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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 13:30

EELV appelle à un rassemblement devant le ministère de l’Ecologie à 17h30 ( 246 boulevard Saint-Germain 75007 Paris). En présence notamment d’Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV, des eurodéputé-e-s (Karima Delli, Pascal Durand, Yannick Jadot) et de député écologistes (Denis Baupin)

Le dépassement des normes d’émissions en conditions réelles est un cadeau au lobby automobile au détriment de la santé de tous.

Alors que le scandale Volkswagen n’en finit pas de révéler le trucage à grand échelle des constructeurs automobiles sur les normes d’émissions de leurs véhicules, les gouvernements européens viennent d’autoriser le dépassement de celles-ci en conditions réelles : de 110% jusqu’en 2019 puis de 50% ensuite.

Les écologistes s’indignent d’une telle décision qui s’établit au détriment de la santé de nos concitoyens et de l’environnement : le diesel cause chaque année 16 000 morts prématurés et la pollution aux particules fines engendre un air irrespirable pour les habitants des grandes villes.

Face à la fraude «en bande organisée» du premier constructeur automobile mondial et le mensonge au service de son profit, la réponse politique au niveau européen se devait de combattre les maux à sa source. Au contraire, c’est un aveu de faiblesse généralisée face au travail de sape du lobby automobile, avec une autorisation officielle donnée aux industriels de violer impunément la loi au détriment de l’intérêt général.

Les gouvernements européens prouvent ainsi leur incapacité à se saisir d’un enjeu majeur de santé publique, alors même que les normes européennes d’émissions de particules sont bien moins contraignantes qu’outre-atlantique. EELV constate la bienveillance de la France et de sa ministre de l’Ecologie envers une décision de relèvement des seuils d’émissions profondément incompatible avec l’urgence sanitaire et climatique.

Les écologistes rappellent leur volonté de sortir du Diesel cancérogène à horizon 2025.

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 17:11

Il y a une petite semaine j’ai reçu ce courrier du Comité de Défense du Centre de Santé de Colombes. Les attaques incessantes contre le CMS, contre ses personnels, contre ses usagers, et les méthodes utilisées interrogent sur les arrière-pensées de l’équipe municipale. Ce texte, publié à l’occasion de l’anniversaire de la loi Veil relative à l’interruption de grossesse dont la presse nationale a fait un large écho, fait le point.Structure mise en place depuis des années, installée au sein du Centre Municipal de Santé (CMS) de Colombes, le Centre de Planification et d’Education Familiale (CPEF) de Colombes est avant tout une structure de recours dans un quartier parmi les plus défavorisés de Colombes.

1- Une structure reconnue et répondant à une logique de terrain

Tout en assurant des conditions d’anonymat et de gratuité, le CPEF reçoit au quotidien des patientes adressées par les personnels intervenant au contact des jeunes (et également de façon plus générale, de patientes démunies) : infirmières scolaires, centres d’IVG du secteur, espace santé jeune de Colombes, associations et institutions intervenant dans le domaine de précarité.

En cas de nécessité d’IVG, l’ensemble des procédures préalables à la réalisation de celle-ci sont en mesure d’être proposées sur place de façon efficiente et rapide (48h) par des professionnels :

- un entretien avec une infirmière,

- un entretien avec une conseillère conjugale,

- une consultation avec un médecin,

- un prélèvement biologique,

- une échographie de datation de la grossesse.

Une prise en charge plus large était également proposée, allant au-delà de l’IVG : soutien des victimes de violences conjugales, consultation à part entière de gynécologie médicale (prescription de moyens de contraception, dépistage et traitement des infections transmises par voie sexuelle, des pathologies gynécologiques et enfin suivi de grossesse).

Un accueil pluridisciplinaire était assuré par la présence de médecins pratiquant la gynécologie, dermatologue, radiologues, infirmières et secrétariat de radiologie.

Comme d’autres structures du même type en France, il bénéficiait d’une aide substantielle du Conseil général des Hauts-de-Seine portant sur près de 65 000 EUR.

Pluridisciplinarité, professionnalisme, larges amplitudes horaires, implantation dans un secteur d’habitation sociologiquement défavorisé, le CPEF de Colombes avait un caractère exemplaire.

2- La fin du CPEF de Colombes

Le 18 décembre dernier, par un vote au conseil municipal, la mairie de Colombes a mis fin au contrat de personnels médicaux intervenant directement dans le dispositif du CPEF ou indirectement en appui et a décidé du reclassement de plus de la moitié des effectifs du CMS agents titulaires de la fonction territoriale (agents d’accueil et infirmières).

Alors qu’un comité de défense du CMS de Colombes avait vu le jour plusieurs semaines auparavant, aucun indice, aucune déclaration n’avaient filtré sur les intentions de la mairie d’abattre le CPEF. Jusqu’aux postes de certains médecins dont la suppression n’avait pourtant pas été votée et qui ont tout de même reçu leur lettre de licenciement de façon inattendue après les fêtes de fin d’année.

Ce licenciement est intervenu dans la plus grande confusion. Il faut signaler que, pour certaines patientes l’annulation des consultations a été réalisée le jour même de leur RV avec leur médecin début janvier 2015 et alors qu’elles étaient inscrites sur l’agenda de ceux-ci depuis plus d’un mois.

3- Une lutte pour le droit des femmes toujours d’actualité

Il y a exactement 40 ans était légalisé le droit à l’avortement.

Aujourd’hui, les médias sont prompts à dénoncer les menaces en Europe pesant sur celui-ci. Comme en Espagne où en septembre 2014, le gouvernement conservateur Rajoy a renoncé in extremis à présenter son projet de loi visant à restreindre le droit à l'avortement, ou encore la législation en Irlande empêchant le droit à l’avortement y compris dans des situations de détresse conduisant parfois au décès de la femme.

On ignore dans le même temps les menaces qui restreignent l’accès des femmes à l’IVG en France alors même que toutes les conditions législatives et les moyens financiers sont théoriquement là pour favoriser leur recours.

L’orientation idéologique de la municipalité est bien sûr largement en cause avec des personnalités qui ont montré leur engagement militant. Nous ne citerons que le plus emblématique. Jean-Paul Bolufer, énarque, adjoint à la sécurité de la mairie de Colombes, catholique ultra, connu pour son combat aux côtés du mouvement anti-avortement de la fondation Jérôme Lejeune.

4- Comment cela a été possible

Un dispositif prévu par les instances organisant les soins sur le territoire, des moyens financiers conséquents et disponibles, des professionnels formés et volontaires pour participer au planning familial, une opinion globalement acquise aux droits des femmes : tout cela devait en théorie permettre la pérennisation de l’accès à l’avortement.

Il a fallu qu’une majorité politique aux idées rétrogrades puisse s’imposer à Colombes et qu’elle prenne une décision dans un quartier défavorisé où la population était peu mobilisée ou mobilisable, pour que la suppression du CPEF soit possible. Le moyen employé pour arriver à ses fins était d’agir de façon dissimulée, en annonçant la suppression de spécialistes du CMS et taire jusqu’au dernier moment, celle à venir du CPEF.

5- Quelles actions en découlent

Un signalement de la menace pesant sur le CPEF de Colombes a été adressé aux instances coordonnant l’action des plannings familiaux au Conseil Général des Hauts-de-Seine.

Les associations impliquées dans la défense des droits des femmes (CADAC, Osons le féminisme, notamment) ont été alertées.

Plusieurs journaux ont été prévenus.

Il est absolument nécessaire de replacer le planning familial au centre du débat politique, notamment en vue des prochaines élections départementales dont l’enjeu est crucial pour l’avenir des financements des CPEF.

Les partis politiques de Colombes ont été interpellés, mais aussi les élus, s’agissant des conseillers municipaux, conseillers généraux des Hauts-de-Seine, député, sénatrice de la circonscription.

Nous entendons par ce courrier demander à Nicole Goueta, maire de Colombes (qui se présente aux élections départementales en mars 2015) de revenir sur sa décision de supprimer le CPEF de Colombes.

Pour l’avenir :

Le législateur et l’exécutif doivent être conscients que la loi légalisant le droit à l’avortement doit impérativement être renforcée afin de faciliter et pérenniser un accès réel à ce droit pour la population sur tout le territoire, de façon anonyme et quelles que soient sa condition et sa situation sociale.

Colombes, le 17/01/2015

Au nom du Comité de Défense du CMS et du CPEF de Colombes

comite.defense.cms.colombes@gmail.com

@CMS_Colombes

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 13:12

Hostiles à la généralisation du tiers-payant prévue pour 2017, les généralistes et spécialistes sont en grève depuis le 23 décembre. D’après Etienne Caniard, président de la Mutualité française, la mesure aurait pourtant deux avantages : limiter l’inflation des dépassements d’honoraires, et désengorger les services d’urgence.

Capital : Les médecins généralistes et spécialistes sont en grève pour protester notamment contre la généralisation du tiers payant en 2017. Ils dénoncent les lourdeurs administratives que cela va générer. Ces craintes sont-elles justifiées ?
Etienne Caniard : C’est un faux sujet ! Le tiers payant – qui permet à l’assuré d’éviter l’avance des frais médicaux remboursés par la Sécurité sociale et les complémentaires santé - est une mesure de bon sens qui s’est imposée à la quasi totalité des pays européens. Pourquoi en serait-il autrement en France ? Maintenir un système de double flux avec d’abord un paiement puis un remboursement est totalement absurde. Et puis cela stérilise plus de 4 milliards d’euros, qui pourraient être rétrocédés aux ménages. D’ailleurs, le système existe déjà chez nous, pour les bénéficiaires de la CMU, mais aussi dans les pharmacies, dans les centres de radiologie, ou encore pour les infirmières, qui sont plus de la moitié à le pratiquer. Il serait donc logique de le généraliser.

 

Capital : Mais les médecins redoutent des retards de paiement…
Etienne Caniard : Il faut arrêter de se faire peur ! En 2017, on aura un système de vérification des droits en ligne qui évitera tout risque de surcharge administrative et de non paiement. Tout sera automatique : le professionnel rentrera le carte de Sécu du patient pour que le paiement soit autorisé, exactement comme c’est le cas aujourd’hui chez les commerçants. On développe des moyens de paiement modernes, pourquoi la santé en serait-elle exclue ? Honnêtement, il n’y a aucun argument rationnel pour refuser la mise en place du tiers payant.

 

Capital : Comment alors expliquer une telle levée de boucliers ?
Etienne Caniard : Il y a sans doute une surenchère syndicale, à l’approche des élections en 2015. Mais les médecins redoutent à mon avis les conséquences du tiers payant, qui va rendre plus visible pour les patients les dépassements d’honoraires. 90% des généralistes n’en font certes pas, mais plus de 40% des spécialistes en facturent. Si bien qu’il y aura sans doute in fine une pression pour limiter la hausse de ces dépassements. Je crois enfin que la grève traduit la déception des généralistes qui attendaient une véritable revalorisation de leur profession avec l’arrivée de la gauche. Car s’ils gagnent en réalité plus que ce que l’on dit – avec les rémunérations complémentaires, ils touchent plus de 30 euros en moyenne par patient -, il est incontestable qu’ils ne sont pas assez bien rémunérés par rapport aux spécialistes. 

 

Capital : Certains affirment que le tiers payant va inciter à consommer, et donc conduire à des dérives dans les dépenses de santé. Qu’en pensez-vous ?
Etienne Caniard : Mais arrêtons de faire un lien entre le tiers payant et la surconsommation médicale, il n’y en a pas ! Après la mise en place de la CMU, en 2000, on a réalisé des études pour étudier un lien de causalité éventuel : elles montrent toutes qu’il y a eu un phénomène de rattrapage au début car certains ne se faisaient pas soigner, mais cela n’a pas duré. Et c’est logique : on ne va pas chez le médecin par plaisir ! Et puis la mise en place du tiers payant pour les consultations de médecine de ville permettra de soulager l’hôpital, et notamment certains services d’urgence engorgés par l’afflux massif de malades qui n’ont pas de quoi payer une consultation. Cela ne suffira bien sûr pas pour résoudre le problème, mais cela y contribuera.

 

Sandrine Trouvelot

 

© Capital.fr

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 07:01

 

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« Zéro nouvelle infection au VIH – Zéro discrimination – Zéro décès dû au sida ». Voici le thème retenu cette année par l’ONU pour marquer la journée mondiale de lutte contre le Sida. 34 millions de personnes vivent aujourd’hui avec le VIH dans le monde... 25 917 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2009 dans l’Union européenne, avec une forte augmentation chez les enfants et adolescents des pays d’Europe de l’Est.

 

« En France un vaccin thérapeutique contre le Sida s’apprête à être testé sur des patients séropositifs, c’est une avancée dont je me réjouis. Mais attention, il ne faut pas croire que cela soit la solution à tous les maux car la lutte contre le Sida a permis une meilleure prise de conscience du problème des MST en général.

Grâce à une meilleure information et prévention nous pourrons stopper et renverser la propagation du virus, en encourageant notamment la population à effectuer des tests de dépistage. Avec un diagnostic précoce, la personne infectée peut bénéficier plus rapidement d’un traitement avec des antirétroviraux. La première des victoires serait de parvenir à une décroissance annuelle du nombre de personnes infectées, ce doit être une priorité européenne en matière de santé. »

 

Par ailleurs Vice-présidente de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique-Caraïbes-Pacifique - Union européenne (ACP-UE), Michèle Rivasi souhaite une plus grande implication des pays en développement (PED) dans la lutte contre le VIH :

« 95 % des personnes atteintes par le VIH vivent dans les PED, 67 % des séropositifs vivent en Afrique subsaharienne. Pire : 90 % des enfants infectés par le VIH vivent dans cette région. C’est pourquoi l’ONU a décidé de faire de la lutte contre le Sida un des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Dans un souci de solidarité internationale, nous devons développer et rendre accessibles des médicaments adaptés aux pays les plus démunis.

Le poids de la dette des pays ACP est tellement lourd qu’ils sont dans l’incapacité d’investir dans un système de santé publique et de prévention efficace, ni même de fournir des antirétroviraux aux malades. L’Union européenne peut contribuer à pallier ce manque d’argent au travers du Fonds européen de développement (FED). Mais encore faut-il que les dirigeants des pays concernés aient la volonté politique d’investir dans cette lutte, en cessant notamment de trop se reposer sur des partenaires tels que la Fondation Bill Gates ou d’autres ONG. Un pays dont les enfants naissent malades ne peut aspirer à un développement durable. »

 

Michèle Rivasi, euro-députée EELV

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 18:09

Il y a quelques jours, un contrôleur de la SNCF a été grièvement poignardé par un passager qui a séjourné plusieurs fois en hôpital psychiatrique. En quelques heures, tous les contrôleurs cessent le travail et paralysent le trafic dans toute la France. Des dizaines de milliers de voyageurs sont bloqués au milieu de nulle part. Prise d’otage des voyageurs, droit de retrait, émotion, situation sociale tendue à la SNCF, restriction et suppressions de postes, les commentaires ont été … bon train. Mais si le problème se situait ailleurs ?

 

Réforme de la psychiatrie : vers une banalisation de la contrainte ?

Tout commence le 18 décembre 2004… à 6h30 : les corps sans vie de deux infirmières de l’hôpital psychiatrique de Pau, sont retrouvés égorgés dans le pavillon où elles étaient de garde… Un jeune schizophrène est très vite inculpé…

 

Quatre ans plus tard, à Grenoble : en novembre 2008, un patient schizophrène s’enfuit de l’hôpital psychiatrique de Grenoble et poignarde un étudiant.

 

Le 2 décembre, Nicolas Sarkozy annonce son projet de réforme de la psychiatrie : multiplication d’unités fermées, de chambres d’isolement, d’internements et de soins sous contrainte, sorties de plus en plus encadrées, instauration d’une sorte de « garde à vue » psychiatrique de soixante-douze heures, à l’issue de laquelle soit le patient est hospitalisé, avec ou sans son consentement, soit il rentre chez lui, avec obligation de se faire soigner dans un centre médico-psychologique

 

Deux drames, deux faits divers qui auront des répercussions considérables dans les milieux psychiatriques

Car sans attendre les conclusions de l’enquête judiciaire à Grenoble, Nicolas Sarkozy annonce au quart de tour une réforme de l’hospitalisation psychiatrique…

 

Ni plus ni moins qu’un changement de paradigme, car si le chef de l’Etat se targue d’être le premier du genre à visiter un hôpital psychiatrique, il est surtout le premier à parler d’ « obligation de soins ».

 

En dépit de l'opposition de la majorité des professionnels du secteur, la réforme de la loi sur l'internement psychiatrique sans consentement légal est entrée en vigueur, lundi 1er août, faisant suite  à la loi relative à la prévention de la délinquance de … 2007 !!. .

 

Une volonté d'assimiler les troubles mentaux à la délinquance

Michaël Guyader a été le premier à réagir à « la politique de la peur », comme il dit, mais il n’est pas le seul.  Un groupe de 39 psychiatres lui a emboîté le pas et a lancé une pétition contre « la nuit sécuritaire », qui assimile la maladie mentale à la délinquance. Or, les chiffres sont là : en 2005, selon un rapport de la commission «Violence et santé mentale », sur 51411 crimes et délits, seulement 212 ont fait l’objet d’un non-lieu pour irresponsabilité mentale, soit 0,4%. A l’inverse, les patients psychiatriques sont presque 12 fois plus souvent victimes de crimes violents que la population générale, et ils subissent 140 fois plus de vols. « C’est méconnaître nos patients que d’amalgamer la folie au danger qu’elle représente pour la société. Moi, je ne connais que des individus en souffrance. Les malades dont nous nous occupons sont avant tout des personnes fragiles, vulnérables, qui ont besoin qu’on s’occupe d’eux. Quand on prend soin d’eux, ils vont mieux », affirme le médecin.

 

Pas de moyens pour les soins 

A la suite du crime de Grenoble, l’Etat a octroyé en urgence 70 millions d’euros pour sécuriser les établissements psychiatriques. Le Dr Guyader sourit : « C’est totalement paradoxal au regard de la pénurie de moyens dans laquelle nous travaillons et sur laquelle nous alertons régulièrement les pouvoirs publics. On soigne qui avec seulement deux infirmières et une aide-soignante dans une unité de 30 lits? Personne. »

Sauf que la conception de la psychiatrie est en train de changer depuis une vingtaine d’années, avec la disparition de l’internat en psychiatrie, la suppression du ­diplôme d’infirmier psychiatrique, l’érosion de l’enseignement de la psychopathologie… « On ne se pose plus la question du pourquoi de ce qui nous arrive, on veut des choses faciles à analyser, souligne Michaël Guyader. Aujourd’hui, il est de bon ton de dire que la maladie mentale est d’origine biologique. On traque le gène. Je ne suis pas contre les neurosciences, c’est formidable, mais on ne peut pas réduire la folie à cela. Notre travail ne peut pas se faire sans réflexion, sans tranquillité. Vouloir simplifier tout ce qui concerne l’humain est dangereux. » C’est pourtant la tendance, puisque même la timidité devient un trouble des conduites sociales et que les psychotropes prennent une place prépondérante. « Tout cela s’inscrit dans une tentative de mise à la norme, de classification, résume le Dr Guyader. Avec l’idée que si les malades mentaux prenaient leur traitement, ils ne passeraient pas à l’acte.

Des patients sous médicaments, je n’ai que ça dans mon service. Ça les apaise, mais ça ne suffit pas. Les choses sont bien plus complexes. »

 

Un plan d’action et de résistance éthique 

Le collectif "Mais c'est un homme",  composé notamment de plusieurs partis politiques d'opposition ( dont Europe Ecologie- les Verts) ainsi que du Syndicat de la Magistrature, a publié  le 1er aout  un communiqué  dans lequel il se déclare désormais "en résistance". "Le mouvement fort de lutte contre cette loi peut et doit se  poursuivre après sa promulgation", écrivent les signataires, estimant que la loi est "fondamentalement inacceptable car elle impose la contrainte et le contrôle social comme organisation du soin en psychiatrie, de l'hôpital au domicile, sous la nouvelle appellation aberrante de soins sans consentement".

 

Le collectif se dit "favorable à un débat national" sur le sujet et, en attendant, propose "un plan d'action et de résistance éthique" consistant principalement à désobéir à certains points de la nouvelle loi, tel que la mise en place des mesures de contraintes et suggère le "soutien des patients soumis à ces 'soins sans consentement'". Les signataires proposent à cet effet la création d'un "collectif d'avocats et juristes". "L'application servile de la loi ne créerait pas seulement l'injustice ou l'aberration psychiatrique ; elle créerait l'illégalité", estime encore le collectif, justifiant son appel à la "désobéissance civile"

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 14:24

gattolin2.jpgLes élections sénatoriales ont cette année, quelques mois avant la présidentielle, une importance toute particulière.

 

Elles pourraient amener la gauche et les écologistes à mettre en place une majorité nouvelle au Sénat, pour la première fois depuis le début de la cinquième République.

 

Elles pourraient permettre de rééquilibrer l’espace politique national, dont on voit à quel point il est dominé aujourd’hui par la droite sarkozyste.

 

Enfin, elles pourraient aboutir à la création d’un groupe écologiste et donner plus d’énergie et de créativité à la gauche, et plus largement renforcer les humanistes et les démocrates opposés aux dérives du pouvoir actuel.

 

 Pour chacune de ces trois évolutions, de la même façon que chacun des Sénateurs comptera, chacune de vos voix comptera.

 

Pour représenter au mieux les intérêts d’un département beaucoup plus complexe et divers que ne le croient le Président de la République et ses proches, pour changer la gauche et pour favoriser les transformations dont la France a besoin, l’élection d’André Gattolin sera assurément un pas dans la bonne direction.

 

Les candidats de la liste d’union de la gauche et des écologistes sont :

 

1- Philippe Kaltenbach, maire de Clamart (PS)
2- Brigitte Gonthier-Maurin, sénatrice des Hauts de Seine, Colombes (PC)
3- André Gattolin, responsable associatif, Boulogne-Billancourt  (EELV)
4- Chloé Trividic, conseillère municipale, Suresnes (PS)
5- Gérard Perreau-Bezouille, adjoint au maire, Nanterre  (gauche citoyenne)
6- Aïcha Moutaoukil, adjointe au maire, Bagneux  (PS)
7- Philippe Sarre, maire de Colombes (PS)

 

Suppléants
8- Simone Catoire, professeur d’économie, Clichy (PS)
9- Jacques Bourgoin, maire de Gennevilliers (PC)

 

 

 

 

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 23:13

Samedi après-midi, j'ai participé à la mobilisation -forcément insuffisante- pour la dfense des hôpitaux de Nanterre et de Colombes. Partis de Nanterre, nous sommes passés par l'hôpital Louis Mourier avant de finir notre marche à la mairie de Colombes, au milieu d'un  mariage et d'une animation du frestival des voix.

Voici la déclaration que j'aie lue à l'arrivée à Colombes.

 

La Loi « Hôpital, patients, santé, territoires » dite loi Bachelot fait des ravages dans toute la France au sein du service public de santé de proximité. Faute du budget nécessaire, une tentative de rapprochement de certains services est mise en œuvre entre les hôpitaux de Colombes et de Nanterre. C’est inacceptable au vu des besoins de la population  et les personnels de santé n’ont pas à subir les effets de cette loi rétrograde.

 

La défense du caractère public des services de santé et des services sociaux est un enjeu important. Mais celle-ci ne peut se faire que si l’on prend mieux en compte la dimension environnementale de la santé.

 

L’organisation mise en place par la loi Bachelot est basée sur la logique hôpital-entreprise. La partie santé publique est particulièrement indigente : rien sur la santé au travail, la santé environnementale ou la santé scolaire. Pareillement pour l’éducation pour la santé. C’est le cœur du problème. Cette réforme a été guidée par une logique économique qui a conduit à la situation actuelle, une dette sociale colossale : d’ici 2020 la dette sociale représentera 140 Mds  qui auront coûté 80 Mds  d’intérêts, lesquelles auront surtout servi à enrichir nombre d’institutions financières. L’autre volet de la réforme Bachelot, vise à privatiser le financement ; l’objectif est  bien de faire financer les augmentations par les mutuelles complémentaires, c’est à dire une rupture avec la prééminence du régime obligatoire.

 

Dans un contexte de désengagement de l'Etat en matière de santé, il est aujourd'hui plus que jamais nécessaire de soutenir les actions en faveur de la protection des publics les plus fragiles ou en difficulté en mettant en œuvre le bouclier sanitaire et social dont les Franciliens, les Altoséquanais et les Colombiens ont besoin.

 

La « fracture sanitaire » ne cesse de s’élargir depuis quelques années. Le service public hospitalier est affaibli. Les frais de santé à charge du patient, c’est-à-dire après prise en charge par la sécurité sociale et les mutuelles, ont augmenté de 50% entre 2001 et 2009. Ce sont les plus bas revenus qui pâtissent de cette « marchandisation » de la santé.


Il y a un vrai enjeu de la réduction des inégalités d'accès aux soins.


Europe Ecologie-Les Verts prône une politique volontariste en la matière. Cette politique volontariste est l'occasion de rappeler notre attachement:

• aux services publics de la santé et à l'hôpital public

• à la médecine de proximité

• à une logique qui soit à l'opposé de la logique comptable du gouvernement

• à la démocratie sanitaire

• à la prise en compte de la santé environnementale

• à une meilleure accessibilité aux soins primaires

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 01:03

eva-joly112-150x150.jpgL’eurodéputée, qui dit craindre « une petite dette de gratitude », réclame la nomination d’un juge d’instruction indépendant. L’eurodéputée Europe-Ecologie-Les Verts, Eva Joly, a réclamé dimanche 23 janvier la nomination d’un juge d’instruction indépendant pour enquêter dans l’affaire du Mediator en soulignant les risques d’intervention politique dans ce dossier conduit par le parquet de Paris. « Le cabinet d’avocat du président de la République était l’avocat de Servier qui a été décoré personnellement par M. Sarkozy. Les laboratoires Servier sont implantés à Neuilly et l’enquête est laissée entre les mains du parquet qui reçoit ses ordres directement du ministre de la justice », a dit l’ex-juge d’instruction lors de l’émission « Dimanche soir politique » Itélé/FranceInter/Le Monde. « Que nous, peuple français, n’exigions pas la saisine immédiate d’un juge d’instruction indépendant de ce dossier est un scandale », a-t-elle lancé. « Ils ont demandé gentiment la remise des documents » « On a vu lorsque les gendarmes ont fait la perquisition chez Servier, ils ont demandé gentiment la remise des documents. Moi, lorsque je faisais des perquisitions, je venais avec vingt gendarmes, je bloquais les sorties, je bloquais les téléphones, je vérifiais les sacoches et je trouvais les pièces compromettantes », a affirmé l’ancienne magistrate. « Dans cette enquête si importante où il y a eu entre 500 et 2.000 morts, les citoyens ont le droit de savoir pourquoi cela a dysfonctionné aussi gravement. Mais, avec le cadre procédural choisi, c’est mal parti », a-t-elle dit. Pour Eva Joly, « le fait que l’enquête soit confiée à un procureur et non à un juge est inquiétant ». « Nous savons que Nicolas Sarkozy n’hésite pas à intervenir directement dans les affaires judiciaires et que l’on peut craindre qu’il y ait une petite dette de gratitude », a-t-elle dit.

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 23:10

Lors du conseil municipal du 31 mars (cf mon article du 28 mars sur le sujet), un voeu au sujet du centre IVG de l’hôpital Louis Mourier,  a été proposé à la majorité municipale par les éluEs Verts et approuvé en séance..

 

Vœu Centre IVG de Colombes

La loi Hôpital Santé Patients Territoires – ou loi HSPT - a pour objectifs officiels, selon le gouvernement, de moderniser le fonctionnement des établissements, de rationaliser leur situation financière.

En réalité on assiste à la métamorphose néfaste du système de santé hospitalier public, qui, entièrement soumis à la décision des directeurs d’hôpitaux dans une logique de profit et de tarification aux recettes, devient grandement préjudiciable aux patients.

Les moyens attribués aux Centres d’Interruption Volontaire de Grossesse n’ont cessé de diminuer et la politique financière de l’AP-HP inspire la décision prise par la direction de l’Hôpital Louis Mourier de ne pas remplacer le départ d’un poste de praticien « fléché » et dédié aux IVG pour 20% de son temps.

Face à la diminution des moyens alloués à ce centre, il est important de rappeler :

- Que l’IVG est un droit conquis de haute lutte et qui sauve la vie de nombreuses femmes dans sa pratique hospitalière. Toute diminution des possibilités de pratiquer une IVG constitue une régression de facto des droits de femmes,
- Que le centre IVG de l’hôpital Louis Mourier a été créé dès 1975 après le vote de la loi Veil, soutenu par les militantes et militants du droit des femmes à disposer de leur corps, et que ce centre a toujours rempli ses missions, même quand des commandos anti-IVG essayaient de l’en empêcher,
- Que l’Inspection Générale des Affaires Sociales insiste sur l’importance de l’IVG en tant que question de santé publique et sur l’importance d’y dédier des moyens suffisants,
- Que la diminution des moyens dédiés à l’IVG constitue une régression sociale : en effet, chaque année des femmes ayant respecté les délais nécessaires ne trouvent pas de place en France et sont contraintes d’aller à l’étranger avec l’aide du Mouvement Français pour le Planning Familial. La période estivale est particulièrement délicate, la plupart des centres étant fermés en IdF…
- Que l’Hôpital public est la seule structure capable d’accueillir les femmes en grande difficulté (bénéficiaires de l‘AME, de la CMU, patientes sans mutuelles, sans couverture sociale, jeunes filles mineures,…) qui ne peuvent s’adresser aux établissements privés ou aux médecins de Ville pour des IVG médicamenteuses, tout simplement parce qu’il faut avancer les frais ou bien parce qu’il y a des dépassements d’honoraires. Le fait est que ces femmes sont de plus en plus nombreuses dans notre Région.
- Que le Centre IVG de l’Hôpital Louis Mourier est un centre de pointe tant du point de vue du nombre de cas traités (nombre en augmentation constante), de l’importance de sa période d’ouverture, de la formation de ses praticiens que des techniques médicales employées,

C’est la raison pour laquelle les élus de la majorité du conseil municipal de Colombes émettent le vœu que soient rétablis à leur niveau initial les moyens dédiés au centre IVG.

Voeu adopté par la majorité municipale (Modem et UMP n’ayant pas adopté ce voeu).

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 00:13

 

IVG.jpgLe gouvernement,  et son ministre de la santé, Roselyne Bachelot ont engagé, à travers  loi HPST (Hôpital Patient, Santé, Territoire) la casse de la santé publique, de notre santé.

 

La diminution de l'offre de soins publics (suppressions de services, de lits, de postes à l'hôpital public) a des conséquences de plus en plus visibles : attente interminable aux urgences, délais de plusieurs mois pour les consultations hospitalières, sous-effectifs dans les services hospitaliers ralentissant leur fonctionnement, etc. De même, les centres d'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) autonomes ferment un par un, en Ile-de-France ou encore à Lyon. Cela risque notamment d'allonger considérablement les délais de recours à l'IVG dans les mois qui viennent et de compliquer les démarches, au détriment de la santé des femmes concernées.

De plus, « pendant que le service public de santé se saborde, le privé se désengage progressivement de la pratique des IVG, jugée peu rentable », comme l’ont souligné il y a quelques mois dans le journal Le Monde Maud Gelly, Béatrice Fougeyrollas et Emmanuelle Lhomme, médecins au centre d'IVG de l'hôpital de Colombes (Hauts-de-Seine), et Maya Surduts et Nora Tenenbaum, militantes de la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception. Elles ajoutent que l'intégration de l'activité IVG dans les services de gynécologie-obstétrique la dénature, privant les femmes des soins d'équipes dédiées et motivées par ce droit des femmes, conquis de haute lutte dans les années 70 (et toujours contesté aux Etats-Unis ou en Irlande, par exemple).

Ces professionnelles de santé ainsi que le Planning Familial et des dizaines d'associations ont soutenu l'appel à manifestation du CNDF (Collectif National pour les Droits des Femmes) et de Femmes Solidaires le 17 octobre 2009 à Paris, "pour les droits des femmes, pour leur liberté, pour leur autonomie, pour la défense de l'hôpital public et de ses structures IVG autonomes (en termes de personnel, de budget et de direction), et pour la création d'autres structures dédiées à l'IVG dans les hôpitaux où elles n'existent pas."

Quels sont les faits :

L’IGAS a remis début février à la Ministre de la Santé un rapport concernant la contraception et l’IVG. Si l’on peut se réjouir que ce rapport fasse état de l’amélioration de l’accès à l’IVG en France, il reconnaît l’existence de « goulots d’étranglements préoccupants » en Ile-de-France.

Face à cette situation difficile pour les Franciliennes qui voient les délais d’accès à l’IVG s’allonger, la Ministre déclare « je dois aussi faire en sorte que l’accès à l’IVG à l’hôpital soit mieux organisé ».

De quoi surprendre lorsque l’on sait que la loi HPST préconise en effet une réorganisation des hôpitaux, qui a pour conséquence…la fermeture des centres IVG !

La Ministre reconnaît par ailleurs le manque d’information relatif à la contraception et à l’avortement, et reconnaît que le « tout pilule » n’est pas la solution. Mais que propose-t-elle concrètement ?

Aujourd’hui, en dehors de la pilule, les modes de contraception sont peu ou ne sont pas remboursés.

Une fois de plus, les propos de la Ministre de la Santé s’empêtrent dans des contradictions flagrantes.

Préserver les centres d’orthogénie existants et améliorer la qualité de prise en charge des patientes, améliorer l’information sur la contraception et l’avortement, rembourser intégralement tous les modes de contraception : telle devrait être la politique conduite par Roselyne Bachelot pour permettre aux Franciliennes et aux Franciliens d’avoir la contraception de leur choix.

Face aux carences de l’Etat, La Région Ile de France agit pour améliorer l’information des Franciliennes et des Franciliens, et a lancé en janvier pour la troisième année consécutive la campagne d’information Sexualité, Contraception, Avortement : un choix, mon droit, notre liberté. Cette campagne s’inscrit dans un partenariat plus large avec le Planning Familial, qui permet de financer la plateforme d’écoute francilienne (01 47 00 18 66), ainsi que des actions de sensibilisation sur la contraception et l’avortement en direction des lycéennes et lycéens.

La Région a également mis en place depuis 2006 une politique d’équipement des centres IVG, afin d’améliorer les conditions d’examen des patientes et le quotidien des praticiens. Ainsi elle a investi plus d’un million dans l’achat de 30 échographes.

Or, à l’encontre de cette approche sanitaire soucieuse de la liberté de choix des femmes, l’AP a engagé une restructuration des établissements hospitaliers guidée que la rentabilité économique, avec un seul souci, « faire de l'argent, encore plus d'argent ».

Dans cette optique, les CIVG (Centres d'Interruption Volontaires de Grossesse) et les maternités sont particulièrement touchés. Des postes de personnels médicaux sont supprimés, comme à l’hôpital Louis Mourier, les établissements de santé et les activités regroupés.

Depuis mai 2009, les centres IVG des hôpitaux Broussais, Jean Rostand et Tenon ont fermé. Les femmes qui auparavant, avortaient à Tenon sont donc désormais orientées vers l'hôpital Saint-Antoine, qui, à ce jour, n'a pas reçu un centime de plus ni le moindre poste supplémentaire pour les prendre en charge. L'AP-HP a aussi prévu de fermer la maternité de Saint-Antoine d'ici 2011. A cette date, les femmes qui avortaient à Tenon (environ 500 par an) et à Saint-Antoine (environ 650 par an) seront dirigées vers l'hôpital Trousseau. Bien sûr, à Trousseau, qui pratique environ 200 avortements par an, aucun financement ni poste supplémentaire ne sont prévus. Comment assurer une offre de soins de qualité sans budget supplémentaire face à cette recrudescence d'activités imposée par ces regroupements ?

Dans la même optique, le déménagement du centre d'IVG de Broussais à Cochin, les menaces de transfert du centre d'IVG de Bobigny à Bondy, la fermeture du centre d'IVG d'Ivry, et les menaces qui pèsent sur celui de Poissy St-Germain-en-Laye sont programmés.

C'est un véritable parcours de la combattante pour les femmes qui veulent avorter. Ainsi, les délais de prise en charge sont de plus en plus longs. Avec cette politique, nous assistons au départ de femmes vers l'étranger pour avorter, comme dans les années 70, avant que la loi autorisant l'avortement ne soit en vigueur.

Cette politique représentant un recul considérable pour le droit des femmes à disposer de leur corps.

Toutes ces manœuvres conviennent très bien au gouvernement, imprégné de politique familialiste, car nul n'est besoin de dire que c'est la liberté des femmes qui est en jeu, notre liberté.

La suppression des centres IVG autonomes et des unités fonctionnelles d'IVG avec du personnel et des locaux dédiés à cette activité, permet de les noyer dans les services de gynéco-obstétrique dont l'IVG est parfois la dernière des préoccupations, et en finir, ainsi, avec des équipes militantes et motivées sous prétexte de réintégrer l'IVG dans le « droit commun » hospitalier.

Le discours de l'AP-HP affirmant que l'élaboration de conventions avec des médecins de ville pour la pratique des IVG médicamenteuses hors établissements de santé a permis d'augmenter l'offre globale de soins dans les bassins de vie (l'hôpital utilise l'IVG médicamenteuse pour externaliser l'avortement) est totalement hypocrite car il omet de préciser que chez les médecins libéraux, il n'y a pas de tiers payant et les femmes doivent payer environ 200 euros. Autant dire que ce sont les femmes en situation de grande fragilité économique et de grande précarité qui en subissent les conséquences (femmes sans papiers, à l'A.M.E….). Ces femmes ne peuvent pas faire face aux dépassements d'honoraires du privé.

Il est lamentable de penser que la principale menace contre le droit à l'avortement ne vient plus de ses traditionnels opposants religieux mais du démantèlement de l'hôpital public.

Dans cette logique, le plus ancien des centres d’IVG de l’AP, à Colombes,  vient de voir un poste de médecin non renouvelé.

Le centre d’IVG de Louis Mourier à Colombes qui a ouvert dès le vote de la loi Veil en 1975, vient de voir non renouvelé un poste de 20% de temps médical, ce qui empêche l’équipe de recruter une jeune médecin qui s’y était formée et met en cause l’indépendance, le fonctionnement et l’avenir de ce centre. Rappelons que c’est une grève de 5 mois des médecins du centre d’IVG de Colombes qui avait permis d’obtenir des postes de praticiens spécifiques pour les centres d’IVG en 1993, et que l’équipe du centre d’IVG de Colombes pratique chaque année plus de 1000 IVG, en majorité sous anesthésie locale, ce que proposent peu de services à Paris et banlieue parisienne. La spécificité de ce centre, comme d’autres centres restés relativement indépendants, dans les hôpitaux publics, est le bon accueil des femmes.

Voici, ci-dessous, la lettre que les médecins du centre d’IVG de Colombes ont envoyée à leur directeur, ainsi qu’à la ministre de la santé, aux associations et syndicats, aux médias et à la presse.

Colombes, le 22 mars 2010
à Mr DUSART, directeur de l’hôpital Louis-Mourier, Colombes (92)

Monsieur le Directeur,

Il nous a été notifié il y a 15 jours de cela le refus de la direction de l’hôpital de remplacer le départ d’un praticien contractuel du CIVG (contrat à hauteur de 20%).
Cette décision a été prise sans consultation ni même information du chef de pôle et chef de service le Pr Laurent Mandelbrot, et en dépit de la situation préoccupante de l’accès aux IVG et à la contraception pour les femmes de notre région.

Les difficultés des centres IVG sont au centre de l’actualité, les restrictions budgétaires des hôpitaux publics liés à la loi HSPT menacent les moyens attribués à tous les services hospitaliers mais se font d’autant plus sentir sur les secteurs d’activité habituellement négligés par les instances et dont les moyens sont déjà faibles.
Afin de pérenniser les moyens des centres IVG, des moyens fléchés avaient été attribués aux CIVG notamment par le biais des contrats des médecins y travaillant (PH contractuels) dès 1993. A ce jour pour des raisons de restrictions budgétaires à l’AP-HP, l’administration décide de supprimer 20% d’un poste de praticien contractuel normalement « fléché » et « dédié » aux IVG, où est l’économie pour l’hôpital Louis Mourier à l’heure ou le gouvernement annonce une revalorisation du forfait IVG ?

Le récent rapport de l’IGAS sur l’accès à la contraception et l’IVG insiste sur l’importance des ces moyens dédiés et sur la nécessité impérative de continuer à s’investir dans le secteur : l’IVG est une question de santé publique et l’assistance publique ne répond pas à la demande. Tous les ans des femmes ayant fait leur demande dans les délais ne trouvent pas de place en France et sont adressées à l’étranger par le MFPF. Les femmes en grande difficulté et elles sont de plus en plus nombreuses dans notre région (bénéficiaires de l’AME, de la CMU, patientes sans mutuelle ou même sans couverture sociale, mineures), ne peuvent réaliser leur IVG dans les établissements privés ou en ville par IVG médicamenteuse du fait de l’avance de frais exigée ou des dépassements d’honoraires. Seul l’hôpital public est à même d’accueillir ces femmes dans de bonnes conditions et il ne s’en ait jamais donné les moyens.
L’accès à l’IVG et à la contraception est un droit, la loi doit être appliquée, pour qu’elle le soit l’hôpital public ne doit pas se désinvestir de ses missions.

Le CIVG de l’hôpital Louis Mourier a des atouts indiscutables :
 un des centres de l’AP-HP réalisant les plus d’IVG (1200/an pour 11900 sur les 17 centres de l’AP-HP en 2009)
 pratique des IVG sous anesthésie locale, méthode peu pratiquée, moins onéreuse et moins risquée que l’AG
 activité en constante hausse contrairement à la tendance globale de l’AP-HP
 prise en charge des IVG jusqu’à 14 SA
 un des seuls centres en Ile de France à ne pas fermer pendant la période estivale
 un investissement de l’équipe du CIVG dans la formation des médecins à l’IVG (les praticiens réalisant les IVG vieillissent et la grande majorité d’entre eux partira à la retraite sous peu), en particulier à l’AL par des stagiaires SASPAS (recommandation n°18 du rapport de l’IGAS : promouvoir l’IVG sous AL et la formation des soignants à cette technique)
 un respect des délais de prise en charge préconisé par l’HAS
 une structure de proximité qui reste à taille humaine, comme le préconisent les professionnels (ANCIC, IGAS) permettant une prise en charge de qualité
 des professionnels impliqués et volontaires
 l’intégration de jeunes médecins dans l’équipe permettant le renouvellement des praticiens

La diminution du temps médical dédié aux IVG entraînerait :
 une diminution du nombre d’IVG réalisées
 un allongement des délais de rendez-vous
 une difficulté à maintenir l’activité en période de congés en particulier l’été
 moins de temps à consacrer à la formation des jeunes médecins

Cette décision nous semble incompréhensible au regard des conclusions du rapport de l’IGAS et des annonces récentes du ministre de la santé.

Par ailleurs nous sommes inquiets sur de nombreux dysfonctionnements qui s’aggravent avec les exigences de rentabilité des instances administratives :
 le droit à l’anonymat, pour les mineures en particulier, mis à mal par la facturation systématique des actes
 la prise en charge du forfait ou de la part mutuelle par l’AME complémentaire spécifique à l’IVG pour les femmes sans couverture sociale ou ne pouvant pas régler les 30% restant, de plus en plus souvent refusée. L’augmentation annoncée du forfait va accentuer de façon dramatique la difficulté pour les femmes en grande précarité. Le passage du forfait IVG à la nomenclature demandé par l’IGAS et les professionnels permettrait la prise en charge à 100% de cet acte comme tous les actes opératoires et donc un accès égal pour toutes les femmes.
 la diminution du nombre de structures pratiquant des IVG voulue par l’AP-HP entraîne indiscutablement une menace sur le droit des femmes à l’avortement

Recevez, Monsieur le Directeur, nos salutations respectueuses et déterminées.

L’équipe du centre de contraception et d’IVG, Dr Dominique BOUBILLEY, médecin responsable

Copies : Pr Laurent Mandelbrot, Pr Claude Lejeune, membres du CCM, Directeur AP-HP, organisations de défense des IVG ( ANCIC, MFPF, CADAC …), organisations syndicales, médias

 

 

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