un article  de F. Poiret paru dans Libération en octobre. L’exposition s’achève le 24 novembre

.

Un appel au voyage. Tel est l’un des propos de l’exposition «Les villes du monde», présentée à la Galerie des bibliothèques de la Ville de Paris, dans le Marais. Dans une scénographie tout en sobriété, le visiteur est invité à découvrir à quoi pouvaient bien ressembler les grandes cités qui s’élevaient sur les cinq continents au début du siècle dernier. L’embarquement s’effectue à Malte, au bord de la Méditerranée, avec une vue du port de La Valette, prise vers 1914 par un certain Paul Lhuillier. La fin du parcours culmine sur les bords du Rhin avec un autre cliché de ce même photographe amateur, devenu médecin à 40 ans, représentant, dans un cadrage spectaculaire, le pont ferroviaire de Kehl, qui relie la ville allemande à celle de Strasbourg.


Autochrome. Pour illustrer ce tour du monde en images, la commissaire de l’exposition, Agnès Tartié (1), a réuni 175 icônes photographiques, dont une trentaine réalisées sur plaque de verre, protégées par des vitrines. Toutes sont issues de plusieurs fonds exceptionnels de la bibliothèque de l’Hôtel de Ville, qui en comptent plus de 40 000. Elles proviennent d’échanges entre la préfecture de la Seine et les municipalités d’autres grandes villes du monde (Florence, Vienne, Toronto, Montréal, New York, Melbourne…).

Certaines ont été envoyées à l’Hôtel de Ville en remerciement, ou à l’occasion de visites officielles. La bibliothèque possède aussi des milliers de documents sur les anciennes colonies françaises, Maghreb, Indochine… D’autres, cédés à la bibliothèque, appartiennent aux fonds Davioud, d’Espezel, Benoît-Lévy et Lausi. Un panorama inédit qui s’étale dans le temps, entre 1870 et 1939, «période qui offre une autre lecture possible de l’exposition» : «Elle correspond à l’évolution de l’objet photographique et à la mutation architecturale des grandes villes», explique Agnès Tartié.


Les clichés exposés sont représentatifs des procédés photographiques, supports et techniques, employés dans cet intervalle spatio-temporel : le négatif sur verre y côtoie la stéréoscopie en noir et blanc, l’autochrome, la carte postale ou le cliché 40 x 60 cm. Dans le domaine architectural aussi, cette période est celle de bouleversements, qui révolutionnent le paysage urbain : nouvelles, infrastructures, gratte-ciel, jardins… Un basculement dans la modernité dont témoigne le rapprochement de certains clichés. Telle cette galerie romaine qui permet de suivre les métamorphoses de la ville, de la Rome ancienne à la période fasciste en passant par la Rome des papes. A l’inverse, Venise semble immuable, insensible au temps qui passe.

Fossé. Dans tous les cas, les photos permettent d’intéressantes comparaisons ou mises en perspective, dans le domaine de l’urbanisme comme de l’architecture. Ainsi que dans les ex- colonies, où se confrontent habitats «indigène» et colonial. Ce qu’illustre parfaitement une vue aérienne de Constantine de 1922, où un fossé semble se creuser entre ces deux mondes.


Côte à côte, ces clichés offrent parfois de magnifiques panoramas, d’une ville à 360°, telle cette perspective de Melbourne. De ces points de vue «images du monde», on n’évite pas, à New York, les premiers buildings, «mais sans en abuser toutefois», précise Agnès Tartié. D’ailleurs, l’exposition montre que les villes américaines n’en ont pas l’exclusivité, bien qu’ils soient nés à Chicago. En 1932, s’élève à Amsterdam le premier projet d’habitat en hauteur : un immeuble de 12 étages et 284 appartements. Un cliché en forme de pied de nez à celle qui, au XVIe siècle, s’appelait la Nouvelle-Amsterdam.


(1) Bibliothécaire spécialisée, chargée du fonds étranger à la bibliothèque de la Ville de Paris.

Dominique Poiret

Libération, 7 octobre 2013

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Published by patrick - dans société
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