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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 12:50

 

 

  • Le débat engagé sur le traité budgétaire et le paquet européen divise entre autres les écologistes, comme la presse a pu s’en faire l’écho. Mais il  a au moins deux vertus :
  •  

- l ’une est de mettre au cœur de nos préoccupations un sujet central pour notre avenir, et trop souvent maltraité par la classe politique française : l’Europe

  • - l’autre est de poser un problème présenté de manière trop réductrice comme l’opposition des « pour » et des « contre » le TSCG vers une discussion plus large portant sur le projet européen des écologistes et les voies et les moyens de le faire progresser ici et maintenant ; cette nouvelle approche est plus conforme à notre histoire, à nos acquis et à nos ambitions. Je fais parti de celles et ceux qui ne souhaitent pas un remake de 2005.

 

Comme beaucoup, j’ai critiqué en son temps le renforcement du Pacte de Stabilité uniquement tourné vers la rigueur budgétaire et inapte à répondre à la crise économique et sociale que traverse le continent. Les points de vues qui s'échangent  depuis quelques semaines montrent des avis divergents sur la réelle portée juridique du TSCG dont nombre de dispositions ne sont pas des nouveautés et sur ce que les clauses d’assouplissement et la notion de «déficit structurel» donneraient comme marge de manœuvre aux Etats.

 

Le Conseil européen des 28 et 29 juin, en adoptant un «paquet européen» a partiellement changé la donne ; le Pacte de croissance avec 120 milliards d’euros, la mise en œuvre de la supervision bancaire, l’installation prochaine d’une taxe sur les transactions financières, marquent le début d’un renversement de tendance, pour la réhabilitation de l’intervention publique européenne contre le dogme libéral. Cette tendance est confirmée aujourd’hui par l’annonce par le président de la BCE que son institution est prête à intervenir de manière illimitée pour racheter la dette des pays en difficulté.

 

La nouvelle donne politique introduite par la victoire de la gauche en France rencontre la lucidité d’un certain nombre de responsables européens enfin décidés à éviter l’éclatement de la zone euro, dans un contexte où, rappelons-le, la Commission européenne et le Parlement penchent à droite, ce qui est le cas aussi de la grande majorité des gouvernements de l’Union.  

 

Pour autant, évidemment, aucune question fondamentale concernant l’avenir de l’Europe n’est réglée. C’est tout l’enjeu du débat parlementaire qui va s’ouvrir que de redonner une grande ambition européenne à la politique française, dans un contexte où les opinions publiques sont défiantes et attribuent souvent à l’Europe la responsabilité de mesures socialement régressives.  

 

Favorable à une Europe fédérale, et non pas à une fédération d’Etats-Nations, je considère que les sirènes souverainistes de droite comme de gauche ne mènent qu’à des impasses. Il incombe aux écologistes de participer activement à ce débat en formulant des propositions que nous attendons de retrouver dans la déclaration de politique européenne promise par le Premier Ministre. Il s’agit notamment d’orienter un budget de l’Union Européenne revu  fortement à la hausse vers des dépenses permettant une relance durable telle que des investissements dans la transition énergétique, un programme de recherche tourné vers les transports et les énergies nouvelles, le verdissement de la PAC. L’Union doit se doter de ressources propres (taxe sur les transactions financières, taxe carbone) pour conduire cette politique. Elle doit faire le saut démocratique vers une plus grande intégration politique, renforçant le rôle du Parlement européen et d’un exécutif enfin légitimé. Elle doit avancer dans la lutte contre l'évasion fiscale et pour l'harmonisation fiscale.

 

Dans ce contexte, se focaliser sur le non au TSCG ne permet pas de peser réellement sur les enjeux à venir de l’Union Européenne. Notons qu’il n’existe pas en Europe aujourd’hui de partenaires visibles sur la position du non fédéraliste, incomprise par exemple en Allemagne où pour le secteur progressiste de l’opinion rigueur et solidarité sont deux faces de la même médaille.

 

A ce stade, nous ne pouvons qu’encourager nos parlementaires, nos ministres, mais surtout la société française à mettre tout en œuvre pour que la session parlementaire soit l’expression d’une belle et forte ambition française pour l’Europe. C’est notre responsabilité, en tant qu’aile marchante de la majorité sur les questions européennes, en tant que membre d’un parti européen dont d’autres composantes importantes peuvent accéder au pouvoir dans les mois qui viennent et qui doit préparer les conditions d’une majorité alternative au parlement européen en 2014.

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Published by patrick - dans europe
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