Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 13:58

Samedi 1er octobre 2016 / Dimanche 2 octobre 2016

http://www.sortirdunucleaire.org/Tous-a-Flamanville-les-1er-et-2-octobre-2016-pour

Ces 1er et 2 octobre 2016 donneront lieu à un grand rassemblement à Flamanville à l’appel du Collectif AntiNucléaire Ouest et la Fédération antinucléaire de Bretagne.

Arrêt du nucléaire, énergie de destruction massive

En 2015, les 3⁄4 des réacteurs nucléaires français ont dépassé leur limite d’âge. Le risque de catastrophe est donc imminent. Comme à Fukushima et Tchernobyl ce seront des milliers de km2 inhabitables, des centaines de milliers de personnes déplacées, des centaines de milliards d’euros volatilisés...

Pour empêcher toute contestation, l’État criminalise les militants et accentue sa politique totalitaire (loi sur le renseignement).

Utilisons les 60 milliards d’euros prévus pour le rafistolage des vieux réacteurs dans les alternatives énergétiques (solaire, biomasse, éolien, hydrolien...). Neuf ou vieux, un réacteur nucléaire est dangereux. Le combustible du nouveau réacteur EPR doit être introduit à Flamanville, avant avril 2017. Il constitue une réelle menace avec ses nombreuses malfaçons dont la plus grave est celle de la cuve. Son prix initial a triplé pour dépasser les 10 milliards d’euros.

Tous à Flamanville les 1er et 2 octobre 2016 !

PROGRAMME

Ce rassemblement contre l’EPR et le « Grand Rafistolage » des vieux réacteurs se tiendra les 1er et 2 octobre 2016 à Siouville près de Flamanville où se construit l’EPR et où seront « rafistolés » deux vieux réacteurs.

SAMEDI 1er OCTOBRE 2016

Sur le site de Siouville plage – Avenue des peupliers

Animations, stands associatifs, buvette, restauration.

  • 11 h : Accueil
  • 20h : Concerts entrée libre :
    Les pieds dans le bocal
    Les Provisoires
    Les Ramoneurs de Menhirs

Marche vers la centrale nucléaire de Flamanville

  • 14h00 : Départ de Siouville-Plage : manifestation vers la centrale de Flamanville
  • 15h00 : Port de Dielette (Flamanville) : prises de paroles puis reprise de la marche
  • 18h : retour sur le site de Siouville-Plage

Fanfares, Batucadas et toutes animations sont les bienvenues lors de la manifestation

DIMANCHE 2 OCTOBRE 2016

Conférences thématiques dès 9h00

  • Les risques techniques et sociétaux du nucléaire
  • Les alternatives au nucléaire

Des départs groupés en car des régions Rhône-Alpes, Île de France, Poitou – Charentes, Pays de Loire, Bretagne et Normandie sont d’ores et déjà prévus.

Soyez bénévole lors du rassemblement des 1er et 2 Octobre 2016

Comme pour tous ces grands rassemblements, nous faisons appel à votre disponibilité et générosité. Vous avez une demi-journée, une journée ou plus à donner, merci de nous le faire savoir en remplissant ce formulaire (informations strictement confidentielles et sécurisées) ou en envoyant un mail à benevoles[at]can-ouest.org.

Nous serons également présents tout l’été sur les festivals de Normandie, Bretagne et Pays de Loire, donc si vous avez envie de nous aider à tenir des stands, distribuer des flyers, faire signer des pétitions… envoyez un mail à benevoles[at]can-ouest.org.

D’ores et déjà, soyez remerciés de l’aide que vous apportez à cette manifestation.

Toutes les infos supplémentaires sur cet événement :

http://www.can-ouest.org/

Repost 0
Published by patrick - dans nucléaire
commenter cet article
26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 00:05

La France s’acharne à présenter l'énergie nucléaire comme une industrie sûre (malgré les accidents), non polluante (malgré les déchets), capable de produire une électricité à bas prix (malgré l'effondrement économique de la filière), comme la solution pour assurer notre indépendance énergétique. Des arrangements avec la réalité que FNE décode.

Chaque Français vit à moins de 300 km d'une centrale nucléaire. Avec 58 réacteurs répartis dans 19 centrales, notre pays est la première nation au monde en nombre de réacteurs par habitant. A ces installations, il faut ajouter les centres de stockage de déchets radioactifs existants et à venir. En France, 80 % de l’électricité est produite par le nucléaire qui représente chez nous 18 % de l’énergie consommée contre seulement 2 % dans le monde.

Le nucléaire n’assure pas l’indépendance énergétique de la France

L’indépendance énergétique française est un leurre : il n'existe plus une seule mine d’uranium en activité en France. Le minerai est importé du Canada, mais aussi du Kazakhstan et du Niger. Le nucléaire n’empêche pas la France d’être massivement dépendante du pétrole et du gaz. Enfin, comment l’industrie nucléaire pourrait assurer notre indépendance énergétique, quand le nucléaire ne représente que 18 % de l’énergie que nous consommons en France ?

Seules les énergies renouvelables sont source d’autonomie énergétique pour notre pays.

Le nucléaire n'est pas une énergie complètement décarbonée, ni une énergie renouvelable…

L’extraction de l’uranium, non renouvelable, est gourmande en énergie fossile. Elle est donc émettrice de CO2. Au Niger, pour obtenir 3 kg d’uranium, il faut extraire une tonne de minerai. En outre les centrales nucléaires ne sont pas conçues pour adapter leur production d’électricité aux variations de la demande. En France, EDF le fait sur quelques réacteurs en faisant varier la puissance par pas de 10 à 15 mn. C’est une solution qui fragilise les réacteurs et la France est le seul pays du Monde à prendre ce risque. Chaque hiver les pics de consommation liés à la généralisation du chauffage électrique obligent à faire appel aux centrales au charbon ou au gaz.

La solution passe par une rénovation énergétique efficace de notre parc de logements et l’arrêt du chauffage électrique qui est spécificité française.

...ni une énergie propre

En cas de catastrophe, comme à Tchernobyl ou à Fukushima, au-delà de la catastrophe humaine et du drame sanitaire, de vastes territoires sont stérilisés à jamais par la radioactivité. L’industrie du nucléaire est porteuse de risques que l’on ne sait pas maîtriser et dont on ne peut pas mesurer l’ensemble des effets. Ce risque se traduit par de nombreux accidents tels que Maiak (URSS, 1955), Three Miles Island (Etats-Unis, 1979) et plus proche de nous Saint-Laurent-des-Eaux (France, 1960 et 1989) ou encore Le Blayais (France, 1999).

Il n’existe toujours pas de solution pour traiter les déchets nucléaires stockés qui resteront radioactifs pendant des générations.

Le nucléaire n’est pas rentable

Quand il s’agit du nucléaire, l’Etat préfère fermer les yeux sur la catastrophe économique qui s’annonce. Areva est en faillite, EDF a été virée du CAC 40 fin 2015, son directeur financier a démissionné en 2016 et pour la première fois, les syndicats protestent contre les projets à l’étranger. L’EPR français a 10 ans de retard et son prix a triplé. Même chose pour l’EPR finlandais. Enfin les provisions pour démantèlement sont largement insuffisantes d’après l’Union européenne, tout comme celles pour la gestion des déchets…

L’Etat préfère fermer les yeux sur la catastrophe économique qui s’annonce.

Le nucléaire ne remplace pas le pétrole

En 40 ans, notre consommation globale d’hydrocarbures (gaz, pétrole et charbon) n’a baissé que de 20 %. Pour certains usages, en particulier dans les transports qui représentent les trois-quarts de la consommation de produits pétroliers en France, le nucléaire n’offre qu’une alternative très partielle. Si la voiture électrique a un réel avenir pour les flottes urbaines captives, pour le Français moyen, elle ne sera toujours que la seconde voiture qu’il vaudrait mieux éviter grâce à des transports en commun renforcés.

Il est nécessaire de repenser nos transports et nos consommations d’énergie dans leur ensemble.

Le nucléaire n'est pas bon marché

On a longtemps vanté l’électricité à bas prix grâce au nucléaire. Mais c’est surtout qu’on n’a pas pris en compte tous les coûts du nucléaire. Ainsi, en 30 ans la France a dépensé près de 100 milliards d'euros en recherche et développement pour le nucléaire civil (rapport Charpin-Pellat-Dessus). De plus EDF vend son électricité en dessous de son prix de revient et n’a pas provisionné pour les travaux à venir. Aujourd’hui, la remise à niveau des vieux réacteurs pour allonger leur durée de vie « le grand carénage » est évalué à plus de 100 milliards d’euros. Quant aux nouveaux réacteurs EPR, leur prix a triplé et ils vont produire une électricité 3 fois plus chère que le coût actuel.

L’industrie nucléaire est une originalité dans le système industriel. Normalement, plus une industrie se développe, plus ses prix baissent par apprentissage. Il se passe exactement le contraire pour le nucléaire dont les prix augmentent à chaque nouvelle série. Pire encore, les centrales sont à peine assurées, au maximum pour 700 millions alors que l’IRSN évalue le coût d’un accident moyen à 150 milliards et le coût d’un accident grave à 400 milliards. Dans ce cas, comme au Japon, les citoyens devront payer.

La politique nucléaire n’est pas transparente

En France, depuis toujours, le nucléaire est un domaine réservé, hors-la loi. La décision de lancer le pays dans le nucléaire civil a été prise en 1974, sans aucune consultation des parlementaires. En 2005, en plein débat sur l'EPR de Flamanville, des documents ont été classés secret défense tout comme en juin 2010 avec le rapport Roussely sur l’avenir du nucléaire civil. Si le mot " transparence" commence à fleurir ici et là, l'industrie nucléaire reste opaque. Ce culte du secret est d’autant plus préoccupant que le nucléaire est né avec la bombe atomique : les industries civiles et militaires sont liées. L'Inde a pu construire une bombe à travers un réacteur civil qui produit du plutonium.

Nous, citoyens, devons savoir ce qui se passe dans nos centrales.


Le nucléaire n'a pas d'avenir

Le nucléaire a longtemps fait miroiter une reprise des investissements dans le Monde. Mais les énergies renouvelables se développent beaucoup plus rapidement. Ainsi la Chine longtemps vue comme l’Eldorado du nucléaire n’en est qu’à 12GW d’installés alors qu’elle en est déjà à 5 fois plus en éolien. Dans le Monde entier, les pays hésitent, voire reculent, devant le risque nucléaire et partent vers les énergies renouvelables.

Espérons que la France comprendra assez tôt qu’elle aussi doit prendre ce virage, quelles que soient les difficultés à venir.

Face aux risques encourus par la population et l’environnement, France Nature Environnement réclame l’arrêt des centrales nucléaires, avec la fermeture rapide de Fessenheim, la suspension de tout projet d’installation nucléaire nouveau, l’abandon du projet d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo, la garantie d’une information transparente et exhaustive des citoyens. La part du nucléaire dans notre approvisionnement en énergie doit aussi baisser drastiquement. Sortir de l’impasse signifie également une réduction générale de la consommation d’électricité, dans tous les domaines, le développement des énergies renouvelables, l’amélioration de l’isolation des bâtiments. Sortir du nucléaire, en somme, c'est accomplir notre transition énergétique.

dossier nucléaire de France Nature Environnement

Repost 0
Published by patrick - dans nucléaire
commenter cet article
26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 00:01

Le 26 avril 1986 se produisait la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. 30 ans après, les conséquences sanitaires, écologiques, sociales et économiques ne cessent de s'alourdir...

Une série déjà trop longue

Le 26 avril 1986 se produisait la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Ce n’était pas la première. Auparavant, il y eu Three Miles Island aux USA en 1979. Un accident avec fusion du cœur. Avant encore, en 1957, beaucoup moins connue, la catastrophe du complexe nucléaire de Maïak en URSS avec une explosion dans un centre de déchets nucléaires. La conséquence la plus visible est la disparition de très nombreux villages sur la carte tout autour du site. Et pour finir Fukushima et ses trois fusions de cœur.

L’après-Tchernobyl : de dissimulation en dissimulation

Immédiatement après la catastrophe de Tchernobyl, le gouvernement français a tenté d’en masquer les conséquences. En quête d’informations, la FFSPN - Fédération française des sociétés de protection de la nature, future France Nature Environnement - a été confrontée aux mensonges de l’Etat. Trente ans après, Jean-Pierre Raffin, alors président de la fédération, et aujourd’hui président d’honneur de FNE, a retracé ces semaines de dissimulation.

Jean-Pierre Raffin, président d’honneur de FNE : « A l’occasion du procès intenté en 2001, par des victimes du cancer de la thyroïdes imputé aux retombées de Tchernobyl, l’on aura connaissance, après la saisie de divers documents ministériels de 1986 (Réunion interministérielle du 16 mai) et de 1988 (Réunion interministérielle du 18 janvier), de l’ampleur des mensonges et dissimulations des autorités politiques bénéficiant du mutisme complice de responsables prétendument « scientifiques» de services de l’état pour qui la recherche de la vérité passait manifestement derrière le souci de faire carrière. L’on saura ainsi, qu’en plusieurs régions de France, le niveau des retombées radioactives était bien plus élevé que ce qu’en disait le discours officiel lénifiant.»

Un risque largement sous-évalué

L'Histoire démontre que les craintes exprimées par les associations de protection de l'environnement dès le lancement du programme nucléaire étaient justifiées. A une époque où le principe de précaution n’existait pas, le déploiement rapide du programme nucléaire s’est basé sur le rapport Rasmussen qui prévoyait un niveau de sureté exceptionnel : un accident avec fusion du cœur pour un million d’années réacteurs. 40 années plus tard, nous en sommes à un accident avec fusion du cœur pour 3000 années réacteurs, plus de 300 fois plus de risques !

Et pendant ce temps-là en France...

On pourrait se féliciter qu’aucun accident aussi grave ne se soit produit dans le pays le plus nucléarisé au monde. Ce serait oublier un peu vite les deux accidents de Saint Laurent des Eaux (1969 et 1980) avec une amorce de fusion du cœur et le Blayaisen 1999 lors de la tempête du mois de décembre. Mais surtout, EDF fait face à des réacteurs vieillissants. Leur moyenne d’âge est proche des 30 ans alors que la cuve des réacteurs (pièce impossible à changer) a plus ou moins été pensée pour une durée de vie de 40 ans. Alors que de plus en plus de fissures sont découvertes dans la cuve, le passage des 40 ans est donc un enjeu majeur. Les incidents se multiplient et nos voisins allemands, suisses, luxembourgeois commencent à sérieusement s’inquiéter d’un possible accident que nul ne pourra gérer.

La catastrophe économique, elle, est toute proche

Quand il s’agit du nucléaire, l’Etat préfère fermer les yeux sur la catastrophe économique qui s’annonce. Areva est en faillite, EDF a été virée du CAC 40, son directeur financier a démissionné et pour la première fois, les syndicats protestent contre les projets à l’étranger. L’EPR français a 10 ans de retard et son prix a triplé. Même chose pour l’EPR finlandais. Enfin, les provisions pour démantèlement sont largement insuffisantes d’après l’Union européenne, tout comme celles pour la gestion des déchets...Alors l’Etat, actionnaire à 84% d’EDF, incapable de prendre la moindre décision, s’en remet à EDF qui s’entête, de façon complètement irrationnelle, à ne pas vouloir fermer le moindre réacteur alors que la consommation baisse et que les énergies renouvelables augmentent partout ailleurs dans le monde.

Denez L'Hostis, président de FNE :«Il nous faut un état stratège, capable de prendre ses responsabilité à l’heure de la transition énergétique et des 30 ans de Tchernobyl. Il nous faut un état exemplaire à l’heure de la signature de la COP21; il nous faut un scénario d’évolution jusqu’en 2023 avec un mix électrique. Que l’état mette en œuvre la loi que les parlementaires ont voté et cesse de remettre à EDF les clés de la politique énergétique française.»

communiqué de France Nature Environnement, le 15 avril 2016

Repost 0
Published by patrick - dans nucléaire
commenter cet article
14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 13:30

La ministre de l’environnement, Ségolène Royal, dissocie nucléaire et énergies renouvelables dans la programmation énergétique de la France. Est-ce légitime ?

J’y vois un côté positif : celui de ne pas perdre de temps pour donner un nouvel élan aux renouvelables. L’arrêté soumis au Conseil supérieur de l’énergie représente pour ces filières, par les objectifs de production affichés, un pas en avant comme jamais elles n’en ont connu.

Pour autant, cela ne peut pas remplacer ce que prévoit la loi de transition énergétique, c’est-à-dire une véritable programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Celle-ci constitue une démarche beaucoup plus globale, intégrant les différents scénarios énergétiques, l’évolution de la demande, l’efficacité énergétique et donc la réduction de la consommation, l’articulation des ressources, et bien sûr, pour ce qui est de l’électricité, la part du nucléaire. La PPE va au-delà d’une liste d’investissements. Elle doit parler de la mobilité, de l’habitat, de l’industrie, de l’agriculture…

D’accord donc pour lancer sans attendre les renouvelables. Mais il faut un engagement rapide sur la PPE qui, selon la loi, devait être mise en consultation fin 2015. Tous les acteurs du secteur énergétique, y compris EDF, ont besoin d’y voir clair.

Pourquoi le gouvernement a-t-il tant de mal à trancher sur le nucléaire ?

La question du nucléaire est la plus sensible, au moment où EDF et Areva sont dans une situation financière très difficile. Tout le monde sait qu’il va falloir redimensionner les capacités nucléaires, mais les politiques n’osent pas affronter le fait qu’avec l’arrivée des réacteurs au seuil de quarante ans de fonctionnement, avec aussi le mur d’investissements qui se dresse devant EDF, une histoire est en train de s’achever. C’est la fin du nucléaire flamboyant, et potentiellement sa fin tout court, car les réacteurs de nouvelle génération sont en rade et ne sont pas compétitifs face aux renouvelables. Les politiques ont du mal à assumer cette mutation.

Il y a une réticence à endosser la responsabilité de dire que passer de 75 % à 50 % de nucléaire signifie que des réacteurs vont fermer, qu’il faut y préparer les collectivités locales et cesser de mener des travaux de rajeunissement sur des centrales que l’on va stopper. Tout politique a peur d’apparaître comme celui qui va arrêter des installations industrielles et menacer des emplois.

Les emplois de la filière nucléaire ne sont-ils pas un vrai enjeu ?

Bien sûr. Mais reporter les choix peut conduire à des ruptures plus douloureuses encore. Tant qu’on aura des surcapacités de production, les prix baisseront sur les marchés. Il faut anticiper, accepter que le nouveau monde remplace le vieux monde, que les vieilles énergies sont remplacées par des énergies nouvelles, d’autant qu’elles sont bien plus créatrices d’emplois. Sans oublier que l’après-nucléaire, c’est aussi de l’emploi pendant des décennies sur les sites.

Chaque fois qu’il y a progrès, il y a rupture, qu’il faut naturellement accompagner en sécurisant les parcours professionnels. Il ne s’agit pas d’y aller à la hache, mais on ne peut pas avancer à rebours de l’histoire.

Interview de Denis Baupin par Pierre Le Hir Journaliste au Monde, 13 avril 2016

Repost 0
Published by patrick - dans nucléaire
commenter cet article
11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 07:00

Le nucléaire s’est toujours appuyé sur deux mythes fondateurs.

Le mythe d’une énergie sûre, d’abord. L’accident de Tchernobyl en 1986 et la catastrophe de Fukushima, dont nous commémorons les cinq ans, sont deux exemples parmi d’autres du danger que fait courir le nucléaire aux populations. Des risques encore en cours : certaines zones seront en quarantaine pour les prochaines milliers d’années, sans parler des déversements toxiques quotidiens aux larges du Japon menaçant l’écosystème.

Les accidents répétés à Fessenheim -centrale bâtie sur la plus grande nappe phréatique d’Europe- nous menacent directement. Pour le président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, un accident grave de type Fukushima est aujourd’hui possible en France.

Le mythe d’une énergie bon marché, ensuite. Les coûts continuent d’exploser et la mystification éclate au grand jour. Comme les difficultés financières « du fleuron » Areva l’ont montré, le nucléaire menace aujourd’hui directement la survie d’EDF. La cour des comptes estime à 100 milliards d’euros les coûts de maintenance des 58 réacteurs d’ici 2030 ; un coût à minima, à moins de rogner sur la sécurité des Français. Thomas Piquemal, directeur financier d’EDF, a choisi de claquer la porte de son employeur plutôt que d’avaliser les investissements de l’entreprise dans deux EPR en Grande-Bretagne. Chacun connaît l’ampleur du fiasco de l’EPR de Flamanville, dépassant déjà les 10 milliards alors qu’il était initialement évalué à 3,5 milliards, ce à quoi s’ajoutent les malfaçons, à l’image de sa cuve.

La nécessaire transition énergétique implique de dessiner un nouveau modèle. Le pragmatisme et le réalisme économique aussi. Prolonger la durée de vie de nos centrales serait un acharnement thérapeutique pour l’un des derniers vestiges productivistes du XXe siècle. Les systèmes énergétiques du XXIe siècle seront construits par la sobriété et l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, ce qui permettra de créer des dizaines de milliers d’emplois.

Il est temps de faire le choix de l’avenir.

Repost 0
Published by patrick - dans nucléaire
commenter cet article
6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 15:26

Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique.

On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d'aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d'idéalisme impénitent, ne songera à s'en étonner.
Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu'elles sont, annoncées au monde pour que l'homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d'une littérature pittoresque ou humoristique, c'est ce qui n'est pas supportable.
Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu'une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d'être définitive. On offre sans doute à l'humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d'une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.

Au reste, il est d'autres raisons d'accueillir avec réserve le roman d'anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l'Agence Reuter* annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam*, remarquer qu'il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.
Qu'on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d'Hiroshima et par l'effet de l'intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d'une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d'une véritable société internationale, où les grandes puissances n'auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l'intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.
Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison

Editorial de Albert Camus, Combat, 8 aout 1945

Repost 0
Published by patrick - dans nucléaire
commenter cet article