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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 12:17

Malgré les efforts de Hollande et Merkel pour vendre l'image d'une concorde retrouvée, les dirigeants européens réunis ce vendredi en Slovaquie ont une nouvelle fois montré leur incapacité à se mettre d’accord, confirmant la paralysie de l’Union.

Tout un symbole: des journalistes parqués de l’autre côté du Danube, dans un immense hangar, pendant que les 27 chefs d’État et de gouvernement discutent à huis clos dans le château de Bratislava, en Slovaquie, à un kilomètre de là, protégés par un imposant dispositif policier. Une journée de réunions, ce vendredi, sans des Britanniques déjà sur la voie de sortie, et sans qu’aucune information ne filtre - et on peut faire confiance aux Slovaques pour s’assurer que les journalistes ne sortent pas du cadre. Il a fallu attendre les conférences de presse finales, en fin de journée, pour que chacun livre «sa» version du sommet à «sa» presse, souvent totalement différente d’un «chef» à l’autre au point qu’on a l’impression que 27 réunions parallèles ont eu lieu. Quand il s’agit de «rapprocher l’Europe des citoyens», «de resserrer les liens distendus entre l’Europe et les citoyens», «de prendre conscience de la défiance des citoyens», comme l’a gravement expliqué jeudi le chef de l’État français, les gouvernements savent décidément s’y prendre.

François Hollande et Angela Merkel, la chancelière allemande, qui ont tenu, pour la première fois depuis l’élection du premier, conférence de presse commune (limitée à deux questions par pays…), ont essayé de vendre un «esprit de Bratislava», celui de la concorde retrouvée entre l’Est et l’Ouest, entre le sud et le nord, entre les riches et les pauvres, entre les démocraties autoritaires et les démocraties libérales. Un beau conte de fées que Matteo Renzi, le Premier ministre italien, a fait immédiatement voler en éclats en déclinant toute conférence de presse commune avec le couple franco-allemand : «je refuse de suivre un scénario visant à faire croire aux citoyens que nous sommes d’accord sur tout»… Et d’énumérer, parmi les principaux points de désaccord, les réfugiés et la politique économique, notamment allemande, etc. Même écho de Viktor Orban, le chef du gouvernement hongrois. Mais alors, que s’est-ll donc réellement passé au cours de la journée ? On ne le saura que lorsque le soi-disant «esprit de Bratislava» aura fait long feu…

Caricature de débat démocratique

Cette caricature de «débat démocratique» qui autorise tous les mensonges confirme que le problème central de l’Union est bel et bien le Conseil européen, l’instance suprême de l’Union, le lieu où les chefs d’État et de gouvernement dirigent dans le secret le plus total et en l’absence de tout contrôle démocratique, l’Europe. Pis : en trente ans, au fur et à mesure que le Conseil des «chefs» a affirmé ses pouvoirs, jusque dans les moindres détails techniques qui relevaient jusque-là soit de la Commission, soit des Conseils des ministres sectoriels, le secret entourant les délibérations des Vingt-huit s’est renforcé jusqu’à la caricature, en particulier sous l’impulsion des Français qui adorent les secrets d’État.

Si l’Union est «dans une situation critique», comme l’a déclaré Angela Merkel, est «menacée de dislocation», selon François Hollande, c’est en réalité à cause de l’incapacité croissante des Vingt-huit, ou plutôt des Vingt-sept bientôt, à se mettre d’accord sur le moindre sujet d’importance, au pire, ou même à parvenir à des compromis boiteux, au mieux. De la crise économique à celle des réfugiés, en passant par la crise de la zone euro, les politiques économiques, l’Union s’enfonce chaque jour un peu plus dans la paralysie. Pourquoi ? Parce qu’ils décident à l’unanimité. La soi-disant «Europe fédérale» qui dépossède les États de leur souveraineté dénoncée par les europhobes n’est en réalité qu’une Europe des États, celle que souhaitent justement ces mêmes europhobes : l’Union a l’apparence d’une fédération alors qu’elle n’est qu’une lâche confédération. Rien ne se fait sans les États ou contre eux, ce qui explique l’impotence imputée à l’Union par des gouvernements qui n’assument jamais ce qu’ils font ou ne font pas à Bruxelles et ne rendent aucun compte en tant que collectif de leurs décisions. Le Conseil européen, c’est la boite noire de la démocratie européenne.

Bal des faux culs

Il faut imaginer des États-Unis d’Amérique dirigés par une assemblée des cinquante gouverneurs américains décidant à l’unanimité, où certains États n’appliqueraient pas telle ou telle politique, utiliserait ou non le dollar, où un seul gouverneur pourrait bloquer une intervention militaire, et on aurait une idée de ce que serait la puissance américaine. Or c’est ainsi que fonctionne l’Union et l’on trouve encore des chefs d’État et de gouvernement pour s’étonner de la crise de confiance des citoyens.

Ce n’est pas un hasard si les deux politiques qui fonctionnent le mieux sont la politique monétaire, décidée par la Banque centrale européenne, et la politique de concurrence, mise en œuvre par la seule Commission : dans ces deux cas, les États n’ont pas leur mot à dire. En réalité, ce n’est pas davantage de pouvoirs dont l’Union a besoin, mais d’autorités fédérales légitimes, car élues par les citoyens afin d’appliquer des politiques communes clairement identifiées. Si l’Union ne sort pas par le haut de ce bal des faux culs en redonnant le pouvoir aux peuples, elle est condamnée. «L’esprit de Bratislava», c’est celui d’une Europe en bout de course.

Libération Par Jean Quatremer, Envoyé spécial à Bratislava — 16 septembre 2016

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 19:33

La Grande-Bretagne a toujours eu un pied dedans et un pied dehors au niveau européen. Ardent défenseur d'une Europe des guichets -chacun se souvient Margaret Thatcher et de son "I want my money back"- la Grande-Bretagne s'est toujours opposée à une Europe politique et s'est toujours posée en œil de Washington au sein des institutions européennes. Son départ peut donc ouvrir de nouvelles perspectives.

Mais, celles-ci sont totalement irréalistes si l'Europe n'est pas extrêmement ferme avec la Grande-Bretagne, si les institutions européennes continuent à fonctionner comme elles le font, et si un "Cœur d'Europe" ne se met pas en place.

La fermeté de l'Union européenne à l'égard de la Grande-Bretagne doit être extrême. Non seulement il ne peut être question que la Grande-Bretagne préside l'union au 1er janvier, mais encore son commissaire et ses députés doivent être déclarés démissionnaires d'office. Ils n'ont aucun droit à décider de quoi que ce soit concernant l'Union européenne à laquelle ils n'appartiennent plus.

Les fonctionnaires britanniques devront quitter leur poste dans les meilleurs délais et doivent immédiatement être privés de tout pouvoir de décision. Les conséquences financières doivent être tirés dans les meilleurs délais et en particulier le privilège dont jouit la City doit être supprimé. Le séisme économique et financier qui résulte du Brexit pour la Grande-Bretagne doit se réaliser, si c'est le cas, sans aucun amortissement de la part de l'union européenne. En effet, un des principaux arguments des défenseurs du BREXIT était l'avantage économique pour la Grande-Bretagne d'une sortie de l'Union. Il est indispensable que chacun puisse mesurer les conséquences de ses actes.

En second lieu, il serait aberrant de considérer que le tremblement de terre qui vient de se produire ne concerne que la Grande-Bretagne. Le comportement antidémocratique de la commission, sa soumission aux lobbys, son refus constant d'écouter les citoyens européens pour prendre les décisions radicalement contraires à ce qu'ils demandent, s'est payé dans les urnes. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, une très grande partie de l'opinion publique européenne devient eurosceptique voire europhobe en raison du comportement des dirigeants européens. Le TAFTA et le CETA sont rejetés par les Européens de manière massive. La réaction de la Commission a été de cacher la réalité du contenu des négociations, heureusement dévoilé par Greenpeace. Et, la situation est encore pire que celle que l'on pouvait imaginer.

Le poids des lobbys financiers, pharmaceutiques, chimiques, agro-semenciers, pétroliers, automobiles a conduit depuis des mois à des décisions radicalement opposées aux intérêts sanitaires, environnementaux et économiques des Européens. La politique d'austérité, sur laquelle même le FMI revient aujourd'hui, a été imposée en potion amère, au nom d'un ultralibéralisme auquel la Grande-Bretagne n'est évidemment pas étrangère. Le changement de politique doit être immédiat et drastique, avec une reconnaissance des erreurs commises, et de nouvelles décisions fortes et symboliques très rapides. Il est indispensable que tous les peuples européens comprennent qu'à travers le vote britannique, c'est leur protestation qui a bien été entendue.

Enfin, il nous faut un projet européen simple à comprendre. Revenons aux fondamentaux. L'Union européenne a été constituée pour garantir la paix et la sécurité en Europe. A l'heure du terrorisme et des menaces géopolitiques d'une part, de la mondialisation d'autre part, ce double impératif conduit à rendre le projet européen indispensable pour tous les Européens... à la condition qu'il s'agisse effectivement d'un impératif. Or, la sécurité est globale car elle va de l'intégrité physique au sens le plus classique du terme à la sécurité climatique, économique ou sanitaire. Cela conduit donc à une Europe politique aujourd'hui impossible à 27.

C'est la raison pour laquelle les propositions que j'avais faites en 2014 autour de la notion de cœur d'Europe prennent tout leur intérêt. Admettons une Europe à plusieurs vitesses, en réalité à trois vitesses. Cœur d'Europe se construit à partir des six pays fondateurs et de ceux qui souhaitent une construire une Europe politique intégrée. Le second cercle est celui de l'euro qui doit se doter d'institutions démocratiques et travailler sur une Europe intégrée sur le plan économique. Enfin le troisième cercle est celui du grand marché européen. Cette Europe à plusieurs vitesses doit dans tous les cas de figure sortir d'une logique de guichet, être ferme sur ses valeurs ce qui n'est pas le cas aujourd'hui et répondre aux grands défis que sont l'immigration, le changement climatique accéléré, l'atonie économique, le retard digital sur les États-Unis...

Tout ceci passe par la remise en cause indispensable par les dirigeants européens d'eux-mêmes et de leur comportement. Ils sont aujourd'hui devant l'Histoire, responsables du succès ou de l'échec du plus beau projet politique que le monde ait connu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

tribune de Corinne Lepage dans le Huffington post, le 24 juin 2016

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 23:38

« L’Europe vacille et les nations renaissent » : c’est avec un sourire jusqu’aux oreilles que l’extrême droite française salue la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Elle décomplexe ainsi tous les souverainistes, de gauche comme de droite, trop contents de voir leur prophétie destructrice prendre corps.

Ces nationalistes honteux ou assumés ont bien compris une chose : le Brexit est une catastrophe pour les Européens mais une grande chance pour tous les égoïsmes nationaux. Disons le tout de suite : l’Union Européenne est imparfaite, mais l’Europe reste le seul espace politique capable de traiter les défis transnationaux auxquels nous devons faire face. Qui peut croire sérieusement que nous pourrons régler, cachés derrière nos frontières, la crise migratoire, le dérèglement climatique, les bouleversements économiques ? Que l’Europe n’assume pas encore complètement cette responsabilité, il faudrait être fou pour le nier. Reste que le jeu de dupes doit cesser. Si l’Europe patine, la responsabilité du rejet qui s'exprime en premier lieu dans les périphéries, loin des métropoles qui concentrent les réseaux économiques et culturels, n’est pas forcément à Bruxelles, mais peut-être dans chaque capitale européenne.

Qui provoque la paralysie de l’Union Européenne ? Qui interdit à l’espace européen de se construire comme une place forte citoyenne ? Qui fait trébucher la solidarité entre les peuples ? Ne nous y trompons pas : le Brexit est davantage le résultat de la résistance des « lobbys nationaux » que de la faiblesse de l’idée européenne. Ce sont eux qui depuis des années minent les fondations politiques de l'UE, freinent des quatre fers dès que la Commission ou le Parlement proposent d’encadrer la finance ou d’augmenter les protections sociales et environnementales.

Face à ces puissances rétrogrades, nous devons recréer du désir pour un espace commun. Nous ne pouvons plus nous satisfaire de « prêcher l’Europe ». Il faut être honnête, le Brexit est aussi notre échec, à nous les pros européens. L’échec d’une campagne défensive qui a beaucoup agité les peurs des conséquences économiques de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, jusqu’à réduire l'idée européenne à un simple pacte commercial.

Nous avons oublié le rêve européen ou peut-être avons-nous simplement perdu l’idée qu’elle n’est pas née dans un bureau climatisé, mais sur les décombres de la Seconde guerre mondiale. La construction européenne, c’est avant tout une promesse de paix, de prospérité et de démocratie.

Nous avons à l’évidence gagné la paix, contre toutes les forces de haine. C’est une chose inestimable, les plus anciens d’entre nous s’en souviennent. Mais nous ne devons pas baisser la garde : les europhobes d’aujourd’hui ne sont que la réplique des nationalistes d’hier. En semblant défendre leur peuple, ils le précipitent dans la haine de l’Autre, qu’il soit migrant ou simple voisin. Défendre la construction européenne, c’est le seul moyen pacifique de promouvoir une souveraineté populaire.

Quant à la prospérité, elle a trop longtemps été dévolue à la seule responsabilité des marchés. Nous avons, plus que jamais, besoin de réinventer les nouvelles régulations et les nouvelles protections qui répondent aux besoins de notre monde. Il faut réinvestir l’échelon européen pour promouvoir des politiques ambitieuses de solidarité. Face aux marchands de peur qui tentent de faire passer l'immigration pour la source de tous nos maux, nous devons cesser d’esquiver, l’air gêné. Il faut reprendre l’offensive européenne et prouver qu’un monde meilleur se construira, non pas dans un repli identitaire et national, mais dans une prospérité partagée. Les jeunes britanniques ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en rejetant massivement le Brexit.

L’Europe doit pourtant à ces jeunes plus qu’elle ne donne aujourd’hui. Elle est à la croisée des chemins. La démocratie européenne est encore balbutiante. Le Parlement européen a récupéré du pouvoir, mais les institutions de l’UE restent peu lisibles et sous la direction des Etats. La souveraineté européenne doit se construire et s’incarner dans de véritables instances démocratiques. Elles ne seront acceptées par les peuples que si elles reposent véritablement sur le suffrage universel.

La première étape de cette reconquête européenne pourrait être l’organisation en 2019 de véritables élections européennes, avec des listes de candidats transnationales. Le candidat de la liste arrivé en tête deviendrait ainsi le chef d’un véritable gouvernement européen. La citoyenneté européenne est une autre piste. Qu’on puisse déconnecter la citoyenneté de la nationalité, ce serait un progrès formidable et une façon de respecter les différences tout en construisant une identité commune. Dotés d’un passeport commun, nous pourrions construire rien moins qu’une responsabilité démocratique européenne.

Face à la crise ouverte par le Brexit, nous avons la charge de donner un avenir à un héritage précieux. Le risque est évident : notre vieille maison européenne peut aujourd’hui être vendue à la découpe et dilapidée en petites coupures nationalistes. Mais nous avons aussi la possibilité de la rebâtir, pour y vivre mieux, pour la rendre accueillante, pour mettre à l’abri les générations futures.

Faisons le choix de l’avenir.

Emmanuelle Cosse

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 23:35

Le 9 mai, c'est la journée de l’Europe.

Pourquoi le 9 mai? Parce que c'est la date anniversaire d'un discours de Maurice Schumann annonçant en 1950 la création de la CECA - la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier, ancêtre de la Communauté Economique européenne (CEE) puis de l'Union Européenne.

Si cela a été un événement 5 ans à peine après la fin de la seconde guerre mondiale, cette date apparaît aujourd'hui très réductrice de ce que peut être une vision européenne à l'heure d'une mondialisation confrontée à de nombreuses crises (climatiques, énergétiques, sociales, économiques, démocratiques) et à l'émergence d’égoïsmes nationaux.

alors je n'ai rien trouvé de mieux que le discours d'adieu au Parlement européen le 16 avril 2014. de la fougue, évidemment , mais surtout une compréhension des enjeux européens et des valeurs démocratiques qui fondent l'union européenne.

Des propos salutaires comme cadre de la réflexion et de l'action communes.

Cliquez ici, Ça dure 13 minutes

Ça demeure passionnant du début à la fin. Mais peut-être suis-je de parti-pris.

A la réflexion, je ne crois pas.

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 08:13

La Pologne a remis en cause l’accord de répartition des réfugiés et annoncé le rétablissement du contrôle de ses frontières, fragilisant la cohésion entre les Vingt-Huit.

L’Etat islamique a enfoncé un coin dans la fragile solidarité que les Européens ont jusque-là réussi à maintenir face à la crise des réfugiés. Dès le lendemain des attentats de Paris, les populistes de Droit et Justice (PiS), qui viennent de remporter les législatives en Pologne, ont tiré le rideau de fer. Pour Konrad Szymanski, futur ministre des Affaires européennes, il n’est plus question de respecter l’accord prévoyant la répartition de 160 000 demandeurs d’asile, car «la Pologne doit garder le contrôle complet de ses frontières, ainsi que de sa politique d’asile et d’immigration». Les populistes polonais se sentent en guerre contre les musulmans, comme l’a déclaré sans complexe Witold Waszczykowski, le futur ministre des Affaires étrangères : «Il faut approcher de manière différente la communauté musulmane qui vit en Europe et qui hait ce continent, qui veut le détruire.» Une position qui fait écho à celle affichée par la Hongrie, la Slovaquie ou encore la République tchèque.

Forceps.Ainsi la générosité face à l’afflux de réfugiés, prônée à la fois par Angela Merkel, la chancelière allemande, et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, paraît désormais passée de mode. Déjà, le plan de relocalisation de 160 000 demandeurs d’asile syriens, irakiens et érythréens proposé par la Commission afin de soulager les pays de premier accueil n’a été accepté qu’au forceps, en octobre : il a fallu que les ministres de l’Intérieur votent à la majorité qualifiée pour l’imposer aux pays récalcitrants d’Europe de l’Est. Une première dans le domaine sensible de l’immigration. Mais la quasi-totalité des Vingt-Huit ont ensuite refusé, à la grande colère de l’Allemagne, d’adopter le système de répartition permanent comme le proposait la Commission. Pour ne rien arranger, les relocalisations se font depuis au compte-gouttes, les Etats traînant des pieds : moins de 150 personnes ont ainsi été jusqu’à présent transférées d’Italie et de Grèce. «Si nous continuons à ce rythme, on en aura terminé en 2101», a ironisé Jean-Claude Juncker la semaine dernière.

Après les attentats de Paris, beaucoup de pays, et pas seulement la Pologne, vont y regarder à deux fois avant d’accueillir chez eux des réfugiés désormais perçus comme de potentiels terroristes. Si le système de relocalisation vole en éclat, toute la charge des réfugiés pèsera sur les pays de la ligne de front. En clair : la Grèce et l’Italie.

De plus, Angela Merkel a effectué un virage sur l’aile vendredi en annonçant que l’Allemagne allait de nouveau appliquer le règlement de Dublin III, qui prévoit que les demandes d’asile doivent être déposées dans l’Etat européen d’arrivée, un système qu’elle avait suspendu en ouvrant grand ses frontières aux Syriens et aux Irakiens… Ce qui revient en fait à laisser la Grèce et l’Italie se débrouiller avec les réfugiés et les migrants.

Dans le même temps, afin de contrôler ou d’endiguer l’afflux, la plupart des pays de l’espace Schengen ont rétabli des contrôles à leurs frontières intérieures, comme l’Allemagne et la Suède, sans parler de ceux qui ont érigé des murs tant aux frontières extérieures de Schengen qu’intérieures (Hongrie, Croatie, Slovénie, Autriche). Après les attentats de vendredi, la France a suivi pour des raisons de sécurité, ce qui devrait renforcer la détermination de ses partenaires de maintenir leurs propres contrôles afin de rassurer leur population.

Coopération.Si ce retour des frontières intérieures est tout à fait légal, il est clair que la tentation du chacun pour soi n’a jamais été aussi forte, au risque de mettre à bas Schengen et la politique commune d’asile et d’immigration. Or celles-ci instaurent davantage de sécurité en mutualisant le renseignement (système commun de visas, enregistrement des empreintes des demandeurs d’asile via le fichier Eurodac, et Système d’information Schengen, un fichier listant notamment les personnes recherchées, coopération policière via Europol, etc.). Un retour des frontières signerait la mort de cette coopération. Or, tous les responsables européens savent qu’il faut au contraire une collaboration maximale entre pays européens, tant en matière d’asile et d’immigration que de sécurité.

C’est la voie que veut emprunter la France, qui vient d’obtenir la convocation d’une réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur, vendredi prochain, afin d’accélérer l’adoption d’un PNR européen (Passenger Name Record, un fichier regroupant toutes les données des voyageurs aériens), de renforcer la lutte contre le financement du terrorisme et le trafic d’armes, d’accroître l’échange de renseignements et d’assurer un contrôle effectif des frontières extérieures de l’Union européenne.

Libération, Jean Quatremer, 15 novembre 2015

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 08:25

C'est aujourd'hui la journée de l'Europe. Autant on en a beaucoup parlé les 2 années précédentes -élections européennes obligeaient- autant en 2015 le silence est assourdissant.

Pourtant les sujets ne manquent pas: les élections britanniques hier, la crise migratoire en Méditerranée, la question des paradis fiscaux, la situation en Syrie et en Irak, mais aussi dans le reste de l'Afrique, celle en Ukraine qui ne fait plus la une de l'actualité mais reste présente, La fin des quotas laitiers et les risques de surproduction, Les OGM, la prolifération des particules fines liées aux modes de transports urbains, l'emploi, la sécurité, la fiscalité des multinationales et bien d'autres sujets. On voit bien comment l'Europe structure les politiques nationales sur les enjeux sociaux, environnementaux, économiques, démocratiques. Mais aussi comment les Etats qui la composent s'en servent pour pervertir des dynamiques qui pourraient positives au nom d'un souverainisme qui est de moins en moins d'actualité à l'époque d'une mondialisation libérale non maîtrisée et d'une soumission aux grande groupes internationaux. .

Alors, pour se rappeler ce qu'est l'Europe aujourd'hui et ce qu'elle pourrait être, petite piqûre de rappel sur un volet du dossier TAFTA/TTIP, avec un communiqué de l'eurodéputé Yannick Jadot, Vice-Président de la commission commerce international et porte-parole du groupe Verts-ALE, en date du 6 mai :

Cécilia Malmström a présenté le 6 mai devant la Commission commerce international du Parlement une ébauche de propositions de réforme du très controversé mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE) prévu dans l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis (TTIP).

Pour Yannick JADOT, Vice-Président de la commission commerce international et porte-parole du groupe Verts-ALE sur le TTIP:

« Confrontée à une opposition de plus en plus forte d’acteurs économiques, sociaux, politiques et institutionnels contre le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE ou ISDS), la Commission tente d’enfumer le débat en ouvrant des pistes de réformes peu abouties et qui ne répondent pas à la perversité intrinsèque de ce mécanisme. Après presque deux ans de négociation et de contestation de l’ISDS, la Commission ne fournit toujours aucune démonstration de la nécessité de privatiser la justice au profit des firmes alors que les démocraties que sont l’Union européenne et les États-Unis ont développé des systèmes juridiques robustes et indépendants. Et pour cause, aucune étude de l’OCDE ou de la Banque mondiale n’établit de corrélation positive entre la présence d’un ISDS et les flux d’investissements. Un rapport de la Commission publié en mars confirme même que l’absence d’ISDS dans l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud n’est absolument pas un obstacle au développement des investissements.

Les propositions énoncées restent vagues. Très loin d’être sérieuses, celles-ci posent davantage de questions qu’elles n’en résolvent que ce soit d’un point de vue juridique ou de contrôle démocratique. Faut-il y voir le signe d’une fébrilité de la Commission et d’une impossibilité à réformer radicalement l’ISDS ? Je le crois.

Les propositions Malmström sont avant tout une tentative de faire bouger les sociaux-démocrates en les amadouant avec la perspective lointaine d’une Cour permanente ou d’un tribunal international. Chacun sait qu’une Cour permanente publique ne verra le jour qu’en l’absence d’ISDS dans le TTIP ou CETA, en continuant à se reposer à court terme sur les juridictions nationales.

Alors que le Parlement européen négocie en ce moment une résolution sur l’accord de libre-échange UE/États-Unis, les parlementaires ne doivent pas se laisser abuser par des réformes cosmétiques qui ne changent pas la nature perverse de l’ISDS : un système privé, parallèle, supérieur aux juridictions nationales, qui menace notre capacité démocratique à définir nos règles. »

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 21:53

Les adieux émus de Daniel Cohn-Bendit au Parlement européen 


Je me fais plaisir.

 

Pour sa dernière session au Parlement européen,  Daniel cohn-Bendit, après quatre mandats de cinq ans, a fait ses adieux à ses collègues eurodéputés dans un discours empreint d'émotion, mercredi 16 avril, à Strasbourg. Un discours qu'il a aussi voulu être un vibrant plaidoyer pour l'Europe.

 

"N'ayez pas peur d'affronter les bêtises de l’extrême droite et les bêtises de l’extrême gauche quand ils parlent de l'Europe, allez-y franco, allez-y facilement." Daniel Cohn-Bendit a appelé à une "Europe fédérale" et à "se battre contre les idéologies eurosceptiques de droite et de gauche".

 

 



 

 

Par

 

 


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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 09:10

                    DONNONS VIE À L’EUROPE !

                                 http://eelv.fr/2014/04/24/le-programme-des-ecologistes-pour-leurope/


Maitriser l’énergie pour changer l’avenir


Préserver le patrimoine naturel de l’Europe


L’Europe dans l’assiette


La santé, une ressource à protéger


Industries innovantes, la chance de l’Europe


Pas de génération sacrifiée


L’Europe sociale maintenant !


Europe, zone de droits


Europe culturelle, Europe plurielle


L’Europe, acteur-clé d’une mondialisation plus juste


Mettre la finance au pas


Redonner des valeurs à l’euro


Défendre la paix

Une Europe ouverte sur le monde


Pas d’Europe sans démocratie

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 10:57

 Eoliennes-300x128.jpgDéclaration conjointe de l’Alliance 90/Les Verts(Allemagne) , Europe Ecologie les Verts(France) , Écolo (Belgique ) et Déi Gréng (Luxembourg ) du 26 Avril 2014, date anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

 

 

L’énergie nucléaire est dangereuse et les rayonnement radioactifs ne s’arrêtent pas aux frontières. Les accidents mortels de Tchernobyl et de Fukushima en sont les preuves irréfutables. Mais en Europe, plusieurs réacteurs qui auraient du être arrêtés depuis longtemps fonctionnent en dépit de la multiplication des accidents – de Fessenheim à Cattenom en passant par Tihange. En outre, le problème de la sécurité du stockage des déchets nucléaires hautement radioactifs n’est toujours pas résolu

.

Par conséquent , nous réaffirmons aujourd’hui notre objectif d’une sortie progressive du nucléaire en Europe. Nous voulons que les centrales nucléaires soient fermées progressivement, en particulier les plus anciens et les moins sûr, et les remplacer par des énergies renouvelables, promouvoir l’efficacité énergétique et les économies d’énergie, garantissant ainsi un approvisionnement en énergie sûr et des emplois durables. Alors que le coût de l’énergie nucléaire augmente de manière significative les énergies renouvelables sont plus abordables que jamais. Une nouvelle étude belge du Ministère wallon de l’énergie montre que pour la même production d’énergie d’un réacteur nucléaire de 15% plus cher serait créerait que l’énergie éolienne et l’énergie éolienne en plus autour de 4x plus d’emplois .


L’efficacité énergétique et les renouvelables nous permettent d’être moins dépendants des importations d’énergie pour le moins coûteuses. Rien que pour le pétrole et le gaz russe, 163 000 000 000 d’euros ont été ont dépensés l’année dernière dans l’UE. L’attachement à l’énergie nucléaire et au charbon est irresponsable non seulement pour le climat et le risque nucléaire ici , mais aussi affaiblit l’Europe géopolitique.


Les politiciens conservateurs comme Cameron , Tusk et Barroso ont empêché en janvier que l’UE renforce se politique l’énergique et le climatique, en empêchant que soient arrêtés des objectifs ambitieux pour 2030. Au lieu de saisir les opportunités de la révolution de l’énergie, l’UE envisage de construire de nouvelles centrales nucléaires .


Ainsi l’élection européenne du 25 mai est l’occasion de choisir une nouvelle direction, entre l’énergie nucléaire et les sources d’énergie renouvelables. La position des écologistes est claire : sortons de l’énergie nucléaire – pour une Europe de l’énergie renouvelable !

 

Nous demandons :
- une sortie progressive de l’énergie nucléaire en Europe.
- un objectif ambitieux de l’UE pour le développement des énergies renouvelables avec un objectif d’au moins 45 % d’énergie verte en 2030.
- la mise en œuvre cohérente et rapide de la sortie du nucléaire en Allemagne, en France et en Belgique, en priorité pour les centrales les moins sûres, tels que les stresstest de Fessenheim , Cattenom et Tihange l’ont démontré
- l’amélioration des test de résistance européen pour les centrales nucléaires et de plus hauts standards de sécurité pour toutes les installations nucléaires européennes
- la fin de toutes les subventions directes et indirectes de l’énergie nucléaire
- le remplacement d’EURATOM par une Union européenne de l’énergie renouvelable
- une stratégie énergétique pour l’Europe, qui repose sur les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les économies d’énergie dans le secteur de l’électricité, de la chaleur et de la mobilité, réduisant ainsi le coût sans cesse croissant des combustibles fossiles et des importations d’énergie nucléaire.

 

 

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 10:51

Le-diable_Tatfa2.jpgDécidément, la France devient « the place to be » pour le business mondial. Il y a quelques jours, notre monarque-président a déroulé le tapis rouge pour le président-dictateur Xi Jinping, soumettant un peu plus l’économie européenne au dumping social, humain, environnemental et monétaire chinois pour quelques contrats, dont une usine d’extraction du plutonium !

 Ce jeudi 10 avril, c’est au tour du commissaire européen Karel de Gucht de réunir dans un grand hôtel parisien la crème du business mondial, dont Microsoft, Total et Google. L’objectif : accélérer les négociations de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis dont les multinationales seront les principales bénéficiaires.

 

Ce genre de rencontre est devenu une habitude pour Monsieur de Gucht, qui avait pris soin de recueillir les doléances de 140 lobbies avant l’entame des négociations. Business as usual ? Pas vraiment.


 L’instauration d’une juridiction supranationale

 

Ce que la Commission européenne négocie en notre nom – mais sans que nous puissions obtenir le moindre élément de contenu – ce sont les règles, les normes, les droits qui encadrent nos économies et nos sociétés. Santé, environnement, droits des salariés, données personnelles, services publics, agriculture et alimentation… tout est négociable !

 Pour l’administration américaine, le rêve est de remplir nos assiettes d’OGM, bœuf aux hormones et volaille chlorée. Pour les dirigeants européens, c’est conquérir les marchés de l’eau totalement privatisés ainsi que les services financiers, et importer le gaz de schiste américain.

 

 Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car nos chefs d’État et de gouvernement s’apprêtent à abandonner aux grandes firmes des pans entiers de notre souveraineté et notre capacité à développer un modèle européen performant, innovant, social et écologique. Ce que nous réserve cette saison 3 de« House of Cards » grandeur nature, c’est la fin de la démocratie telle que nous la connaissons.

 

 Au nom du soutien aux investissements, l’accord de libre-échange transatlantique instaure de fait une nouvelle juridiction supranationale qui contourne les juridictions nationales.

 

Toute entreprise pourra y contester la décision d’une collectivité locale, d’un État ou de l’Union européenne si elle considère qu’elle remet en cause ses bénéfices, et réclamer des centaines de millions d’euros de dédommagement. Toute défense ou conquête de choix démocratiques, dans les domaines du droit du travail, de l’éducation, de l’environnement, des services publics ou de la finance sera dès lors conditionnée au bon vouloir des multinationales.

 

 Une machine à produire de l’impuissance politique

 

 Derrière ce qui semble n’être qu’un simple mécanisme juridique se cache en fait une machine infernale à produire de l’impuissance politique. Une fois l’aléa démocratique mis au placard, la bataille pourra enfin s’ouvrir.

 Il suffit d’imaginer les 3.300 entreprises européennes et leurs 24.000 filiales aux États-Unis, et les 24.000 sociétés américaines et leurs 50.800 filiales européennes, prêtes à attaquer toute législation des deux côtés de l’Atlantique parce qu’elle ne correspond pas à l’optimisation de leurs profits !

Ce procédé juridique apparu par le biais d’accords bilatéraux de commerce ces dernières années fait déjà des ravages ailleurs :

 - Sur la santé : le géant américain du tabac Philip Morris a profité de ce dispositif contenu dans un accord entre l’Australie et Hong-Kong pour attaquer, via sa filiale hong-kongaise, la politique australienne de lutte contre le tabagisme et demander des milliards d’indemnités.

 - Sur la protection de l’environnement : Lone Pine, société américaine, réclame 250 millions de dollars de dédommagement au gouvernement du Québec. Son crime : avoir décidé d’un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste.

 - Sur la transition énergétique : Vattenfall exige de l’Allemagne 3,7 milliards d’euros en compensation de la sortie du nucléaire décidée en 2012 parle gouvernement Merkel. Si cet accord était déjà en vigueur, des fabricants de biberons pourraient poursuivre la France pour son interdiction du bisphénol A !

 Une arme de destruction massive contre la démocratie

 Pendant que les dirigeants de ce monde tentent de masquer leur impuissance, se construit une arme de destruction massive contre la démocratie. L’Europe est notre seule option pour réguler la mondialisation, mais faute de courage, nos dirigeants ont renoncé à reprendre la main sur l’économie.

 Lionel Jospin avait refusé en 1998 une telle perspective et stoppé un accord similaire sur l’investissement. Hélas, Jacques Delors n’a toujours pas d’héritier au Parti socialiste. François Hollande peut se rassurer : c’est bien du Champagne français que boiront bientôt les grands patrons du monde.

 Ces pro-Européens du dimanche ne nourrissent pas seulement le doute, le scepticisme ou la colère vis-à-vis de l’Europe. Ils la déconstruisent jour après jour. Mais l’Europe n’est que ce que les majorités politiques en font.

 Par conséquent, il est temps d’en changer pour reconquérir notre souveraineté individuelle et collective. C’est aux citoyens d’en décider dès le 25 mai, en élisant une majorité opposée à ce projet néfaste.

 

 Signataires :

Yannick Jadot, député européen EELV, candidat tête de liste Grand Ouest

Karima Delli, député européenne EELV, candidate tête de liste Nord

José Bové, député européen EELV, candidat tête de liste Sud-Ouest

Sandrine Bélier, députée européenne EELV, candidate tête de liste Est

Pascal Durand, ancien secrétaire national EELV, candidat tête de liste Île-de-France

Michèle Rivasi, députée européenne EELV, candidate tête de liste Sud-Est

Clarisse Heusquin, candidate tête de liste Centre EELV

Eva Joly, députée européenne EELV, candidate Île-de-France

 

Tribune publiée dans le Nouvel Observateur par les têtes de listes d’Europe Écologie – les Verts aux élections européennes

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Published by patrick - dans europe
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