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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 00:47

La polémique ayant opposé cette semaine le Paris Foot Gay au Créteil Bébel  est un avatar de plus d’une homophobie ordinaire, quotidienne, quasi inhérente au concept même du sport, et non pas un problème communautariste. Il est plus question du vivre ensemble, de l’acceptation de toutes les différences. C’est un problème bien plus profond qui dépasse largement le cadre du communautarisme.

Le Paris Foot Gay, composé pour majorité d’hétérosexuels est un club dont la seule mission est de rappeler à tous l’homophobie larvée du milieu de foot afin de la combattre. Un joueur gay isolé est trop souvent rejeté, stigmatisé, moqué et renoncera tout simplement à jouer au football. Comment espérer que les gays puissent, un jour, être tout simplement des footballeurs comme les autres, dès lors que l’homophobie semble imprégner à ce point ce sport ?

Pour mémoire, une  rare jurisprudence,   favorable aux homosexuels, concerne l’OM >
Le président du TGI de Paris, saisi en référé par l¹association SOS Homophobie et par le club de football PSG, a ordonné le 5 février 2007 au site "supporters-de-marseille.com" de cesser la commercialisation des tee-shirts portant l¹inscription "PDSG". Le magistrat a jugé que le sigle "PDSG", accompagné ou non des mentions "anales" et "rectum", constitue une injure à l¹égard des personnes homosexuelles et porte, par ailleurs, atteinte à l¹image du club de football. L¹ordonnance a imposé le retrait de la présentation des tee-shirts dans un délai de 24 heures et a condamné l¹éditeur du site à payer 5 000 euros aux demandeurs, en réparation de leur préjudice moral.

Au-delà, la mésentente entre les deux clubs pose la question de la laïcité, des discriminations et des libertés.

L’entraineur de l'équipe de Créteil a refusé la rencontre au nom des convictions religieuses qui auraient été celles de ses joueurs ; sauf qu’une partie de ceux-ci se sont désolidarisés de l'entraineur en expliquant que sa réticence à la rencontre sportive ne venait pas du refus de jouer avec des homos mais d'une critique du nom du club : eux ne s'appellent pas "équipe musulmane" et ils ne voient pas pourquoi les autres ont « gays » dans leur nom? Bref un réflexe laïque... qui aurait du être expliqué tout de suite.
La position de l'entraineur est nettement homophobe, celle des joueurs se discute.

De fait, on n'est pas obligé de décliner son identité sexuelle ou religieuse dans une équipe de foot, comme d'ailleurs dans la société. On peut aussi la cacher, la refouler, en avoir honte. C'est probablement ce que font la majorité des homos dans la majorité des équipes de foot. Est-ce  cela la solution aux "communautarismes" ? Est-ce que ce n'est pas aux discriminés eux-mêmes de décider s'ils préfèrent s'organiser en équipe de foot, association ou parti politique pour lutter contre les discriminations?

Mais alors, jusqu'où peut-on fractionner une société sans la dissoudre ou sans attiser les conflits ?

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Published by patrick - dans société
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