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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 08:27

C’est en février 2010 que j’ai évoqué pour la 1ère fois sur mon blog l’éco-quartier de la Marine (http://www.patrick-chaimovitch.org/article-l-eco-quartier-de-la-marine-un-projet-qui-avance-44956520.html),

Depuis, cette opération d’aménagement a pris corps, avec la réalisation de nombreux logements, jusqu’à l’achèvement prochain des derniers chantiers de la 1ère tranche, sa chaufferie biomasse, son square, la prochaine livraison du groupe scolaire et l’inauguration ce mercredi 20 mai 2015 de la médiathèque, malgré les difficultés rencontrées avec certains promoteurs en 2012, des problèmes d’interruption de chantiers et de malfaçons toutes choses pour lesquelles les français semblent être les champions du monde.

Labellisé par le Conseil Régional en 2011 au titre des Nouveaux Quartiers Urbains, l'éco-quartier de la Marine a bénéficié d'une importante subvention de sa part.

La médiathèque est un bel équipement. Quand nous avons fait le choix, avec Philippe Sarre, Dominique Frager, ancien maire-adjoint à la culture,de déplacer la bibliothèque de la Place Aragon réaménagée dans le cadre de l’ANRU, et de la transformer en médiathèque dans cette opération de plusieurs centaines de logements située au cœur du Petit Colombes et desservie à terme par les tramway T2 et T1, c’est parce que nous étions convaincu, avec l’ensemble de la majorité municipale, et peut-être un peu plus du bout des lèvres, de l’opposition d’alors, que l’offre culturelle ne devait pas déserter les quartiers populaires de notre ville.

C’est aussi pour cela que nous avons soutenu la même démarche aux Fossés-Jean avec l’avenant à la convention ANRU intégrant la construction d’un équipement accueillant une future médiathèque et le CSC ; c’est aussi pour cela que nous avions prévu la construction d’un nouveau CSC au Petit Colombes (mais encore une fois le BTP champion du monde n’a pas suivi au même rythme …), sans parler de celui du quartier Europe, C’est aussi pour cela que nous avons voulu conforter les services publics de proximité dans ces quartiers : Petit-Colombes, Europe et Fossés-Jean, y compris le centre de santé municipal avant démantèlement par Nicole Gouéta, et de soutenir les associations remplissant avec sérieux et efficacité des missions de services public. Tout cela avec l’idée de moderniser l’offre sociale, sanitaire, culturelle, de services quotidiens, d’adapter et d’élargir ce service public aux besoins de tous les colombiens.

La nouvelle médiathèque est ainsi un maillon supplémentaire offert à tous les habitants pour un service municipal culturel ouvert sur le monde tel qu’il est et non pas tel que certains voudraient qu’il soit, sans exclusive aucune. C’est un pari audacieux que nous avions choisi : implanter cette médiathèque en rez-de-chaussée du programme neuf « Autrement » réalisé par la Cogedim face au nouveau square de l’éco-quartier. Là encore il ne suffit pas d’avoir un grand nom sur la place de la promotion étant donné les difficultés rencontrées par des nouveaux habitants de ce programme immobilier depuis sa livraison pour lesquelles j’étais intervenu et avais essayé de remédier avant mars 2014.

Ce pari, l’architecte Alain Domingo et l’équipe Krauss-Rihouey sont parvenus à y répondre : par la conception de la médiathèque, très innovante au point d’être sélectionnée par le ministère de la culture et de bénéficier d’une forte subvention (http://www.patrick-chaimovitch.org/article-architecture-des-bibliotheques-101843305.html). Par le choix des matériaux et l’organisation des rayonnages, des espaces dédiés de lecture, du choix du mobilier, du rôle du multimédia et des technologies, permettant de préparer ainsi la généralisation de ces technologies à la future médiathèque des Fossés-Jean, puis à celle de la bibliothèque centrale Jacques Prévert, et également permettant aux colombiens à terme d’avoir un accès à certains services directement à partir de bornes ou depuis leur domicile. Mais aussi par le choix de solides vitrages orientés plein sud, avec une vue magnifique sur le square, mais en même temps mettant les collections et les usagers à l’abri d’une lumière trop vive.

Enfin, il faut évoquer, au titre du 1% culturel une œuvre de l’artiste Félicie d’Estienne d’Orves(www.feliciedestiennedorves.com) qu’elle a dénommée le rayon vert (ou green flash) en référence à un phénomène que connaissent certains marins (c’est le clin d’œil au quartier de la Marine, m’a-t-elle expliqué) : Sur le pont d'un bateau, juste avant le coucher du soleil, les matelots espèrent voir ce fugace rayon vert émeraude qui apparaît, et disparaît presque aussi soudainement, lorsque le bord supérieur du disque solaire effleure l'horizon juste avant de se coucher. Cette petite tache lumineuse dure à peine quelques secondes. C’est pour rappeler ce rayon vert que Félicie d’Estiennes d’Orves a conçu une sculpture lumineuse composée d’un disque de lumière d’un mètre de diamètre en led, motorisé, qui se déplacera verticalement du lever du soleil jusqu’à son zénith. À l’heure du coucher du soleil, un rayon vert apparaîtra, évocateur de la diffraction de la lumière sur l’horizon de la mer.

Pour conclure, cet article, je tiens à remercier les services de la ville qui ont préparé depuis des années ce nouvel équipement que ce soit au niveau des services techniques, des services culturels, informatiques, de l’ensemble des services généraux de la commune, de la CODEVAM, aménageur de la ZAC, des élus de l’ancienne mandature et de ceux de la nouvelle équipe municipale qui ont finalisé ce projet sans le compromettre.

Je vous invite également à visionner quelques photos pour mettre en appétit et vite se rendre à la médiathèque

Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
Inauguration de la Médiathèque de l’éco-quartier de la Marine
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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 20:10

Marc Chagall est l’un des artistes incontournables du XXème siècle. russe, puis français, il a vécu près de 100 ans. Décédé en 1985, il a traversé le 20ème  siècle et en a connu les heures les plus sombres.

Souvent occulté par une imagerie de fantaisie rêveuse et naïve, le style du peintre  russe méritait bien un dépoussiérage tel que le propose cette très belle exposition qui suit Chagall tout au long des heures sombres du XXe siècle

le musée du Luxembourg est un Musée assez cher, trop petit pour ce genre d'exposition, beaucoup de monde donc les visiteurs se marchent dessus et se gênent , et donc une difficulté pour voir dans de bonnes conditions les œuvres proposées.

Mais l'expo Chagall propose de découvrir ou redécouvrir l’évolution de l'oeuvre de Chagall au fil des années et du contexte historique.

Evidemment , peintre prolifique, tous ses tableaux ne sont pas exposés, ni certaines de ses créations - lithographie, céramiques (mais on peut en voir, magnifiques, quelques unes en vitrine dans la librairie du musée), ni ses vitraux bien sûr. Ses dessins et tableaux sont basées avant tout sur ses émotions, expériences et souvenirs, plutôt que des techniques ou des courants artistiques. Son univers, souvent proche du cubisme et du surréalisme, mais absolument distinct de ces univers sauf à une période précise de sa jeunesse parisienne, est vraiment particulier.

Après la Première Guerre vécue et représentée en Russie, l'influence juive et plus particulièrement hassidique, son engagement et sa rupture avec le communisme, Chagall s’installe à Paris. C’est à cette période que ses peintures teintées de rêverie émergent, bien loin de la réalité de la guerre. Le thème du couple, véritable fil rouge de l’ensemble de ses créations est également de plus en plus présent dans ses toiles.

Avec l’arrivée du nazisme et le début du second conflit mondial, Chagall quitte la France pour les Etats-Unis. Il suivra de près l’embrasement de l’Europe et représentera dans de nombreuses toiles les souffrances des peuples dont le sien. Un certain nombre de thèmes bibliques, notamment la crucifixion font l’apparition dans ses œuvres. Face à cette barbarie, ses racines juives et la nostalgie de son enfance heureuse en Biélorussie transpirent également dans les créations de cette période.
 

De retour à Paris après la Seconde Guerre Mondiale, Chagall est l’un des artistes les plus connus et prisés au Monde. André Malraux lui commande même la fresque du plafond de l’Opéra Garnier.

Son installation dans le Sud de la France, à Vence, marque un tournant dans son œuvre : la lumière et la couleur des paysages de la région tranchent avec ses toiles sombres. Peu à peu, son expérience et sa sagesse s’illustrent par des tableaux beaucoup plus joyeux.

A la sortie de l'exposition, petite balade dans les jardins du parc du Luxembourg: énormément de monde en ce samedi ensoleillé et doux. Et surprise, je ne m'en souvenais pas, le coin des joueurs d'échec, juste derrière le musée: des dizaines de fanas d'échec, tous très différents les uns des autres,  entourent les paires joueuses sur des tables dédiées, ou sur des bancs, ou sur des chaises. Juste un regret: pas de femmes.

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 09:18

Apparemment tout oppose culture et démocratie. La culture est souvent tenue pour élitiste et individualiste, et la démocratie, comme un régime où les particularités s’effacent, où le collectif tend vers le moyen, et l’égalité, vers la médiocrité. Or, en démocratie, chacun vote, car en droit, chacun compte pour un.

On voit bien qu’il y a une relation entre la culture et les conduites démocratiques. Des valeurs sont mobilisées qui traversent et orientent au même titre culture et démocratie: reconnaissance publique, éducation, pluralité, et engagement personnel. Des valeurs qui illustrent ce fait, et qui a sa force, ses enjeux, son histoire.

Trois exemples :

Premier exemple : dimanche, je suis allé voir l’expo « Paris fait son printemps de jazz » au musée du quai Branly, qui devient un vrai rendez-vous des civilisations.

Le jazz a été un phénomène musical majeur du XXe siècle qui a influencé autant la peinture que la photographie, le cinéma ou la littérature.  Ray, Wall, Warhol, Léger, Dalí, Dubuffet, Picasso, autant de noms dont les œuvres l’ont rencontré, même de loin (par exemple des illustrations de pochette Vinyle d’Andy Warhol dans les années 1950). A partir de la ségrégation dont les noirs ont été victimes (allant jusqu’aux lynchages et aux assassinats), un état d’esprit s’est développé au-delà du champ musical,

petit résumé avec des extraits empruntés au musée Branly:
"La naissance du jazz se situe vers l’année 1917, moment décisif avec la fermeture du quartier de la Nouvelle Orléans Storyville et de ses lieux de plaisir, creusets du jazz. Suit alors un déplacement des musiciens vers le nord des États-Unis, Chicago et New York, véritable diaspora d'artistes porteurs d'un courant qui a bouleversé le siècle. Man Ray, James Blanding Sloan, Miguel Covarrubias ou Jan Matulka sont autant d'artistes qui contribuèrent à faire de ce style musical un phénomène aux multiples expressions artistiques au temps des "années folles", avant son exportation en Europe dans la période de l'entre-deux-guerres.
Au Jazz Age succède ensuite la vogue du swing, qui fera danser les foules des années trente sous la houlette de Duke Ellington, Count Basie, Benny Goodman ou Glenn Miller, avant d’évoluer vers de nouvelles formes: le boogie woogie, la révolution musicale du be-bop lancée à la fin de la seconde guerre par Charlie Parker ou Miles Davis, suivi du West Coast Jazz et de la contre-révolution du free-jazz.

A ces différentes étapes correspondent autant de traductions  dans les arts du graphisme (Picasso, Matisse, Mondriant, Fernand léger, Jean Dubuffet, Jackson  Pollock, Calder), de la photographie (Carl van Vechten, Roy DeCarava, Archibald Motley, Romare Beardeb),de l’affiche , et du cinéma (Murnau, Méliès, Pasolini, Melville, Louis Malle, Antonioni, Cassavetes)"
Parallèlement, la société américaine est confrontée de plus en plus à la volonté des noirs de sortir de leurs ghettos, en reflet à ce que vit la société américaine (les deux guerres mondiales, les droits civiques, la guerre du Vietnam, Luther-King, Malcom X, …) et à l’émergence des indépendances africaines.

 Deuxième exemple :

Le 26 avril dernier, se déroulaient au théâtre de l’Odéon « six heures pour l’Europe des cultures » sous la houlette de Dany Cohn Bendit avec avec Marjane Satrapi (scénariste et dessinatrice– Iran, France), Elias Sanbar (écrivain – Palestine), Hoda Barakat (écrivain – Liban), Yuri Andrukhovych (écrivain – Ukraine), Elif Shafak (écrivain – Turquie), Ales Debeljak (poète et essayiste – Slovénie,) Matthias Langhoff (metteur en scène – Allemagne), Cédric Klapish (réalisateur, acteur, producteur et scénariste – France), Werner Schulz (animateur de la révolution douce en Allemagne de l'est – Allemagne). Edgar Morin (philosophe– France), Richard Sennett (professeur de sociologie – États-Unis), Claus Leggewie (politologue – Allemagne) .


        Daniel Cohn-Bendit et Elias Sanbar,
ancien directeur de la revue "Etudes palestiniennes",
ambassadeur de Palestine à l'Unesco.

De manière vivante, on a pu voir que la culture est constitutive de l’Europe, qu’elle l’a irriguée par sa vitalité, résultat de siècles de créativité, d’échanges, de circulation et de partage. Il n’y a pas que le capital financier qui peut circuler en Europe, et Schengen ne peut empêcher hommes et femmes de croiser leurs diversités.

Croiser des regards du dedans comme du dehors avec des personnalités artistiques de toutes origines, confronter et commenter visions et perceptions d’une Europe forte de ses héritages culturels communs et déterminée à faire de la diversité un principe à la fois d’unité et d’ouverture sur le monde, était une sacré gageure. A travers des pratiques artistiques différentes, des histoires nationales complexes, chaque invité a su montrer que l’archipel européen, fort de son passé, construit une identité toute en devenir (pour conforter ce point de vue, il faut lire le dernier livre de Milos Kundera "une rencontre", ed Gallimard).

Troisième exemple : la variété, des spectacles, des animations, des musiques proposés par les amateurs artistes en tous genres dans les grands équipements de la ville, mais aussi dans tous les quartiers, dans les lieux connus, mal connus et méconnus ; Qu’il s’agisse du théâtre, du cinéma, du musée, de la musique (qui s’ouvre à enfin à Colombes à de nouvelles pratiques (jazz, musiques actuelles en plus du hip-hop ou du slam), de la création dans ces différentes disciplines, de plus en plus de nouvelles pratiques artistiques, dans tous les quartiers, , seront proposées à des centaines de Colombiens.  Jeunes, adultes, séniors, ils construisent ainsi des passerelles entre les habitants, s’appuyant sur leurs histoires personnelles, familiales, nationales, à l’image de la mosaïque culturelle qu’est Colombes, et par petites touches, fabriquent une démocratie des citoyens.


Fanny Ardant a lu une nouvelle  de Bukowski, Stéphane Hessel des poèmes anglais et allemand.
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