Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 23:35

Alors qu’une récente étude estime à 5 % les chances d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris, Emmanuel Macron continue de défendre l’ambition du texte sur la scène internationale. Au risque d’oublier que la France est loin d’être exemplaire, notamment du fait de sa tendance à délocaliser ses émissions de gaz à effet de serre.

 

Notoirement absente de la campagne électorale d’Emmanuel Macron, la question climatique est bizarrement apparue après son élection comme un élément central de son discours de chef d’Etat. Visiblement affecté par la décision des Etats-Unis de se retirer de l’accord de Paris, on se souvient que le président français n’avait pas hésité alors à s’ériger en donneur de leçon. L’épisode fut d’ailleurs marqué par ce tweet rageur que chacun garde en mémoire : «Make our planet great again» – paraphrase du «Make America great again» du président des Etats-Unis. Le slogan eut alors l’effet d’une véritable bombe médiatique, se répandant à une vitesse telle qu’il devint en quelques heures le tweet français le plus relayé de l’histoire des réseaux sociaux.

 

Mais comme chacun sait, il faut parfois se méfier des bombes : il arrive qu’elles vous sautent à la figure. C’est ce qui pourrait arriver à Emmanuel Macron s’il venait à oublier que la France est encore loin de pouvoir donner des leçons au reste du monde en matière de transition post-carbone. Car si notre pays peut s’enorgueillir d’être parvenu à réduire d’environ 15 % ses émissions de gaz à effet de serre depuis 1990, il faut se souvenir que la marche à gravir est d’une tout autre hauteur.

Pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés à l’horizon 2050, la France devra en effet réduire de 75 % ses émissions, ce qui suppose d’accélérer considérablement le rythme de la transition : d’une modeste réduction des rejets de 1 % par an, il faut urgemment passer à un rythme annuel de 3 à 4%… et maintenir cette cadence pendant plus de trente ans ! Autant dire une véritable révolution.

Et comme si le défi à relever n’était pas suffisamment immense, voilà que les réductions d’émissions affichées jusque-là par la France apparaissent en réalité comme largement factices. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est le secteur de l’industrie qui a le plus diminué ses rejets de gaz à effet de serre au cours des décennies passées. Or cette baisse est en grande partie due à la délocalisation massive de la production dans les pays en développement. Et comme les Français n’ont pas pour autant réduit leurs consommations de biens manufacturés, cela revient à dire que les émissions de ce secteur ont été, elles aussi, délocalisées. C’est ce dont témoigne l’empreinte carbone de la France.Cet indicateur, qui mesure les émissions incorporées dans la consommation finale des ménages, nous apprend que le mode de vie des Français génère sur l’ensemble de la planète plus de 10 tonnes de CO2par habitant, par an, soit 45 % de plus que les émissions nationales. Autrement dit, la France délocalise près d’un tiers des émissions nécessaires à la consommation finale de ses habitants. Une étude menée en 2010 montrait même qu’entre 1990 et 2007, alors que la France réduisait ses émissions directes de gaz à effet de serre, son empreinte carbone continuait de croître.

Evidemment, cette nuance n’aura pas pu échapper à un Président dont on sait qu’il revendique publiquement la complexité de sa pensée. Reste alors à faire de la France un pays réellement exemplaire, capable de réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre sans pour autant les reporter sur le reste du monde. Sans quoi il sera probablement plus difficile à l’avenir pour Emmanuel Macron d’inviter les autres nations à faire de la planète un endroit… «great again».

En matière de transition écologique, peut-être encore plus que dans d’autres domaines, il est décidément temps de passer des petites phrases assassines aux actions d’envergure.

Aurélien Boutaud et Natacha Gondran sont les auteurs de l’Empreinte écologique, éditions La Découverte, 2009.

 

Libération, 10 août 2017 Aurélien Boutaud, environnementaliste

Repost 0
Published by patrick - dans environnement
commenter cet article
3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 23:18

Comme il l’avait promis dans son programme électoral, Donald Trump fait le choix de retirer les USA, deuxième pollueur à l’échelle mondiale, de l’accord de Paris. La CFDT s’inquiète mais reste mobilisée.

Entre consternation et colère, tous les pays ont réagi à l’annonce faite le 1er juin 2017 par le président des États-Unis. Voté en décembre 2015 par 195 pays pour contenir le réchauffement climatique en-dessous de deux degrés d’ici à la fin du siècle, ratifié à ce jour par 147 pays, l’accord de Paris était le premier consensus mondial en faveur de la transition écologique (retrouvez notre dossier complet ici). En annonçant son retrait de l’accord, Donald Trump envoie un très mauvais signal au reste du monde.

Car, avant même cette décision, l’objectif de l’accord de Paris était déjà mis en péril, les promesses des pays pour réduire leurs émissions ne permettant pas, pour le moment, de faire baisser le thermomètre en-dessous des trois degrés par rapport à l’ère préindustrielle. Tandis qu’il faudrait réviser à la hausse ces indicateurs, les USA, deuxième émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, se désolidarisent de toute responsabilité dans le réchauffement climatique. Une annonce qui menace la planète et accentue l’injustice envers les pays les plus exposés actuellement aux sécheresses, typhons et à la montée des eaux des océans.

Ce que demande l’accord de Paris

À Paris, les communautés de pays du monde entier ont validé une feuille de route par laquelle elles s’engagent à établir des plans climat, en toute transparence, et à les réviser tous les cinq ans à la hausse. Ce qui était demandé aux USA, fin 2015, c’était précisément de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 28 à 26% d’ici à 2025. Les Américains devaient également contribuer au financement du fonds vert international destiné à aider les pays pauvres à se développer avec des énergies renouvelables. Les USA avaient promis une aide de 3 milliards de dollars qui ne seront donc pas versés. Le président américain a en outre clairement expliqué qu’il voulait sauver l’industrie du charbon, en dépit de son déclin programmé et tandis que d’autres secteurs se développent (dont les gaz naturels et les énergies renouvelables).

Derrière cet acte de « désinvolture majeure » comme l’a qualifié le nouveau ministre de l’Écologie, Nicolas Hulot, l’entrée en résistance des pays signataires devra être forte pour faire vivre l’accord malgré la décision de Donald Trump.

Organiser la résistance écologique

Beaucoup de villes américaines ont annoncé dans la nuit qu’elles respecteraient leurs engagements en faveur du climat, de même que des centaines d’investisseurs, de chercheurs et d’entreprises, y compris des sociétés pétrolières comme ExxonMobil, qui s’étaient prononcées pour la fin des énergies fossiles.

Comme l’a martelé la CFDT au sein de la Confédération syndicale internationale lors de la Cop 21 qui a permis le vote de l’accord de Paris, il n’y a pas d’alternative pour la planète dont l’avenir, quelles que soient les contraintes de l’accord et la décision des USA, passe par la décarbonation de l’économie mondiale. Il n’y a pas d’autre avenir non plus pour les travailleurs. La CFDT, engagée depuis de nombreuses années pour la transition énergétique, espère vivement que le verdissement des échanges commerciaux se renforce et qu’un débat sur la compétitivité des entreprises vertueuses s’impose rapidement

Repost 0
Published by patrick - dans environnement
commenter cet article
31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 14:27

En 2013, malgré l'hostilité d'une partie de la droite locale et de quelques commerçants mais à la grande satisfaction des Colombiens, nous avons rendu la rue Saint-Denis aux piétons et aux modes doux. Fini les voitures qui empuentaient l'environnement, qui cachaient les vitrines des commerçants, qui obligeant les piétons à se coller sur des trottoirs étroits.
La piétonisation à été un tel succès que les chiffres d'affaires des commerces ont augmenté, que plusieurs ont refait leurs vitrines.
Matin et soir c'est un flot de salariés qui vont ou viennent de la gare. Les élèves des écoles sont sécurisés, à pied ou en vélo. Le soir et le week-end les familles se pressent, déambulent.

Tout le monde partage cet espace en bonne intelligence. Mais quelques grincheux et grincheuses ont considéré que les vélos, qui ne peuvent aller vite sur cette voie, étaient dangereux. Pas les scooters dont les moteurs tournent sans cesse place Chavany, pas les véhicules de livraisons de Monoprix qui encombrent par dérogation la voie publique.

Non, ce sont les vélos qui sont dangereux aux yeux de certains, dont probablement le maire-adjoint LR aux circulations suppléant aux législatives dans la 2eme circonscription des Hauts-de-Seine et adepte du 2 roues motorisées.

Alors que l'enjeu est le développement des circulations douces et la réduction de la place de la voiture en ville dans le cadre schéma communal voire intercommunal.de déplacements, avec concomitamment l'amélioration de la qualité de service des transports en commun, on est loin de tout cela. La solution trouvée par la municipalité est une véritable régression au regard de nombres initiatives en Ile-de-France et dans le département : poser de nouveaux panneaux interdisant notamment la circulation des vélos. A la veille de la semaine du Développement Durable, cette décision est un grand pas en arrière, et anti-écologique. C'est vraiment du grand n'importe quoi.

aussi, j'invite à signer la pétition qu'à lancé  le MDB de Colombes - Colombes à Vélo sur change.org

Mairie de Colombes: Colombes : pour la circulation des cyclistes rue St-Denis.

 

Repost 0
Published by patrick - dans environnement
commenter cet article
2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 21:32
     

                                                      Debat coorganisé par le CEIC et la MJC
                                                                Mardi 14 mars 2017 
                                                                        à 20h30 
                                                         à la MJC de Colombes

                                                 Reussir la transition energetique 

Une France 100% renouvelables, c'est possible dès 2050 !

                                   Présentation du scénario négaWatt 2017/2050 :
                       Stéphane Signoret, ambassadeur de l'association négaWatt 

1. Un constat majeur : La courbe de la consommation s'est inversée - La consommation d'énergie est orientée à la baisse dans l'ensemble des pays de l'OCDE

2. La sobriété et l'efficacité sont les clés de l'inflexion de la demande - Ce résultat est obtenu grâce à la maitrise du dimensionnement, du nombre et de l'usage de nos appareils et équipements et au développement d'un programme de rénovation énergétique des bâtiments
Repost 0
28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 11:04

« Faut-il opposer les enjeux sociaux et environnementaux ? Si c'était le cas nous serions bien en peine car au fond il nous est impossible d'arbitrer entre les deux. La priorité est donc d'analyser ce qui est nécessaire pour la transition, d'en mesurer les effets positifs pour l'emploi, pour la lutte contre les inégalités, pour le pouvoir d'achat, mais aussi les effets éventuellement négatifs et de prendre les mesures correctives qui s'imposent. C'est animé d'un tel objectif qu'il faut passer quelques grands enjeux en revue. Je me concentrerai ici sur l'emploi.

On ne compte plus les études qui montrent que plus d'environnement c'est plus d'emplois. L'Ademe a montré pour la France que la transition pouvait créer jusqu'à 900 000 emplois nets. Autrement dit ne pas faire la transition c'est renoncer à créer 900 000 emplois ! La France peut-elle se le permettre ? Dans le monde, selon l'Organisation internationale il y aura 60 000 millions d’emplois supplémentaires d’ici 2030 dans un monde qui lutte contre le dérèglement climatique. Pourquoi ces résultats positifs ? Notamment parce que la transition remplace de l'énergie par du travail humain. Par exemple, l'isolation d'un bâtiment crée plus d'emplois que toute forme d'énergie utilisé pour le chauffer; et l'agriculture biologique a besoin de deux fois plus de main d'oeuvre pour la meme production que l'agriculture conventionnelle car elle utilise moins d'intrants chimiques. Une économie plus verte c'est une économie plus intensive en emplois. Et c'est une très bonne nouvelle !

Pour autant certains emplois sont bien menacés par la transition. Et sur certains territoires, sur certains bassins d'emplois ce sont d'abord les menaces que l'on voit avant de mesurer les opportunités. C'est pourquoi le WWF propose la mise en place d'un "contrat de transition écologique" qui permette de prendre le problème à bras le corps et de gérer les nécessaires évolutions tout en sécurisant les parcours des salariés concernés. Si nous avions eu ce type de contrat il eut sans doute été plus facile de gérer les tensions récentes apparues autour de la décision de mettre en place un prix du carbone sur l'électricité produite à base de charbon. Décision remisée bien qu'annoncée, notamment faute d'avoir anticipée les conséquences sociales pour les quelques centaines de personnes concernées.

Comme le dit joliment Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI "il n'y a pas d'emplois sur une planète morte". Le WWF travaille, avec les entreprises, les syndicats et les élus locaux pour créer du consensus autour de ces sujets. C'est ce consensus qui permet dans la durée de mener les bonnes politiques sans faire des aller-retour incompréhensibles pour les investisseurs comme pour les citoyens. Fixons le cap et négocions les dispositifs qui permettent de tirer le maximum d'opportunités de la transition, d'en partager les bénéfices et d'en limiter les effets négatifs. Nous aurons alors trouvé les voies d'une transition juste, désirable par tous et bénéfique pour chacun. »

Pascal CANFIN

Directeur général de WWF France 
Repost 0
Published by patrick - dans environnement
commenter cet article
12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 13:10

un sprint réussi pour l’entrée en vigueur ! A condition d’enchaîner sur un marathon des solutions ?

Publié le 06 octobre 2016

La Fondation Nicolas Hulot salue la décision unanime sur la ratification de l’accord de Paris par les ministres de l’environnement de l’Union Européenne vendredi 30 septembre.

L’Union Européenne et l’Inde en finalisant leur processus de ratification dès début octobre pourraient permettre à l’accord de Paris d’entrer en vigueur au moment de la COP22.

L’UE, en accélérant la ratification de l’accord, vient de rappeler qu’elle est encore capable de tours de force diplomatiques en matière de lutte contre la crise climatique. Il s’agit maintenant de mettre cette force politique au service de la transition écologique : cet automne deux nouvelles propositions législatives sont attendues sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique tandis que les discussions se poursuivent sur la réforme du marché du carbone (EU-ETS).

Autant d’occasions de faire preuve d’une ambition retrouvée en visant par exemple une amélioration de 40 % de l’efficacité énergétique d’ici 2030 à la place des insuffisants 27% annoncés dans la contribution européenne à la COP21 qui nous conduirait vers un réchauffement de plus de 3°C.

Enfin, et c’est une priorité pour la Fondation Nicolas Hulot, les Etats européens doivent mettre en cohérence politique commerciale et politique climatique en s’opposant à l’entrée en vigueur de l’accord climaticide de libre échange avec le Canada (CETA).

Repost 0
Published by patrick - dans environnement
commenter cet article
23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 13:55

Quels impacts environnementaux peut-on attendre de la piétonisation des berges de la Seine ? La maire de Paris, Anne Hidalgo, n’a de cesse de rappeler sa volonté de faire de la capitale une ville apaisée, sécurisée, respirable, et de mettre en avant l’enjeu de santé publique. Les opposants au projet dénoncent de leur côté une forte détérioration de la circulation dans le secteur et assurent que la qualité de l’air ne peut que se dégrader dans un tel contexte

La fermeture de la rive gauche des berges de Seine, en 2013, a livré quelques enseignements : les hypothèses de hausse du trafic ont été démenties par les faits. Evalué par les études à sept minutes, l’allongement du temps de parcours entre la gare d’Austerlitz et le pont Bir-Hakeim n’excède pas, dans la réalité, deux à trois minutes.

L’expérience montre que les perturbations liées à la fermeture d’un axe routier n’ont qu’un temps et « sont loin d’être aussi alarmantes que les prédictions », observe Phil Goodwin, professeur honoraire en politique des transports de l’University College de Londres, qui a étudié le cas de quelque 70 villes dans 11 pays, ayant restreint ou supprimé des voies de circulation.

Les comportements évoluent

Passé les ajustements de départ, la circulation s’ordonne d’elle-même. Et tend même à diminuer. De 11 % en moyenne, selon Phil Goodwin, cette baisse du trafic peut être plus ou moins forte selon les possibilités de report et s’explique par des changements de comportements. Si certains automobilistes changent d’itinéraire, d’autres optent pour un autre mode de déplacement (vélo, bus, métro, marche…), diminuent le nombre et la longueur de leurs trajets, s’essaient au télétravail certains jours, ou au covoiturage… A plus long terme, cela peut même porter des personnes à déménager pour se rapprocher de leur lieu professionnel, voire à changer de travail.

« Le degré et la vitesse d’adaptation dépendent de l’importance de la contrainte et des possibilités de report de circulation et de reports modaux », souligne Frédéric Héran, chercheur en économie des transports au Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé) de l’université de Lille-I.

Plusieurs mesures déjà prises

« Cette évaporation du trafic n’est pas une théorie, c’est un constat, insiste-t-il, tout en rappelant que le trafic automobile à Paris a déjà diminué de 28 % depuis 2001. « Les mesures de restriction de la voiture ont même commencé sous [Jean] Tiberi : les plots anti-stationnement constituaient une première gêne à la circulation, restreignant les places de parking. » Limitation des places de stationnement, création de couloirs de bus, de voies de tram, de pistes cyclables, de voies à sens unique : autant de mesures prises depuis, visant à réduire la place de la voiture dans Paris.

Une étude d’Airparif de juillet 2013 confirme cette diminution du trafic dans la capitale et montre que le recul de la voiture a eu un impact significatif sur la qualité de l’air entre 2002 et 2012, du fait de la réduction des émissions de polluants émis dans l’atmosphère. Sur ces dix ans, la baisse des émissions d’oxydes d’azote (NOx) et celle des émissions de particules fines atteignent respectivement 30 % et 35 %, dont un tiers du fait des aménagements de voirie.

« L’impact sur la qualité de l’air aurait pu être plus conséquent si la diésélisation avait été moindre et si les mesures prises s’étaient étendues à l’ensemble de l’agglomération parisienne, relève Karine Léger, d’Airparif. Ce qui montre la nécessité d’agir à cette échelle, et de jouer à la fois sur le volume du trafic et sur le parc roulant. »

Laetitia Van Eeckhout LE MONDE | 23.09.2016

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/09/23/fermeture-des-berges-une-evaporation-du-trafic-automatique_5002363_3244.html#cyRsSsSWk7bXhb3v.99

Repost 0
Published by patrick - dans environnement
commenter cet article
23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 13:45

Pourquoi Colombes ne pourrait pas bénéficier du nouveau Vélib?

L’offre Vélib’ est appelée à s’étendre en banlieue parisienne. Les Colombiens pourraient largement bénéficier de ce développement, mais votre majorité municipale soit s’en désintéresse, soit ne le souhaite pas.

Que ce soit à Paris ou dans les communes limitrophes, Vélib’ a constitué depuis 2007 un vecteur incontestable de développement du vélo.

Juridiquement, après avis du Conseil d'Etat, le montage actuel du contrat Vélib’, lié aux recettes publicitaires de Paris avec la société JC Decaux, empêche toute extension aux communes limitrophes au-delà de la distance de 1,5 kilomètre de la frontière parisienne.

Le contrat qui lie la Ville de Paris au prestataire du service Vélib’ arrive à expiration en février 2017. A l’occasion du renouvellement de ce contrat, nombre de communes ont l’ambition de changer de dimension et d’étendre Vélib’ à la Métropole du Grand Paris, dont fait partie Colombes.

Dans une optique de lutte contre la pollution, de promotion des mobilités actives et de développement de l’intermodalité, l’extension de l’aire d’usage de Vélib’ semble également essentielle aux écologistes.

En prévision de la fin du contrat, l’APUR a réalisé en 2015 une étude prospective qui a permis de définir un périmètre indicatif de pertinence de Vélib’ d’une cinquantaine de communes de la petite couronne.

Vélib’ va ainsi pouvoir s’affranchir de son périmètre limité à 1,5km de Paris imposé par le Conseil d’Etat.

Deux enjeux ont été identifiés :

  • Un premier enjeu juridique, lié à la définition de l'entité qui serait en charge du suivi de Vélib', de la même manière que le syndicat mixte Autolib’ aujourd'hui est en charge de la DSP Autolib'.
  • Le deuxième enjeu est un enjeu financier afin de trouver un nouveau modèle économique.

Sur la base de cette étude, des réunions avec les communes qui ont déjà Vélib’ et celles qui ne l'ont pas mais sont dans le périmètre de pertinence APUR, ont déjà été organisées. Ces réunions ont permis de définir un premier cadre institutionnel de discussion par la création d’un syndicat temporaire d’études, Vélib' Métropole. Ses frais de fonctionnement, de l’ordre de 1,1M€, ont été pris en charge par la Ville de Paris en 2016. L’adhésion, gratuite, ne signifie pas pour autant adoption du futur Vélib’ dont une estimation du coût futur ne pourra être donnée qu’à la fin de cette année, suite à la procédure de dialogue compétitif actuellement en cours (coût par station et contribution au fonctionnement du service qui dépendra du nombre de stations et de vélos sur chaque territoire communal).

Le syndicat d’étude Vélib’ Métropole, envisage la mise à disposition de vélos à assistance électrique en particulier pour les quartiers ou communes qui comportent de fortes déclivités. Ce pourrait être peut-être le cas de Colombes . Notre ville devrait donc plaider pour la mise à disposition de ce type de vélo dans notre commune.

L’étude de l’APUR envisage 163 stations Vélib' supplémentaires dans le département des Hauts-de-Seine, ce qui porterait leur nombre à 264, contre 101 actuellement. Les communes nouvellement concernées sont Asnières, Bagneux, Bois-Colombes, Bourg-la-Reine, Châtillon, Clamart, Colombes, Courbevoie, Fontenay-aux-Roses, La Garenne-Colombes, Gennevilliers, Nanterre, Rueil-Malmaison, Sceaux et Sèvres. Parmi ces nouveaux territoires, Courbevoie est le mieux servi avec 18 stations envisagées, suivi par les 13 stations d'Asnières, puis Colombes avec 11 stations. Sur l’intercommunalité Boucle de Seine, ce sont 42 stations qui sont envisagées (Clichy, qui en a déjà 13, passerait à 23 stations).

Naturellement, ce sont des estimations qui doivent être validées en fonctions des souhaits des communes et des impacts financiers. Pour l’instant, parmi les 15 communes que je viens de citer, seules Colombes, de manière incompréhensible, et Gennevilliers ont décidé de pas participer aux études en cours.

En ne souhaitant pas participer aux études en cours, vous affichez votre frilosité à multiplier les différents types de soutiens au développement des modes doux dans notre ville.

Colombes dispose de 4 gares et dans quelques années de deux lignes de tramway, et bientôt de deux grands parkings à vélo aux gares du Centre et du Stade mais la plupart des arceaux à vélos dispersés sur la ville sont occupés par des scooters et autres motos, laissant peu de place aux vélos ; vous prétendez vouloir réaliser un nouveau quartier écologique pas loin de la gare du Stade sur les terrains Thalès mais votre absence du syndicat Vélib Métropole est un mauvais signal à cet égard.

De même, l’association Colombes à Vélo, affiliée à l’association nationale Mieux se Déplacer à Bicyclette (MDB) qui vise à développer la vélomobilité au quotidien, avait mis sur son site un compte-rendu d’une rencontre avec M. Hémonet et Mme Vignon du 9 novembre 2015, il y a presque un an. On peut y lire qu’une demande de l’association consistait à réaliser un itinéraire cyclable aménagé et continu rue d’Estienne d’Orves, accompagnant la mise en sens unique de la rue sur toute sa longueur. M. Hémonet, qui était en accord avec cette proposition, avait alors indiqué qu’il souhaitait attendre la création de l’intercommunalité. Aujourd’hui qu’elle existe, aucune mesure allant dans ce sens n'est prise. Quant aux zones 30 et aux zones de rencontres, on attend toujours la concrétisation de vos engagements, y compris budgétairement.

Madame la Maire, est-ce votre opposition à la Métropole du Grand Paris qui vous amène à rejeter l'étude du déploiement de Vélib’ sur notre Commune? Si tel n’est pas le cas, pouvez dire aux Colombiens les raisons pour lesquelles vous ne voulez pas adhérer au syndicat d’études? Et si vous n'en avez toujours pas l’intention dans les prochains mois, dire aux Colombiens les raisons pour lesquelles vous sacrifiez à la fois leur santé mais aussi la lutte contre les Gaz à Effet de Serre, donc le combat pour préserver la planète ?

Repost 0
Published by patrick - dans environnement
commenter cet article
16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 23:02

Dans la séquence électorale qui s’engage, l’écologie ne fait pas l’actualité. Pourtant les programmes et projets des candidats à la primaire de la droite annoncent une régression très claire.

La vision annoncée dans le livre programme de Nicolas Sarkozy est une version réactionnaire, au sens premier du terme. Suppression du principe constitutionnel de précaution, autorisation des gaz de schistes, relance du programme nucléaire, abaissement de toutes les normes environnementales : quand Nicolas Sarkozy prétend vouloir donner «tout pour la France», il faut entendre «surtout rien pour l’écologie».

Et ce, sans que ces concurrents ne disent mot.

Folle dérive qui voit la droite nous parler matin, midi et soir de l’identité nationale en oubliant que l’identité de la France ce sont aussi des paysages, la qualité de vie procurée par son environnement, son patrimoine naturel exceptionnel, ses eaux, ses sols.

Il faut écouter attentivement ce que dit Nicolas Sarkozy dans son entretien au journal Nos chasses: il s’y réjouit de la baisse des subventions aux associations de protection et d’entretien de l’environnement engagées dans les régions remportées par la droite en décembre dernier. Il annonce que cette politique serait celle de l’État si son parti revenait au pouvoir. Peu importe que ces associations jouent un rôle essentiel de protection, d’entretien, de contribution à la connaissance scientifique des milieux: seul compte à ses yeux l’objectif de la disparition d’empêcheurs d’aménager n’importe comment.

Cette réalité je la vis dans ma région, comme peuvent la vivre de nombreux acteurs associatifs chez Monsieur Wauquiez : et à celles et ceux qui sont venus me voir pour dénoncer la baisse de leurs moyens, qui me rapportent qu’on leur a raconté que c’était la conséquence d’une contrainte budgétaire, oui à celles-là et à ceux-là, je conseille de lire attentivement Nicolas Sarkozy. Ils constateront que cette contrainte revendiquée est en réalité un choix politique. Celui de négliger l’écologie dans les politiques publiques et de faire taire ceux qui la défendent. Car l’étranglement financier ne suffit pas au projet de la droite: il s’accompagne d’une promesse de remise à plat de la représentation des associations environnementales dans toutes les instances de consultation et de décision. Dans son délire anti-environnemental, Nicolas Sarkozy balaie des années de combats pour la prise en compte de la nature dans la décision publique, jetant au passage les quelques avancées issues du Grenelle de l’environnement par pertes et profits.

Ne nous y trompons pas: un retour de la droite au pouvoir en 2017 ne marquerait pas, sur le plan environnemental, un coup d’arrêt, mais bien un retour en arrière sans précédent. N’oublions pas que Nicolas Sarkozy a toujours considéré avec mépris la COP 21, qui a pourtant abouti à un accord historique sur le climat.


N’oublions pas que, dans ma région, Xavier Bertrand, qui abandonne le soutien aux énergies renouvelables et notamment à l’éolien, réclame la construction d’un nouvel EPR - impasse technologique avérée et gouffre financier assuré.


Comble de la régression, voila Nicolas Sarkozy qui nie l'impact des activités humaines sur le réchauffement climatique ! Celui qui avait commencé son quinquennat en recevant Al Gore en est aujourd'hui réduit à singer Donald Trump...

Quand j’entends certains, à gauche, dire que le bilan du quinquennat n’est «pas défendable», quand je vois des écologistes s’engager dans une opposition stérile uniquement destinée à se compter quelles qu’en soient les conséquences, je veux dire que, face à une droite aussi réactionnaire sur le plan écologique, il est au contraire indispensable de défendre la loi de transition énergétique, l’interdiction des gaz de schistes, le respect du principe de précaution, les avancées sur le plan de la démocratie environnementale, l’intégration des associations à la décision, la création de l’agence française pour la biodiversité, la sortie programmée des néonicotinoides tueurs d’abeilles, la politique de transition du carburant qui porte ses fruits et voit le diesel devenir minoritaire dans les achats automobiles...

Faut-il aller plus loin ? Oui, cent fois oui, car la crise climatique et l’enjeu de la biodiversité imposent des politiques encore plus volontaristes, qui sont des opportunités pour créer des emplois et vivre mieux. Les débats qui auront lieu dans le cadre de la primaire de la gauche doivent être l’occasion de formuler des propositions ambitieuses en la matière. C’est pourquoi je soutiens la candidature de François de Rugy. Il y portera, je n’en doute pas, la voix d’une écologie audacieuse, créative et pragmatique.

Mais sachons distinguer ceux avec lesquels il est possible d’avancer, de construire, et ceux qui veulent détruire et refusent de prendre en compte la dimension écologique dans leur projet. Et à celles et ceux qui trouvent et disent, parfois à juste titre, que cela ne va pas assez loin, j’ai envie de dire: attention. Attention à ne pas perdre de vue l’essentiel.

Prenez garde à ce que, tout occupés à accabler ceux dont vous jugez qu’ils n’ont pas assez progressé sur la voie de l’écologie, tout occupés à ne décrire le verre qu’à moitié vide, vous ne facilitiez l’arrivée au pouvoir de ceux décidés à le vider totalement.

Barbara Pompili

Secrétaire d’État chargée de la Biodiversité

Repost 0
Published by patrick - dans environnement
commenter cet article
8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 23:16

Selon le Global Footprint Network, le lundi 8 août 2016, l'humanité a consommé l'ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année. Cette date marque donc l'Earth overshoot day – le Jour du dépassement de la Terre en français.

Chaque année, l'ONG canadienne Global Footprint Network détermine le jour à partir duquel l'humanité vit au-delà de son "budget écologique". Ce "jour du dépassement" ou Earth overshoot day en anglais, symbolise le moment où l'humanité a épuisé les capacités régénératrices de la Terre : du stockage du CO2, de l'absorption des pollutions et déchets à la production de matières premières pour la nourriture. A partir de ce jour, nous subvenons à nos besoins en entamant le capital naturel de notre planète via l'extraction de ressources qui ne sont pas renouvelables, la génération de déchets et l'émission de dioxyde de carbone (gaz à effet de serre) qui s'accumule dans l'atmosphère sans être absorbés par les écosystèmes.

Respectée et bien gérée, notre planète nous offre tout ce dont nous avons besoin pour vivre sans compromettre nos ressources naturelles et nos milieux mais lorsque la demande dépasse cette offre, nous atteignons alors le "jour du dépassement" : l'humanité dilapide alors les ressources naturelles plus vite qu'elles ne peuvent se régénérer. A partir d'aujourd'hui, nous vivons donc sur une dette qui s'accumule d'année en année.

Outre cette date symbolique, celle-ci arrive de plus en plus tôt, année après année, sur le calendrier :

- En 1960, l'Humanité consommait seulement la moitié de la capacité régénératrice de la Terre (biocapacité).

- En 1987, la biocapacité de la Terre est dépassée. Depuis, la consommation mondiale en ressources ne cesse de s'amoindrir.

- En 2000, le jour du dépassement était le 1er octobre

- En 2010, il tombait le 21 août

- En 2016, la biocapacité de la Terre est dépassée dès le 8 août.

8 août, jour du dépassement

Cela signifie qu'en huit mois, nous aurons émis plus de carbone que ce que les océans et les forêts ne pouvaient absorber en un an, nous aurons pêché plus de poissons, coupé plus d'arbres, fait plus de récoltes, consommé plus d'eau que ce que la Terre ne pouvait produire sur cette même période. Pour subvenir à nos besoins, nous avons aujourd'hui besoin de l'équivalent de 1,6 planète comme la Terre.

La France, souvent citée comme exemple en matière d'écologie, est loin du compte : si tout les être humains vivaient comme les Français, il faudrait 3 planètes comme la Terre pour soutenir les besoins de la population mondiale. La France est en situation de déficit écologique et le 10e pays ayant l'empreinte écologique la plus forte sur Terre. C'est la Chine qui détient le record mondial de l'empreinte écologique totale et l'Australie si elle est rapportée à l'habitant.

Le coût de cette surconsommation est déjà visible : pénuries en eau, désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole et des stocks de poissons, déforestation, disparition des espèces. Or, vivre à crédit ne peut être que provisoire parce que la nature n'est pas un gisement dans lequel nous pouvons puiser indéfiniment.

Principal facteur de dépassement, les émissions de carbone représentent désormais 60% de notre empreinte écologique globale. Pour tenir les objectifs fixés par l'Accord de Paris adopté en décembre 2015 par 195 pays, notre empreinte carbone doit progressivement décroître jusqu'à atteindre un niveau d'émissions proche de zéro d'ici 2050, mission impossible vu les trajectoires actuelles.

Quelques pays ont amorcé leur transition énergétique

- Le Costa Rica a produit 97% de son électricité grâce à des énergies renouvelables au cours du premier trimestre 2016.

- Le Portugal, l'Allemagne et la Grande-Bretagne ont enregistré cette année une capacité record de leur production en énergies renouvelables : ils ont ainsi pu assurer 100% de leurs besoins en électricité pendant quelques minutes, voire pendant quelques jours pour le Portugal.

Au-delà des pays, ce sont aussi aux entreprises, aux collectivités, aux citoyens de privilégier des modes de production et de consommation plus écologiques. Nos choix individuels raisonnés et respectueux peuvent tout changer.

Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/4511-jour-depassement-empreinte-ecologique-2016

Repost 0
Published by patrick - dans environnement
commenter cet article