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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 23:52

  Ce soir c'était soirée culture, avec l'inauguration du Salon des Créateurs  au Tapis rouge, puis un spectacle de danse mêlant hip hop et danse contemporaine, d'une qualité exceptionnelle, propageant d'immenses sensations à une salle archicomble.

 

Le chorégraphe Mourad Merzouki,  a présenté Yo gee ti, un spectacle réunissant des danseurs de hip-hop et des danseurs contemporains de Taïwan.


Une salle enthousiaste, un public qui en redemande, des artistes qui exécutent des figures supplémentaires… Avec Mourad Marzouk et ses danseurs de la compagnie Käfig, rares sont les spectacles, même ce Yo gee ti à la beauté grave, qui ne se concluent par un échange vivifiant.

À 40 ans, le directeur du Centre chorégraphique national de Créteil (Val-de-Marne) poursuit une trajectoire passionnante, dressant un pont étroit entre le hip-hop et la recherche contemporaine.

Mourad Merzouki a trouvé la source de sa dernière création à Taïwan, foyer émergent de la danse actuelle. Yo gee ti (« organique » en français) s’est bâti entre Taïpei et Créteil. La pièce compte cinq artistes de hip-hop et cinq danseurs contemporains taïwanais, dont trois femmes – rares chez ce chorégraphe. Deux écoles, deux langages mais aussi deux types de physique qui se retrouvent sur la scène, sans que jamais la chorégraphie ne cherche à gommer leur identité.


Un voyage à travers les cultures

Au contraire, elle montre ce pas de l’un vers l’autre. Plusieurs duos, qui rassemblent les deux continents, illuminent la pièce. S’il en conserve l’énergie constitutive, le chorégraphe s’éloigne du hip-hop vers un vocabulaire où la vélocité et la performance comptent moins que la force du geste. On le sent inspiré par ce voyage à travers les cultures. Sa danse le conduit vers des terres abstraites mais semble n’avoir jamais si bien raconté les sentiments, l’humain et la nature.


L’esthétique brute de la scénographie, basée sur un superbe jeu de lianes, est une grande réussite, renforcée par la subtilité des lumières. La musique originale, signée AS’N, emporte les corps dans une énergie folle, faisant alterner la puissance exponentielle d’un violoncelle, les percussions orientales et les cordes asiatiques. La mélodie façonne la texture de la chorégraphie, implacablement rythmée pendant la première séquence et plus contemplative lorsque des danseurs, vêtus d’invraisemblables costumes tricotés, se muent en de surréalistes créatures. La poésie qui en émane étonne, déconcerte et ravit. Rappelant qu’il existe des émotions muettes qui ne peuvent être transmises que par la danse


Article paru  à quelque chose prêt dans la Croix

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Published by patrick - dans colombes
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