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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 23:15

Le Gouvernement a annoncé cette semaine son intention de répartir les réfugié-es sur le territoire national, ce qui passe par la création de 9 000 places dans des centres d’accueil et d’orientation. En réaction, dans toutes les régions, la droite dite « républicaine » s’oppose de manière particulièrement véhémente à ce plan, évoquant en outre avec mauvaise foi la création de « mini-Calais ».

Elu-es régionales/aux écologistes, soutenu-es par la Fédération des Élu-es Verts et écologistes, nous continuons d’en appeler à la solidarité pour prendre en charge tous les réfugié-es, provenant de pays en guerre, fuyant la misère et la détresse, luttant pour leur survie… C’est dans ce même esprit de solidarité que le maire EELV de Grande-Synthe (Nord), Damien CAREME, avec le soutien essentiel d’associations humanitaires, a courageusement mis en place un camp d’accueil temporaire de réfugié-es répondant aux normes internationales. Il a préféré l’action pour la dignité plutôt que l’inaction dans la lâcheté.

Loin des chiffres abstraits, il s’agit bien de femmes, d’hommes et d’enfants qui arrivent dans des conditions indignes dans l’Union européenne, dont les autorités sont incapables de se coordonner et de se mettre en accord avec les idéaux de paix, de solidarité et d’humanisme qui en sont pourtant les fondements.

Nous avons affaire à un phénomène structurel et non conjoncturel. Les facteurs des migrations (économie, guerre, climat, …) interagissent entre eux et sans lutte déterminée et efficace contre le changement climatique, les réfugié‑es seront demain autrement plus nombreux/euses.

La mise en place d’une véritable politique européenne d’accueil des réfugié-es se fait cruellement attendre. Le système de Dublin doit être remplacé par un mécanisme permanent de relocalisation des réfugié-es à travers l’Union européenne qui soit équitable et fondé à la fois sur la solidarité et sur la responsabilité.

En réalité, loin d’être face à une « crise des réfugié-es », nous avons provoqué par absence d’anticipation, inaction et parfois indifférence, une crise de l’accueil des réfugié-es, une crise des solidarités humaines.

La droite « républicaine » ayant l’habileté de considérer que, bien entendu, il fallait « faire preuve de solidarité », justifie sa levée de bouclier par un « diktat migratoire » qui serait imposé aux élu-es locales/aux. Sans doute la concertation est-elle plus qu’insuffisante… mais quel genre de concertation est-il raisonnablement possible de mener avec des élu-es qui brandissent face à l’opinion la menace de « mini-Calais » partout sur le territoire ?

Pour les élu-es écologistes, rien ne sera possible sans l’appui des services de l’État, mais les Régions peuvent peser pour pousser les préfets à agir. Et les Régions ont elles-mêmes un rôle à jouer dans le nécessaire élan de solidarité qui doit toutes et tous nous concerner. Elles peuvent se revendiquer comme des « Régions terres d’accueil » en facilitant, à travers leurs compétences et leurs dispositifs, les accès à la formation, à l’emploi, à la vie sociale des réfugié-es :
• « aider ceux qui aident » en appuyant les initiatives prises sur le terrain par des citoyen-nes, des associations et des collectivités, mais également en soutenant les Universités et les lycées qui souhaiteraient accueillir de jeunes réfugié-es ;
• mettre à disposition les propriétés régionales vacantes ;
• augmenter le nombre des formations en « Français Langue Etrangère » (FLE) et en « Compétences Clés » pour aider à l’intégration des réfugié-es ;
• la coopération décentralisée peut contribuer à apaiser les relations internationales.

Ce que les élu-es écologistes veulent soutenir, ce ne sont donc pas des « mini-Calais » mais des Grande-Synthe !

Les président-es des groupes d’élu-es EELV dans les Conseils régionaux :
Sophie BRINGUY (Pays de la Loire), Monique COSSON (Auvergne-Rhône-Alpes), Charles FOURNIER (Centre-Val de Loire), Jean-Louis PAGES (Nouvelle-Aquitaine), Laëtitia SANCHEZ (Normandie), Mounir SATOURI (Ile-de-France), Véronique VINET (Occitanie-Pyrénées-Méditerranée)

La présidente de la Fédération des élu-e-s Vert-e-s et écologistes :
Catherine HERVIEU

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 22:28

Conformément à son histoire, à ses valeurs et à l’engagement qui est le sien sur la scène internationale, notre pays doit rester une terre d’asile pour ceux qui fuient aujourd’hui la guerre et les persécutions.

Accueillir, héberger, soigner et accompagner tous ceux qui, en situation de détresse et en danger de mort, viennent chercher refuge sur notre sol constitue en effet un devoir inconditionnel pour un grand Etat de droit comme le nôtre.

Nous étions ce matin réunis à l’hôtel de Ville de Paris, représentants de l’Etat, élus locaux et acteurs engagés de la société civile, pour présenter les principes et les modalités des futurs centres de premier accueil à Paris et Ivry-sur-Seine. Ces centres doivent constituer un maillon supplémentaire dans la grande chaîne de mobilisation pour un accueil digne des femmes et des hommes lancés sur la route de l’exil.

Cette mobilisation de toutes et tous au niveau national, à travers tous les territoires, est nécessaire, parce que la crise migratoire que nous connaissons est d’une ampleur inégalée et pose des défis nombreux, complexes et graves.

En Ile-de-France, le dispositif que nous avons présenté aujourd’hui s’inscrit dans une continuité de l’action des pouvoirs publics : depuis juin 2015, 15 793 personnes ont été mises à l’abri en Ile de France. 74 centres ont été ouverts par l’Etat et 27 opérations de mises à l’abri ont été menées.

Le gouvernement a aussi ouvert, depuis octobre 2015, 161 Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) qui comprendront, d’ici la fin du mois, un total de 5000 places pour accueillir les migrants venus de Calais ou Paris et ainsi assurer une meilleure répartition nationale de l’accueil au sein de notre pays.

Il s’agit donc d’une nouvelle étape pour une politique d’accueil plus digne, responsable et durable.

Certaines critiques indécentes laissent entendre que nous abandonnerions nos politiques de lutte contre l’exclusion au profit de l’accueil des migrants. Je tiens à rétablir les faits : il n’en est rien. Depuis 2012, le gouvernement a considérablement amplifié sa politique d’hébergement envers les sans-domiciles fixes et les plus précaires, afin de réduire le nombre de personnes à la rue et dans l’exclusion.

La vérité est que 115 000 personnes sont hébergées chaque soir dans notre pays. Les solutions de logement accompagné (intermédiation locative, résidence sociale et logement-foyer) ont augmenté de 145 000 à 215 000 en 4 ans. La mobilisation et ma détermination sont totales dans la lutte contre l’exclusion, la précarité et la détresse.

Face à la crise migratoire, devant une situation historique, rien n’est et ne sera possible sans la mobilisation des territoires. J’espère qu’Anne Hidalgo, la maire de Paris, et Philippe Bouyssou, celui d’Ivry-sur-Seine, feront des émules : ils sont de ces élus, comme Damien Carême, édile de Grande-Synthe, qui font honneur à notre République et je veux leur assurer du soutien plein et entier de l’Etat dans leur démarche exemplaire de solidarité.

Emmanuelle Cosse

Ministre du Logement et de l'Habitat durable

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 22:28

La municipalité annonce la mise en place d'un dispositif « Voisins Vigilants ». Ce dispositif, que j'ai préféré dénommer « Voisin Délateur » en Conseil municipal est en effet une vraie fausse bonne idée.

Le système est pernicieux.

Il est le reflet de l’impuissance des pouvoirs publics à trouver les bonnes réponses à la disparition progressive de ce qui constituait le lien social dans les quartiers. Le rôle ambigu de la police municipale, son armement, le développement de caméras de surveillance et de la surveillance électronique, tout cela ne suffit même plus.

Il évite de poser les questions de sécurité publique et des moyens humains de moins en moins mobilisés, au profit d'une surveillance accrue par toutes sortes d'automatismes avec les cartes à puce, mais aussi des caméras de surveillance dont les coûts d'acquisition, de gestion, de maintenance sont croissants. alors que la sécurité est une mission de service public. Il détourne peu à peu la dépense publique vers des officines privées de surveillance et de "sécurité".

Comme chacun s’enferme chez lui, se méfie de l’autre, " Voisin délateur " part certainement d'un bon sentiment (entraide, retisser du lien social) sauf qu’en réalité il vise à créer de la suspicion, engrange toutes sortes de peurs, de soupçons et provoque méfiance et racisme anti- tout ce qu'on n’aime pas. En vrac: peur de l’autre, de l’étranger, des musulmans, des voleurs, des violeurs, des terroristes, des futurs et actuels djihadistes, des arabes, des noirs, des Roms, des enfants, des jeunes, des vieux - et même des fois c'est tout ça à la fois pour ceux qui aiment les amalgames, même les plus incroyables.

"Voisin délateur" cela sent le renfermé, le rance, le chacun chez soi, le chacun pour soi, et ne fait que renforcer la paranoïa. Cela risque de développer un sentiment souvent infondé d'une insécurité supposée omniprésente, une propension au voyeurisme, à de la surveillance constante de son voisinage, voire à la tentation de « milices » ou tout le monde surveille tout le monde. Du coup, ça culpabilise ceux, c'est-à-dire presque tous, qui n'ont pas à être soupçonnés parce que la plupart d'entre nous sommes évidemment des citoyens au-dessus de tout soupçon.

Alors que la France vient de célébrer la libération des camps d’extermination nazis, qu'elle s'est retrouvée dans un vaste et puissant élan républicain à la suite des attentats de Paris il y a quelques semaines, il faut se rappeler la complicité de la police française dans la déportation des juifs de France, et l’importance des dénonciations antisémites sous le régime de Vichy et sous l'occupation nazie entre 1940 et 1945, mais aussi les dénonciations à l'encontre des résistants, ou encore de voisins, par jalousie, cupidité, intérêt ou autres motifs plus vils les que les autres. Prenons garde. la délation est un acte abject qui peut emmener très loin.

Il faut rappeler que la notion de" non assistance a personne en danger" existe depuis fort longtemps dans nos lois, et que cela oblige tout citoyen à réagir et ne pas rester passif. Pareillement, chaque témoin d’un délit a le devoir de prévenir la police.

Mais l'impression qu'il va peut-être éventuellement se passer quelque chose ne font pas le délit.

Il y a par contre des actes délictueux, dans nos villes, dans notre ville, qui vont au-delà de l'incivisme. Il ne faut pas le nier, et il faut agir contre, avec vigueur. La société a confié cette tâche à la police et à la justice. Les citoyens , eux, ne sont ni policiers, ni justiciers, et ils n'ont pas à le devenir.

On sait aussi que les difficultés de relations pourrissent bien plus souvent la vie des gens dans leur quotidien que les cambriolages ou les agressions.

Ce dispositif de "Voisin délateur", fondé sur des sentiments très diffus, ne repose d'ailleurs absolument pas sur la réalité des plaintes, enquêtes et statistiques de la police, qui ne demande qu’à faire son métier dans de bonnes conditions.

Légitimement, on peut s’interroger sur le niveau de compétences de ces " Voisins délateurs». sur la définition d’un suspect. D'ailleurs la municipalité prend les devants en indiquant qu'elle "agira en fonctions du sérieux des informations communiquées". Bienvenu aux risques de bavures.

Etre véritablement un "Voisin vigilant" me semble une nécessité, mais que l'on doit concrétiser à travers l'éducation, à l'école, ou encore par des actions d’animation, d’entraide et de solidarités passant par les associations, les centres sociaux et culturels ou les conseils de quartier.

On peut imaginer de former – sous la responsabilité de la ville- des habitants aux techniques de médiation, d'aider leurs concitoyens à régler leurs conflits de voisinage, ou d'autres types de conflits, par eux-mêmes et faire en sorte qu'ils n'interviennent pas dans les questions de sécurité publique qui restent du ressort de la police nationale.

Personnellement, je n'ai pas besoin d'épier mes voisins ou d'adhérer à une milice pour porter un œil attentif et bienveillant sur le monde qui m'entoure. L'apprentissage de la citoyenneté et n'a rien a voir avec le replie sur soi et la délation.

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