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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 22:53

Emmanuel Macron a été élu président de la République. C'est bien. Les électeurs, 20,7 millions d’entre eux, soit parce qu’ils aspiraient au changement,  soit pour faire barrage au Front National, soit par dépit de l’absence de leur candidat du 1er tour, mais décidés à faire vivre les institutions, ont fait ce choix. J’étais l’un d’eux, et je ne le regrette pas.

Ils ont eu raison. Nous avons eu raison. On a vu, lors du débat entre les 2 tours, que Marine Le Pen n’avait pas envie réellement d’être présidente et se foutait complètement de cette élection. Que son but est de faire tout simplement péter le pays. On le savait avant. Une grande partie des français ont partagé cette évidence. Sauf les 10,6 millions de français qui ont voté pour l’extrême-droite.

Ils ont été hélas été rejoints de fait par les abstentionnistes (12,1 millions), par celles et ceux qui ont voté blanc (3 millions) et par le million de bulletins nuls.

Nos institutions sont telles qu’il nous faut plébisciter plus ou moins un Président, avant d’élire un parlement avec un mode de scrutin qui interdira à une partie des français de s’y sentir représentés.

Ce système ne peut plus durer. Il est périmé, obsolète, déliquescent. Et ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron est élu largement pour des motifs multiples qui ne sont pas tous l’adhésion à son projet que cela va changer la donne. Ca ne marche pas comme cela, si je puis dire. La République n’a pas besoin d’incarnation. Elle a besoin de plus de démocratie.

Je partage l’idée que sa candidature répond à une attente que l’on rencontre dans de nombreux pays dans le monde et en Europe, particulierement dans l'union européennes. La mondialisation sans règles, sans régulations et sans protections exaspère les peuples et les citoyens. En France, Macron essaie d’apporter une réponse qui bouleverse les anciens codes et attire toutes les couches de la population, sans nécessairement toucher tous les territoires nI convaincre là majorité des français.

Les crises climatiques ajoutent de nouvelles peurs car nos gouvernants sont frileux pour prendre les décisions qui garantiront un futur, qui assureront un avenir aux générations prochaines, et un présent à ceux qui se sentent menottés et impuissants face aux défis écologiques. Les propositions d’E. Macron, à ce stade, ne sont pas inexistantes mais semblent s’arrêter au milieu du gué.

Je ne suis pas un défenseur inconditionnel du programme social issu du conseil national de la résistance de 1944. Mais il n’empêche qu’il a structuré la prospérité de la France pendant 50 ans. Les propositions du nouveau Président qui s’orientent vers des contrats peut-être pas très sociaux, risquent d’aller à l’encontre d’un modèle qu’il faut néanmoins rebâtir en y intégrant les nouvelles solidarités permettant à chacun d'avoir un revenu décent permettant de se loger, de se déplacer, de se nourrir, de se vêtir, et de bénéficier des protections sociales et des retraites dignes. Je ne retrouve pas ces préoccupations dans son projet. De ce point de vue je trouve E. Macron plutôt « dégagiste ».

Et moi, je ne suis pas adepte du vocabulaire autour de l’oligarchie, de l’antisystème, du dégagisme, ou des révolutions. Je suis un écologiste modéré, mesuré : les sociétés mutent et doivent muter, mais en préservant ceux et celles qui les composent, et en protégeant notre bonne planète. Des dirigeants doivent orienter un pays, permettre les adaptations en préparant, formant, accompagnant celles et ceux qui sont les plus fragiles et les moins prêts au changement. La precarite ne peut etre un avenir radieux. Là encore, j’ai des doutes sur le projet d’E. Macron.

Parce que je crois à la chose politique, je ferai partie de ceux qui auront à cœur l’avenir de notre pays et je soutiendrai E. Macron et son gouvernement dès lors que je partagerai les mesures que je jugerai utiles. Au contraire, je n’hésiterai pas à critiquer, voire à m'opposer à celles qui iront à l’encontre de ce que je crois juste. Cette attitude, que j’ai eue sous le quinquennat Hollande, je la renouvellerai sous le quinquennat Macron. Il n’y a aucune raison que je sois à priori dans une opposition permanente et théorique. Il n’y a aucune raison également que je sois à priori le thuriféraire d'E. Macron et de ses prochains gouvernements.

Et évidemment, l’écologie et l'Europe seront deux de mes chemins d’appréciation des politiques publiques qui seront mises en œuvre.

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 23:20

Ecologistes, nous voterons Macron mais veillerons à ce que la transition écologique soit une priorité du quinquennat

 

Nous répondons à l'appel au rassemblement lancé par Emmanuel Macron au soir du 1er tour. Nous sommes prêts au dialogue.

 

Nous appartenons à la grande famille de l'écologie politique . Nous sommes des militants, des cadres, des élus; nous nous sommes réunis pour analyser les résultats du premier tour des présidentielles et formuler une proposition pour l'avenir.

 

Certains d'entre nous ont voté Benoit Hamon au premier tour, d'autres Emmanuel Macron , étant parfois engagés dans ces dynamiques bien avant le premier tour.

 

Ensemble nous nous félicitons du bon taux de participation à ces élections, qui témoignent de l'attachement de nos concitoyens à l'exercice démocratique, malgré la menace terroriste et le discrédit que les affaires ont jeté sur la classe politique.

 

Ensemble, nous actons l'élimination du candidat de la droite dure, porteur d'un projet de régression sociale.

Ensemble, nous nous inquiétons de la qualification de la candidate du Front National et du discours de haine et d'exclusion qu'elle porte.

 

Aussi pour nous, au second tour , comme pour tous les républicains, démocrates et humanistes, il n'y a qu'un seul choix possible: voter Emmanuel Macron. Nous déplorons d'ailleurs le résultat de la consultation effectuée par la France Insoumise auprès de ses militants, s'exprimant aux 2/3 pour le vote blanc, nul ou l'abstention et nous appelons encore avec insistance Jean-Luc Mélenchon, son mouvement, et l'ensemble des électeurs de celui-ci à faire un choix responsable.

 

Notre vote est donc acquis. Pour autant, nous n'entendons, ni nous rallier sans conditions à un projet qui, sur certains points, reste largement en-deçà des exigences de la situation politique, sociale et écologique de notre pays; ni camper par principe dans une posture d'opposition de gauche au futur président; ni spéculer sur des schémas de recomposition, encore bien aléatoires, qui souvent écartent autant de personnes qu'elles n'en rassemblent.

Il s'agit, au-delà d'un vote contre la candidate de l'extrême droite, de réunir les conditions permettant de dissiper les doutes et les inquiétudes des habitants de notre pays qui n'ont plus confiance, qui sont en colère. Il s'agit de répondre aux enjeux du monde dans lequel nous sommes appelés à vivre. Il s'agit de voter pour.

Pour la plupart d'entre nous, l'offre politique que propose Emmanuel Macron répond à des préoccupations importantes : respect des libertés, rénovation de la vie politique, engagement européen, politique de paix et de développement en Afrique, soutien à l'innovation et à la formation tout au long de la vie...

D'autres, et parfois les mêmes, restent réservés ou critiques sur certains aspects de son programme, qui doit être renforcé sur les questions écologiques et mieux prendre en compte les idées originales et novatrices portées par Benoît Hamon.

La question de la transition écologique sera cruciale dans le prochain quinquennat. Emmanuel Macron l'a abordée; il a obtenu sur cette base le soutien de certains écologistes. Mais il faut aller au-delà des positions de principe -sur la priorité aux énergies renouvelables, sur une agriculture durable et une alimentation saine, sur l'attention portée à la biodiversité, sur une politique volontariste en matière de transports. Et dire quelles mesures, concrètement, devront être prises et financées, assumer que certains projets hérités du vieux monde productiviste devront être abandonnés, au profit d'autres plus utiles.

Nous vivons en parallèle plusieurs crises qui se nourrissent les unes les autres. Crises démocratique, écologique, économique et sociale. Perte des repères qui fondent la nécessaire solidarité entre populations urbaines, périurbaines et rurales, entre habitants des pays "riches" et ceux des pays pauvres. Depuis des années, on tergiverse. Il y a tout simplement urgence à agir.

Sur ces bases, nous répondons à l'appel au rassemblement lancé par Emmanuel Macron au soir du 1er tour. L'écologie de projets, de réalisations que nous incarnons peut en être sans se trahir. Nous sommes prêts au dialogue.

 

Signataires:

 

Eric Alauzet, Député du Doubs; Mireille Alphonse, Vice-présidente, Etabliss. public territorial. Est Ensemble, conseillère municipale de Montreuil; Antoine Astruc; Aline Archimbaud, Sénatrice de Seine Saint Denis; Frédéric Benhaim, Conseiller régional d'Ile de France, conseiller du 13e arrondissement de Paris; Jean Bernard; Vincent Boquet; Andrée Buchmann, Conseillère municipale de Schiltigheim; Marianne Boulc'h; Pierre Bouquet; Thibaut Bragé; Frédéric Brun; Patrick Chaimovitch, Conseiller municipal de Colombes; Gérard Chausset, Maire adjoint de Mérignac; Rayane Chawaf; Bernard De Veylder; Sophie Deffarge; Marie-Pascale Deluen; Arnaud Dussud; David Drui; Patrick Franjou; David Gréau, Adjoint à la Maire du 12e Paris; Patrick Franjou; Stanislas Hubert; Jean-Claude Jacques; Bernard Jomier, Maire-Adjoint de Paris; Samia Kasmi, Conseillere régionale d'Ile de France, Conseillère municipale de Nanterre; Abidin Krasniqi; Nathalie Laville, Maire adjointe du 13e arr. de Paris; Laurent Lanquer; Julien Lecaille, élu local, Hellemmes; Renaud Martin, Maire adjoint de Paris; Halima Menhoudj, Adjointe au Maire de Montreuil; Aminata Niakate, conseillère municipale de Vitry sur Seine; Jean-Marc Pasquet, Conseiller municipal de Draveil; Christian Perroteau; Michèle Poncet-Ramade; Christophe Ribet; Pierre Robine; Hélène Romanini; Christophe Rossignol, secrétaire général adjoint de l'UDE, Fabienne Roumet, Conseillère du 13earrt., Paris; Adrien Saumier, Maire Adjoint du 13e arr. de Paris; Pierre Viénot; Serge Rivet; Virginie Valence; Dominique Voynet, ancienne ministre.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 22:13

Au lendemain des résultats du premier tour de l’élection présidentielle, les élu(e)s d’opposition du conseil municipal de Colombes (gauches, écologistes, citoyens), appellent les Colombiennes et Colombiens à faire barrage à Marine Le Pen.

Notre engagement en faveur d’une société plus juste et plus humaine refuse les projets de la candidate du Front National car elle est également la candidate de la haine et de la xénophobie.

Face à ce danger, nous appelons les Colombiennes et Colombiennes à sanctionner le Front National et à voter pour Emmanuel Macron, ce qui ne vaut pas nécessairement adhésion à tout ou partie de son programme.

Colombes le 25 Avril 2017

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 00:09

J’avais choisi de soutenir Hamon pour des raisons que j’aie évoquées dans mon billet du 13 avril. Sa candidature n’a pas rencontré les français mais je pense que’une partie des idées qu’il a portées vont continuer à se distiller dans la société française, au-delà des postures partisanes. J’ai aussi exprimé hier mon ressenti après qu’environ 15 millions de français ont voté tant pour la candidate de la Haine et de la xénophobie que pour celui du mensonge et du trafic d’influence.

En 2002, comme beaucoup, après avoir protesté et manifesté contre la présence de JM Le Pen, au second tour de l’élection présidentielle, je m’étais dit quelques mois après qu’on ne m’y reprendrait plus.

Et pourtant, nous y revoila. M. Le Pen et E. Macron sont qualifiés pour le second tour. Pour ma part, je sais que l’une et l’autre ne sont pas à mettre sur le même plan. L’une n’est pas une démocrate – et il n’ y a qu’à regarder ce qui se passe dans les villes gérées par le FN; l’autre est un vrai démocrate. L’une est ant-européenne; l’autre est vraiment européen. Je ne me résigne pas à mettre sur le même plan le libéralisme et la précarité qu’il génère, et l’extreme-droite nationaliste et xénophobe.

Au-delà des désaccords que je porte sur certains aspects de son programme, en particulier sur un retour de la croissance qui n’est ni souhaitable pour des raisons écologiques, ni possible pour des raisons économiques je n’hésiterai pas un instant à voter en faveur d’Emmanuel Macron.

Après, quand il sera Président de la République, il devra montrer qu’il est prêt à introduire la proportionnelle dans le mode électoral, qu’il agira pour le système scolaire, qu’il maintiendra la protection sociale en l’améliorant et en la renforçant, qu’il luttera efficacement contre le dérèglement climatique en allant vers une économie bas-carbone, qu’il contribuera à la relance d’une Europe politique, sociale ,écologique et démocratique. Mais cela ce sera demain.

Dans l’immédiat,  je voterai contre Le Pen, pour Macron.

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 22:15

Je ne crains pas le débat politique, les succès qui font joie et partage, les échecs qui attristent et esseulent. Tout cela fait réfléchir, et grandir dans sa tête pour repartir bon pied bon oeil, sur les mêmes chemins, ou dans de nouvelles directions, ou pas.Le résultat du premier tour de l'élection présidentielle est un fait, un aboutissement et en même temps l'occasion de nouvelles énergies. J'aime bien, comme militant de l'écologie politique,  cette idée de nouvelles énergies. 

Mais hier soir, j’ai aussi eu mal à ma France : 7,6 millions de français ont voté pour la candidate de la xénophobie, du racisme, du rejet, de l’exclusion, d’une France rance. En soutenant Fillon, 7,1 millions d’autres français ont voté pour un candidat au moins moralement corrompu, pour le candidat du mensonge, du trafic d'influence, du conflit d'intérêt, d'une France honnie. Les sondages l’annonçaient, l'équivalent d'un français sur cinq l'a concrétisé. Ce ne sont pas seulement nos institutions qui sont malades. Ce sont aussi ces 14,7 millions de français membres d'une communauté nationale à laquelle je suis censé appartenir.

Or je n’ai rien de commun avec cela. Non pas avec ces électeurs, car ils ont le libre droit de penser ce qu’ils veulent, et quelles que soient leurs conditions de vie dans les beaux quartiers bourgeois ou dans les campagnes sinistrées et les banlieues désespérées. Ou dans ma rue. Ou autre part. Mais avec ce qu’ils pensent être la solution, l’honneur, le passé et  l’avenir, la nation, la France, l’Autre, l’ici et l’ailleurs, les racines, l’immobile.

Moi, je préfère l'espoir, l’utopie, le désir, le métissage, le bourgeonnement, le foisonnement, mon histoire qui n’est pas celle de mon voisin et qui pourtant nous est commune, notre histoire de France, notre histoire du monde. Une histoire de destins croisés, multiples, multicolores, en mouvement. Où les hommes et les femmes qui habitent notre belle planète de plus en plus défigurée passent avant tous les dieux possibles et imaginables. Une France qui ne se raconte pas à l'imparfait, ni  la première personne du singulier. Mais au futur, à la première personne du pluriel. Plutôt nous pourrons que je veux.

Cette France-là ce n'est pas la France des Le Pen et des Fillon de tout poil. Cette France-là c'est ma France, c'est ma communauté internationale à moi. Et aux Autres. Et j'espère qu'un jour je n'aurai plus mal à ma France.

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 23:15

Je suis écologiste, je ne suis pas socialiste, pourtant je soutiens la candidature du socialiste Benoit Hamon à l’élection présidentielle.

Je ne suis pas un soutien inconditionnel de François Hollande. Hollande ne sortait pas de nulle part en 2012 et je n'ai jamais été étonné des politiques qu'il a menées pendant 5 ans, au plan économique, social, sociétal, et international. Ceux qui ont cru le contraire devaient vivre dans une bulle ces 20 dernières années. Mais j’acte le fait qu’il a hérité d’une France laissée en triste état après 10 ans de chiraquisme et de sarkozisme ; qu'il a essayé d’y remédier; qu'il a globalement préservé le contrat social français même s'il n'a pas terrassé la finance.

Je lui reproche par contre d’avoir commis six grandes erreurs : la déchéance de nationalité dont l'idée n'aurait même pas due effleurer un neurone de son cerveau; la désignation de Manuel Valls,  homme du passé et du passif, comme 1er ministre alors que c’est un homme de clivage et non de rassemblement; son incompréhension des enjeux écologiques malgré la COP21 qui ressemble plus à un coup politique dans la trajectoire présidentielle qu'il préparait alors; son incapacité à expliquer sa politique alors que son bilan est en demi-teinte, quoique n’en disent même plus ses proches et anciens proches et évidemment les frondeurs qui ne sont même pas capables de reconnaître certaines évidences ; l’accompagnement de la généralisation de la surveillance de la société même si je suis conscient que le risque nouveau d’un terrorisme mondialisé nous a fait passer à une nouvelle époque; être rester dans une vision passéiste du monde du travail, on le voit avec ses déclaration de ce jour qui confirment que ce n'est plus un homme d'avenir.

Je ne suis pas non plus parmi les soutiens béni-oui-oui de Benoit Hamon car sa posture parlementaire ces dernières années m’a irrité, mais moins que certains autres frondeurs plus jusqu’au-boutistes que lui. Je ne sais pas si la crise que traverse le PS est salutaire, mais on voit bien que partout en Europe et sur d'autres continents, des ruptures se font  face aux reflux économiques, écologiques, démocratiques qui n'épargnent pas les gauches, mais pas uniquement elles. Le PS français en est un symptôme. Le diagnostic est posé, le remède est encore inconnu, quoiqu'en dise chacun des clans qui le composent, y compris les amis de Benoit Hamon.

Comme militant écologiste, je n’ai pas apprécié la manière dont nos deux ministres ont quitté le gouvernement, celle dont une partie de nos parlementaires ont rejoint les frondeurs, et la manière dont mon parti s'est solidarisé. J’ai gardé de la sympathie pour nombre d’amis écologistes qui ont choisi de vivre leur engagement ailleurs que dans le parti auquel j’appartiens, en soutenant in fine parfois B. Hamon, parfois E. Macron. Je n’ai par contre aucune appétence envers celles et ceux qui ont conduit EELV vers une dérive sectaire, recroquevillée sur son appareil, alors que l’écologie politique ne fait sens que dans la pluralité des opinions et des démarches, celles et ceux qui pour partie sont aux commandes de l'appareil et d'autres qui sont la vitrine officielle d'eelv canal frondeur historique . Pourtant, après la petite primaire écologique, j’ai décidé de soutenir la candidature de Yannick Jadot malgré certaines de ses prises de position car il était légitime, puis l’accord programmatique avec Benoit Hamon, vainqueur de la primaire de la BAP.

Je fais partie de celles et ceux qui identifie le Front National, quelle que soit sa forme et ses chefs, comme un risque pour la démocratie, cela fait aussi partie de ma culture politique. Je ne mets pas sur le même plan les partis démocratiques et le FN. Je ne mets pas le parti socialiste et ses militants sur le même plan ; je ne mets pas En Marche et ses militants sur le même plan même si Macron est libéral, ce qui n'est pas une tare en soi, et qu'à ce titre il porte des propositions plus proches de celles de Sarkozy que des diverses  gauches . Je ne mets pas la France Insoumise et ses militants sur le même plan même si je suis en total désaccord avec les positions de Mélenchon sur l'Europe et plus largement sur les relations internationales. A contrario je sais qu’il y a parfois des porosités nauséabondes émanant de franges de certains partis démocratiques de droite avec le FN. Dans le premier cas je n’aurai pas de problème pour mon vote au second tour si Hamon venait à être battu ce que je ne souhaite pas. Dans le second cas, le problème peut se poser sans qUE ce soit certain. Aussi je suis en mésentente profonde avec celles et ceux qui disent, y compris dans mon propre camp, y compris dans le camp de mes alliés d’aujourd’hui, que ces partis sont le marchepied du FN en 2022. J’entends les arguments, je ne les partage pas.

Comme militant politique, je suis en désaccord à celles et ceux qui se contentent de postures contestataires sans vouloir agir sur la marche des affaires publiques en prenant en main les manettes à tous les niveaux institutionnels possibles. La question autant celle de la conquête du pouvoir que de l'instauration de contre-pouvoirs. Je suis au contraire favorable à une écologie de gouvernement, voire à une gauche de gouvernement. Je sais que les marges de manœuvre se réduisent de plus en plus, mais je sais aussi que l’on peut aussi agir sur des morceaux la vie quotidienne des Français et des générations à venir, pour qu'aujourd’hui, demain et après-demain ne soient pas une fatalité mais une chance.

J’ai donc décidé de soutenir activement la candidature de Benoit Hamon, parce que:

  • Il est légitime après la primaire de la BAP, et qu’il n’est pas auto-désigné. J’ai horreur des cultes de personnalité et de ce que les historiens nomment le bonapartisme.
  • Il s’inscrit dans cette démarche de gauche de gouvernement.. A mes yeux c’est un social-démocrate, mais des temps modernes, qui a remisé au grenier les dogmes de la gauche des 19eme et 20ème siècle et a actualisé en quelques mois la pensée poussiéreuse du PS, familiarisé les français avec des idées que les écologistes portent par ailleurs.
  • Dans une phase de mutation du travail, et à l’heure où l’on veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes et le développement de la précarité et des bas salaires comme étant synonyme de la baisse du chômage, il a réussi à expliquer la fin d'une croissance durablement exponentielle, ce qui de fait met en cause à la fois les modes de consommation de masse dans un pays riche très équipé en presque tout et l'organisation du travail; ceci oblige à réfléchir aux conséquence de l'automatisation de nombreuses tâches et processus professionnels.
  • Il a popularisé la notion de revenu universel d’existence porté par les écologistes depuis un certain temps (cf mon blog octobre 2016 par exemple), comme symbole d'un nouveau progrès humain. Il a mis cette proposition en résonance avec une réforme profonde et nécessaire de l’ensemble de la fiscalité.
  • Il a intégré l’écologie et la transition écologique comme faisant partie dorénavant du squelette de toute avancée sociale, de toute avancée humaine, ce qui ne peut que convenir à un écologiste comme moi. Il a bien fait le lien avec les désastres environnementaux, qu’il s’agisse de la nature et des écosystèmes, de la santé, des guerres, de la place respective du nucléaire et des énergies alternatives, du réchauffement climatique, des crises migratoires. de l'avenir de l’humanité et de la planète.
  • Il veut rendre l’Union européenne, qui nous a apporté plusieurs décennies, plus sociale, plus écologiste et tournée vers plus de solidarité de paix alors qu'elle craque sous presque toutes ses coutures. Ce qui passe notamment par une réelle démocratisation de la zone euro, au minimum.
  • Il a mis en débat, avec d'autres d'ailleurs, le renouveau des institutions. Les réformes successives (inversion du calendrier présidentiel/législatif, raccourcissement du mandat présidentiel notamment) nous ont déjà fait passer à autre chose que la 5ème République. En faut-il une 6ème ou une 7ème? Certainement.
  • il a fait part de son approche d'une laïcité, ouverte, tolérante mais aussi intransigeante. ce que je partage.

Pour toutes ces raisons, et quelques autres,

je vote Benoit Hamon

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 14:00

Que ce soit lors de la primaire de la gauche ou du 1er tour des élections présidentielles, je vote et j'appelle à voter en faveur de l'écologie.

En novembre dernier, nombre de sympathisants de gauche, de militants de gauche, de militants écologistes ont voulu participer à la la primaire de la droite. Officiellement, pour faire barrage à Sarkozy et éviter un duel entre l’ancien Président et le FN, duel jugé plus favorable à Le Pen mais aussi parce qu’ils avaient intériorisé une défaite possible, probable de la gauche. Pire, parce qu’ils la souhaitaient, à cause des illusions qu’ils avaient mis dans la gauche en 2012, oubliant les années Mitterrand ou les années Jospin, faites d’avancées sociales, démocratiques, écologiques, mais aussi de reculs.

Je n’ai pas aimé à ce moment-là la rage de vouloir balayer un parti socialiste traité de tous les noms, jugé responsable de tous les maux, comme si 10 ans de gouvernements de droites n'avaient laissé aucune trace, comme si le monde n’était pas en mouvement, comme si le PS n'était pas balloté par la tempête des représentations politiques. Ce qu’on avait pu vivre après les élections municipales et régionales étaient un signal, le social-libéralisme a été désigné seul coupable. Etait-ce sérieux?  Je n’ai pas compris le sens historique que pouvait prendre la guérilla menée par les frondeurs socialistes et une partie des écologistes au Parlement dès 2012, même si j’en déchiffrais le sens politique. Cela a conduit à des erreurs de jugements, des contresens politiques et à ne plus avoir de représentation politique de gauche ou écologique dans de grandes régions, telles les Hauts-de-France et PACA

Le bilan a été édifiant ; tous ces gens n’avaient pas vu venir et su interpréter la lame de fond qui traverse le pays, mais aussi l’Europe, mais aussi le monde. Et la primaire de droite a donné le résultat que l’on sait.

Je suis aussi sidéré de voir comment certains thuriféraires de l’anti-hollandisme sont depuis quelques semaines aimantés par la candidature Macron, après avoir fait l'apologie de Juppé lors de la primaire de la droite, sans même lire leurs programmes respectifs. Il est vrai que la nature humaine peut être des plus mystérieuses.

La primaire de la gauche va prochainement essayer de renouveler une offre politique centrée sur le PS après le renoncement de F. Hollande, la chasse aux sorcières dont il a été à la fois la cause et la victime, et les règlements de comptes d’apothicaires dont il a fait les frais. Cette offre pourra-t-elle émerger ? C’est aux électeurs de le dire.

Pour ma part, j’ai décidé de participer au 1er tour de cette primaire-là. Non pas pour choisir un socialiste parmi d’autres, non pas pour affaiblir la gauche et les écologistes au profit de l’extrême-droite, mais pour dire et affirmer ma volonté d’écologie, d’une écologie qui s’adresse à tous et propose des solutions pour demain qui n’excluent personne.

En effet, parmi les 7 candidats figure un écologiste que je connais depuis longtemps et dont les convictions écologistes sont incontestables, François de Rugy, député et Vice-président de l’Assemblée Nationale. On peut être en désaccord sur tel ou tel point de son projet,et je le suis, Mais pas sur le fond de son engagement écologique. François de Rugy a quitté EELV en 2015 pour cofonder le parti écologiste plutôt partisan d’une écologie réformiste. A cette époque, déjà favorable au rassemblement de la sphère écolo la plus large possible, j’ai pensé que sa démarche n’allait pas dans le bon sens et était inappropriée malgré la crise profonde que traversait EELV due à des positions extrêmement radicales, voire sectaire de la majorité de ses militants, provoquant une évaporation des adhésions. Je suis d’ailleurs depuis longtemps  dans la minorité de ce parti pour ces raisons. Ce désaccord stratégique avec François de Rugy, mes divergences avec certains points de son programme présidentiel ne m’empêcheront pas de voter pour lui et d’appeler à voter pour lui au premier tour de la primaire de la gauche, pour que l’écologie soit entendue.

S’il est sain que d’autres candidats s’écologisent (il y avait eu Juppé, il y a désormais Mélenchon et Hamon), je considère qu’un vote pour un changement de modèle de développement passe par le vote clair et net en faveur de l’écologie. Donc pour François de Rugy dans le cadre de la primaire de la gauche.

Il est probable que celui-ci ne passera pas la barre du 1er tour (ou alors ce serait une formidable surprise). En conséquence de quoi je ne participerai pas au second tour de la primaire de la gauche.

Et je me rabattrai alors sur l’élection présidentielle, ou tout au moins sur son premier tour. Le second tour reste pour moi pour l’instant une inconnue. Et sur le seul candidat porteur alors d’écologie.

Je faisais partie de ceux qui militaient pour que eelv participent à la primaire de la gauche, proposition pas du tout acceptée au sein de EELV à mon grand regret. EELV a organisé sa propre primaire, ce qui ne me convenait pas.

J’ai toutefois fait le choix, très récent,  de soutenir quand même la candidature de Yannick Jadot, seule candidature véritablement écologiste dans le panel des candidats potentiels le 23 avril prochain. Comme lui mon obsession est la victoire de l’écologie.

Seule une forte mobilisation de l’électorat lors de primaires de la gauche et du premier tour de l’élection présidentielle peut permettre d’éviter le duel annoncé entre le candidat de la droite et celui de l’extrême-droite. Et si cette mobilisation s’oriente vers l’écologie, c’est que les électrices et les électeurs sauront donner du sens à leur vote, et éviteront un vote par défaut.

L’écologie, c’est le vote de conviction. C'est ma conviction. Ce peut être la votre.

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