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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:53

La concertation nationale organisée par François Lamy, ministre délégué à la ville, vient de s’achever. EELV ne peut que saluer les orientations qui en ressortent : considérer les habitant/es des quartiers comme une richesse et les mettre au cœur de la politique de la ville ; renforcer leur pouvoir d’agir et en faire des acteurs de la transformation de leurs quartiers ; lutter contre les stigmatisations et les discriminations dont ils sont victimes ; faire converger les politiques de droit commun de l’État et des collectivités locales sur les quartiers, en territorialisant une action publique jusqu’ici définie « d’en haut » ; réunir à nouveau l’urbain et le social dans un projet global ; contractualiser à l’échelle de grands territoires, pour mieux organiser la solidarité.

Ce discours nouveau, confirmé par les propos de Cécile Duflot, ministre du logement et de l’égalité des territoires, et par François Lamy, rompt heureusement avec les années précédentes de sarkozysme. EELV ne peut que s’en réjouir, même si nous sommes encore loin du compte.

Ces orientations ne se mettront pas en œuvre sans que soient apportés les moyens :

-      d’une véritable solidarité financière entre  les territoires riches et pauvres ;

-      d’un renforcement du droit commun de l’État au bénéfice des quartiers populaires, alors que le gouvernement s’est fixé des contraintes fortes de retour à l’équilibre budgétaire et vient d’accorder 20 milliards d’euros aux entreprises ;

-      d’une présence accrue des services publics dans les quartiers, alors que la réduction des effectifs dans la fonction publique se poursuit hors secteurs protégés : éducation nationale, justice, police…

En tant qu’écologistes, la place que l’on souhaite voir attribuer aux quartiers se construit dans la transformation du regard, des modes d’action et des perspectives.


EELV souligne un manque très net de proposition sur ce qui pourrait être demain l’économie des banlieues populaires, dans une perspective de transition écologique.
 Les quartiers ont une place et un rôle dans l’économie post-industrielle, celle qui annonce la transformation écologique des quartiers, susceptible de porter par exemple la création de filières vertes de réparation, recyclage et transformation des biens dans les quartiers. La question mérite d’être abordée, à la fois à l’échelle des quartiers, souvent des cités-dortoirs en déficit d’équipements et de services de proximité, et d’autre part à l’échelle plus large des anciens territoires industriels frappés de plein fouet par la désindustrialisation, et où les politiques de renouvellement urbain voient fleurir aujourd’hui des bureaux dans lesquels travaillent des cadres venus d’ailleurs.

Il s’agit également de s’appuyer sur la reconnaissance du rôle qu’ils jouent à leur façon en termes d’accueil et de promotion sociale. Reconnaître les capacités intégratives des quartiers ainsi que de la capacité d’initiative qui les caractérise pour en faire des territoires d’excellence de la conversion écologique.

Dans les quartiers, comme ailleurs, les inégalités sociales, urbaines, économiques et environnementales sont imbriquées. Là plus qu’ailleurs, la précarité énergétique, les nuisances sonores, l’enclavement, l’isolement, la pollution de l’air et des sols aggrave les conditions de vie. La ville durable et le projet social que nous voulons doivent en priorité s’initier dans les quartiers pour en faire rapidement des « quartiers populaires et exemplaires ». L’accompagnement de ces transformations ne se fera pas sans la reconnaissance et le soutien actifs aux acteurs associatifs engagés. De même, les modes de développement alternatifs, reconnaissant et valorisant d’autres indicateurs, monnaies locales, échanges, services, etc. plus largement le recours aux dispositifs de l’ESS, sont autant de moyens à la fois de sortir de la précarité, du surendettement et de la pauvreté mais aussi du modèle de société et de la rigueur imposée par le modèle libéral-productiviste. Enfin, l’accompagnement au développement numérique permettant de valoriser la créativité et le lien social tout en luttant contre l’analphabétisation numérique est une priorité. La transition écologique emprunte aussi ces chemins.

Aller de l’avant et transformer est un objectif, tirer les enseignements et ne pas recommencer est une priorité ! A l’heure où les bidonvilles re-fleurissent au pourtour des agglomérations, le risque existe de retomber dans un modèle de décisions lié à l’urgence sociale qui a conduit à produire en masse du logement de « sauvetage » à défaut de ville, puis de s’en contenter faute de moyens ou d’ambition pour abandonner les habitantEs à leur « quartier». La production nécessaire de logements en quantité doit se fonder dans un projet social sur la qualité urbaine, l’efficacité énergétique, la proximité, l’intensité, la dignité, la créativité et la solidarité…

Enfin, EELV tient à rappeler qu’une véritable refondation de la politique de la ville passe aussi par la fin des contrôles au faciès, la possibilité donnée aux jeunes majeurs étrangers de poursuivre leurs études en France et par le droit de vote aux élections locales pour les étrangers non communautaires.

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Published by patrick - dans ma délégation
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